Autant être franc : le rédacteur de ce test (moi, donc) s’y connaît autant en foot qu’en gastronomie tibétaine ou en physique moléculaire. Pour tout vous dire, je supporte l’équipe du Mans, qui va descendre en Ligue 2 à la saison prochaine… Oui, j’assume, je suis une buse en foot. C’est aussi pour cela que les simulations de football ne m’ont jamais attiré… mais -et c’est ça aussi, le journalisme total-, je n’hésite pas à prendre sur moi pour tester ce Coupe du Monde de la FIFA, le dernier jeu édité par Electronic Arts qui, opportuniste, le lance à quelques semaines de la vraie Coupe du monde.
Mais attention, ne vous attendez pas à une exégèse du titre : je ne connais pas FIFA 2010 et je serais bien incapable de vous situer la place de cette vraie/fausse suite dans la chronologie des FIFA, et encore moins la placer sur la cartographie des jeux de foot dans leur ensemble. En revanche, un jeu reste un jeu, même s’il est question de foot, et il est toujours possible d’évaluer son potentiel ludique, et c’est bien ce que je compte vous proposer dans les lignes qui suivent, hop.
La main de Dieu
À la base, le jeu fait bonne impression. puisqu’il offre au débutant de quoi s’entraîner un peu sérieusement au maniement du jeu : partie à 11 sans adversaires, mais également coup franc, corner, penalty, bref, c’est idéal pour apprendre les rudiments du jeu.
Et ceux-là sont, à mon grand étonnement, faciles à prendre en main. Le joystick virtuel (qui change d’emplacement selon la position de votre doigt : bien joué) est réactif relativement précis - bien sûr, rien ne remplacera jamais les sensations physiques d’une vraie manette, mais en l’occurrence EA a fait là du bon travail.
Les boutons d’action, situés sur le côté droit, ont le mérite de la clarté (« Passe », « Tir »…) Notons au passage que tout le jeu est localisé en bon français, à l’exception notable du commentateur sportif, qui cause anglais mais dont il sera possible couper le sifflet (ouf).
Il faudra cependant un petit d’adaptation et d’entraînement pour piloter convenablement son joueur, enfin, en l’espèce, ses joueurs puisqu’on dirige toute l’équipe.
Le coup du sombrero
Il est temps de rentrer dans le vif du sujet, à savoir : un match ! Pour ce faire, le jeu offre plusieurs modes. Attaquons rapidement par l’onglet Tirs au but, qui comme son nom l’indique simule la fameuse et crispante période qui clôt un match dont les joueurs n’ont pas réussi à se départager sur le terrain.
On incarne tour à tour le buteur et le gardien ; pour le premier, le joueur devra simuler l’envoi du ballon dans les cages, en espérant très fort que le portier plonge dans l’autre sens. Dans le deuxième cas, on dirige le gardien… en espérant très fort que le buteur frappe le ballon dans le bon sens ! Cette phase de jeu, qui aurait plutôt trouvé sa place dans le mode Entraînement, se révèle comme dans la vraie vie : une loterie !
Le mode Coup d’envoi permet de s’adonner à une « vraie » partie amicale (enfin !), on va bien voir ce qu’on va voir ! On pourra sélectionner son équipe ainsi que l’adversaire (en jetant un oeil sur leur classement UEFA), le stade (dont évidemment ceux de la Coupe du monde, celui de Durban est très sympa), et roule ma poule.
Et là, ça fait mal.
Les cinématiques d’introduction (entrée dans le stade, échauffement des joueurs) et les passages dans la foule sont calamiteux : syndrome du sprite carré cloné, visages inexpressifs, mouvements d’échauffements calamiteux (mais qu’est-ce qu’ils ont à sauter les jambes écartées comme des idiots ?), non vraiment, EA aurait pu carrément supprimer cette engeance. En plus, on retrouve ces séquences lors des buts, à la mi-temps… Heureusement, il est possible de les zapper.
Heureusement, c’est sur le terrain que ça se joue. Et de ce côté là, tout va bien mieux.
Ayant courageusement choisi l’équipe de France contre les Fidji (je pars avec un handicap avec l’EdF), me voici en train de marquer des buts comme qui rigole ! Je sais bien que l’équipe adverse n’est pas réputé pour son excellence footballistique, mais quand même. Même si côté égo, ça rassure un brin, en revanche il est étrange de constater qu’avec une équipe plus balaise, c’est le même cas de figure ! L’explication est simple : je suis devenu un demi-Dieu du foot virtuel. Hélas, la vraie réponse est plus simple, l’AI de l’ordinateur est est sur « Amateur » !
Il est ainsi possible de choisir entre quatre difficultés, « International » étant évidemment la plus corsée. Et c’est effectivement le cas, ma petite équipe des Fidji se montre soudain particulièrement aiguisée et n’hésite plus à venir taquiner mes cages ! Voilà un niveau propice aux vrais joueurs qui ont déjà fini dans tous les sens FIFA 2010… Dans les faits, un curseur sur semi-pro ou pro constituera un challenge bien suffisant (et pas trop frustrant, sauf si vous aimez perdre).
Un mot tout de même sur cette fameuse IA, qui semble parfois souffrir de quelques hoquetements étranges. Il arrive assez souvent que les joueurs adverses tardent à agir quad ils approchent de la zone de réparation. En revanche, les décisions prises au niveau du milieu de terrain semblent frappés au coin du bon sens.
Une jolie Panenka
Évidemment, le gros morceau du jeu c’est la Coupe du monde… On pourra sélectionner une équipe parmi les 105 sélections nationales officielles, et licence oblige, on jouera avec les « vrais » joueurs, du moins leurs noms et prénoms. Mine de rien, pour l’immersion, c’est épatant. Je vais te montrer ce que je sais faire avec un Thierry Henry, moi (par contre, impossible de marquer de la main…) !
Ce mode se compose du tour des éliminatoires, idéaux pour se chauffer, mais le plus intéressant reste évidemment la phase finale qui voit s’affronter la crème de la crème du foot international.
Un mot sur la gestion de l’équipe : on pourra sommairement jouer à être Raymond Domenech, non pas en insultant les journalistes, mais en composant son équipe idéale, la position des joueurs sur le terrain (tout pour l’attaque et Ribéry sur le flanc gauche !), faire rentrer des remplaçants… Bref, tout cela est plutôt bien fichu et met dans l’ambiance.
Pour le reste, cette phase de jeu est identique à celle des matches amicaux, ce qui tombe sous le sens.
Un dernier mode est disponible pour ceux qui en veulent toujours plus, « Deviens capitaine ». Celui-ci permet de créer son joueur perso (avec des options de personnalisation, mais ne vous attendez pas aux Sims) et de l’intégrer dans une équipe nationale. Ce dernier pourra ensuite participer aux phases de poules puis à la phase finale de la Coupe du monde !
Ce mode, pour original soit-il, confine le joueur dans son coin, un peu comme un vrai joueur de foot en fait. Au contraire du reste du jeu, il sera en effet et assez logiquement impossible de passer d’un joueur à un joueur… Si vous jouez centre, vous aurez assez souvent la possibilité de jouer à la balle, alors que si vous êtes attaquant… il faudra poireauter un peu plus. On apprécie en revanche la caméra de ce mode, plus originale et finalement mieux placée que la bête vision en 2D.
Les modes multijoueurs (en wifi ou Bluetooth) permettent de créer des chambres pour un match, une session de tirs au but ou la reprise de son joueur du mode « Deviens capitaine ». Il manque cruellement un mode en ligne, étonnant qu’avec un titre pareil EA n’ait pas songé à en implanter un.
Sur le banc de touche
Tout cela est bel et bon, mais le jeu montre rapidement ses limites pour celui qui veut dépasser le côté arcade. Il est en effet difficile de construire une vraie action type centre lobé puis tête de son attaquant, par exemple (d’ailleurs, il n’y a pas de bouton « tête »…) On reste assez largement dans le domaine du bourrin dont le but est de filer le plus vite possible à l’avant pour tenter un tir. En même temps, il paraît difficile d’offrir les mêmes possibilités d’interaction sur iPhone que sur un PC…
Côté réalisation, si on met de côté les étranges clones 3D déjà évoqués ci-dessus, cette Coupe du monde de la FIFA n’est pas le plus beau jeu de foot du monde, même par-rapport à la concurrence de jeux plus anciens comme X2 Football. Les joueurs se ressemblent tous un peu et heureusement que la couleur des maillots est là pour les différencier. Bref, la copie est médiocre de ce côté-là.
Groupe de la mort
L’un dans l’autre, cette Coupe du monde de la FIFA se montre plutôt ludique ; son côté arcade et sa prise en main relativement rapide et aisée en fait un jeu qu’on lancera volontiers pour se faire une petite partie vite fait. En revanche, n’attendez pas des gestes techniques enlevés ou quelque chose d’un peu stratégique : ce jeu (et l’iPhone ?) n’est pas adapté à cet usage. De plus, à 5,49 euros, le jeu est complet et parfait pour rentrer dans cette future Coupe du monde africaine. But !
Version testée : 1.0.2
Machine de test : iPhone 3G
Jeu localisé en français





















