Phoenix Wright : jugé coupable ?

Par JohZ le 28 mai 2010 à 18h05

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Objection, votre honneur ! Phoenix Wright a suscité des sentiments variés parmi l’équipe, c’est pourquoi nous vous proposons à la suite du test complet de JohZ deux avis qui diffèrent. N’hésitez pas de votre côté à nous dire ce que vous avez pensé du jeu dans les commentaires !

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L’AppStore se dote de temps à autre d’adaptations de jeux DS à l’image du très bon GTA : Chinatown Wars. Soulignons donc tout d’abord l’excellente initiative de Capcom que de porter le premier opus de sa série des Phoenix Wright à un prix tout mini de 3,99€, c’est-à-dire 10 fois moins cher que la version DS à l’époque ! Toutefois, l’adaptation iPhone nous ravira-t-elle ?

Un scénario bien ficelé

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L’histoire vous glisse dans la peau d’un jeune avocat de 24 ans, Phoenix Wright, maladroit et inexpérimenté, qui devra pourtant jouer des coudes pour faire éclater la vérité.

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A vos débuts, vous découvrirez les joies du barreau aux côtés de votre mentor, Mia Fey. Le premier chapitre, assez court en soi et simpliste, s’avère être un excellent tutoriel qui vous apprendra les bases du jeu lors des phases d’investigation, d’interrogatoire et lors du procès.

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Mais très vite, dès le 2ème chapitre du jeu, un meurtre sanglant vient perturber le début de carrière idyllique de notre jeune avocat. Dès lors, le scénario vous emmènera dans un tourbillon de rebondissements qui dépasse le seul cadre de la vie professionnelle de notre héros. Si le jeu s’avère découpé en plusieurs chapitres, le tout forme un récit cohérent et dont on souhaiterait connaître la suite, si le jeu n’était pas entaché de quelques défauts dont nous reparlerons un peu plus tard.

Une immersion simple, trop simple ?

Phoenix Wright ne se veut pas être LA simulation parfaite du monde des juristes. Cependant, par sa simplicité, il nous ouvre les portes d’un monde inconnu où il faudra déceler les incohérences, collecter des preuves et attaquer au bon moment.

Le jeu est divisé en chapitres et chacun se déroule grossièrement de la même façon. Chaque épisode sera la scène d’un nouveau crime. Et chaque personne accusée le sera, mais à tort ! C’est alors à vous que l’on confie le dossier pour sortir ces dernières de l’embarras dans lequel elles se trouvent.

Vous devrez tout d’abord vous déplacer de lieu en lieu à la rencontre des différents protagonistes. Mais ici, pas d’exploration, seulement un menu vous proposant différentes destinations. Simple d’accès donc.

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Une fois votre lieu sélectionné, vous vous retrouverez face à un personnage, avec qui il vous sera à chaque fois proposé différents sujets de conversation, lesquels devront tous être abordés pour connaitre tous les tenants et aboutissants de l’histoire. Les choix de conversation ne déterminent donc en rien la suite de l’aventure. De temps à autre viendront s’intégrer aux conversations des choix à faire.

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S’ils semblent tous plus ou moins facile à interpréter, aucune mauvaise réponse ne m’a posé de souci dans la suite de mon parcours. Il vous arrivera aussi de récupérer des preuves qui seront alors utilisables lors d’autres interrogatoires ou lors du procès pour défendre votre client. Vous pourrez même examiner rapidement une pièce, à la manière d’un point & click, pour y dénicher une preuve indispensable.

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Le jeu est donc très linéaire, bourré (et encore, le mot est faible !) de textes à lire qu’il est impossible de passer et répétitif à souhait. On a plus l’impression de passer son temps à lire du blabla qu’à faire de véritables choix qui vont dicter la suite de l’aventure. L’intérêt de cette phase d’investigation est donc très limité et rapidement prise de tête... ce qui n’invite pas à relancer l’application pour connaître la suite de l’histoire.

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Une fois tous les protagonistes interrogés dans un ordre plus ou moins respecté (en effet, certaines discussions amèneront à obtenir des informations utiles pour les discussions suivantes), vient l’heure du tant attendu procès, véritable cœur du jeu !

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Et quelle déception ! J’espérais lors de ce grand évènement être un peu plus libre de mes mouvements, mais même les fameuses « Objections » sont dictées par le jeu lui-même.

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En effet, votre champ d’action se limite au contre-interrogatoire du témoin. Le reste du temps, le jeu vous cantonne à du texte, du texte et encore du texte... ah et si, très rarement, une ou deux questions à laquelle il faudra répondre (mais si vous avez tout suivi, ça ne relève pas d’un grand niveau de jugeote !).

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Parlons-en du contre-interrogatoire. Voilà comment il se déroule : le témoignage du témoin repasse devant vos yeux et chacune de ses phrases peut-être attaquée d’une part, ou alors contredite via la présentation d’une preuve d’autre part.

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La surprise vient déjà du fait que vos attaques ne sont pas limitées : c’est-à-dire que chaque phrase du témoin peut être attaquée. Parfois, vous vous planterez, parfois, vous arriverez à vos fins en déstabilisant le témoin. Là où vos essais sont limités, c’est dans la présentation des preuves.

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En effet, vous n’aurez le droit qu’à 5 erreurs. à vous donc de trouver LA phrase du témoin qui ne colle pas avec LA bonne preuve. C’est la seule action qui se révèle passionnante et qui nécessite de réfléchir un tant soit peu. Soumettez lui alors l’incohérence de ses propos et votre emprise sur le procès prendra de l’ampleur... à moins que la partie adverse ne fasse Objection !

Et là aussi, le jeu semble perdre en crédibilité. En effet, trop de rebondissements tue le rebondissement. Et c’est l’impression qui en ressort en jouant à Phoenix Wright. Quand on croit enfin avoir sorti la preuve qui nous assure la victoire, une Objection pointe le bout de son nez. Ajoutez à cela une petite dose de surréalisme (je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler le jeu) et Phoenix Wright s’embarque dans un scénario bien trop alambiqué, pour ne pas vous fatiguer à un moment ou un autre.

Une réalisation en demi-teinte

L’écran de l’iPhone reprend trait pour trait les deux écrans séparés de la DS. Tactilement, le jeu répond à nos attentes et la navigation entre les différents lieux de l’enquête, avec votre dossier de preuves ou lors de l’interrogatoire se fait aisément.

Ne vous attendez pas en revanche à une animation digne des meilleurs jeux iPhone. Ici, le jeu se résume à une série d’écrans fixes façon RPG, qui ne vient donc pas égayer le soft. Imaginer lire du texte et encore du texte sur un fond immobile, vous me suivez ?...

Seules les mimiques des personnages varient suivant la tournure de la discussion. Mais ces dernières se révèlent répétitives et rapidement agaçantes. Soyez prévenu, si les mangas vous répugnent, passez votre chemin.

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Enfin, la bande son n’a rien d’entraînante et seules les objections (via un cri) et interventions du même type viendront animer le procès et vous réveiller si vous vous étiez endormi...

Phoenix Wright : véritable jeu ou livre interactif ?

Une fois Phoenix Wright en main, je me suis demandé si je n’avais pas plutôt là un jeu à la sauce « Livre dont vous êtes le héros ». En effet, il se résume à lire du texte, poser des questions, lire du texte, se déplacer vers un nouveau lieu, lire du texte, présenter une preuve, lire du texte... vous l’aurez compris, du texte, on en lit encore et toujours. Ce paragraphe est une ouverture au test que je viens d’écrire et j’espère qu’il ouvrira sur un débat auquel je suis prêt à participer.

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Conclusion

Fort d’une licence à succès, Capcom n’a pas pris trop de risques en l’adaptant sur iPhone, plate-forme 100% tactile qui semblait pensée pour ce type de jeu. En effet, il se démarque du reste par son scénario impeccable, bien ficelé et bien pensé, qui assure ainsi au jeu une durée de vie conséquente d’une bonne dizaine d’heures. Mais de trop nombreux rebondissements et quelques surréalismes font que le soft perd cruellement en crédibilité et lasse rapidement le joueur, qui se demande s’il verra la fin d’une affaire. De plus, la quantité de texte hallucinante à ingurgiter en fera fuir plus d’un.

Ajoutons à cela une animation assez pauvre et un style manga très présent qui écartera malgré lui une partie des joueurs et nous voilà avec un jeu très original, ambitieux, mais qui pêche par ses nombreuses imperfections et ses longueurs.

Version testée : 1.0
Machine de test : iPhone 3GS
Niveau d’anglais : jeu traduit intégralement en français
Affiliation réseau : aucune

Second procès

Et comme Phoenix Wright a ses détracteurs comme ses adorateurs, FunTouch vous propose deux autres avis dans la rédaction. Alors acquitté ?

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L’avis de Citroon - 6/10

Le jeu offre une bonne interactivité et davantage d’originalité qu’un simple point & click. Il demande un peu de mémoire, un peu de réflexion et les solutions ne sont pas trop capillotractées.
L’iPhone est une plate-forme qui se prête parfaitement au jeu qui donne réellement envie d’aller jusqu’au bout et de démasquer les coupables !

Les graphismes sont en revanche très discutables. Il vaut mieux être amateur de style manga pour apprécier, sinon les mimiques des personnages tapent rapidement sur les nerfs, d’autant qu’ils desservent le propos du jeu classiquement sérieux. Les concepteurs ou les traducteurs ont voulu égayer les dialogues mais les jeux de mots dignes de l’Almanach Vermot tombent très souvent à plat et alourdissent des dialogues déjà trop longs. Ajoutons qu’on ne peut pas passer les échanges en mode accéléré : il faut donc tout se farcir…

Pas mal de bémols au final pour un jeu qui reste original et dont l’idée de départ mériterait une meilleure adaptation visuelle et des dialogues à la hauteur. Mais peut-être suis-je déjà trop vieille dans ma tête !

L’avis de Yoshi - 10/10

Phoenix Wright est pour moi un excellent jeu. Même si les graphismes datent de l’époque de la GameBoy Advance, les animations sont assez réussies et retranscrivent bien les pensées et les sentiments des personnages. On se sent immergé dans chaque affaire, tout cela par des dialogues nombreux mais passionnants, qui permettent aux affaires de révéler toutes leurs subtilités démoniaques (surtout pour les deux dernières très difficiles et alambiquées), ainsi que des personnages hauts en couleur, comme ce producteur de série télé geek assez... dingue.

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Les musiques nous permettent avec aisance de se mettre dans la peau du personnage avec une montée en puissance dans les procès lorsque l’on approche du but. Dommage que celles des interrogatoires soient un peu trop calmes. Question durée de vie, rien à reprocher, cinq affaires différentes sachant que la première sert de tutoriel et que les trois dernières sont beaucoup plus longues. Malgré tout, les déplacements lors des phases d’investigation et de recherche d’indice se révèlent assez fastidieux mais cela n’entache aucunement le plaisir de ce jeu, LE jeu à scénario de la DS, adapté avec facilité, mais excellence, par Capcom, le tout à un prix défiant toute concurrence. Un must tout simplement !

Téléchargez Phoenix Wright : Ace Attorney

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