Shogun : naissance
d’un bullet hell

Par iMike le 1er février 2012 à 17h14

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Quelle gageure : le studio Int13 se lance à l'assaut des manic shooters nippons avec Shogun, et tente crânement sa chance. Le résultat est vif et nerveux !
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Le pari était sacrément gonflé : venir marcher sur les platebandes des studios nippons spécialistes du bullet hell avec un jeu qui respecterait non seulement les codes du genre, tout en tentant de les transcender. C’est la mission (presque) réussie de Shogun.

 

Le studio français Int13 change totalement de crémerie avec Shogun : l’éditeur délaisse pour un temps ses jeux de réalité augmentée (AR Defender) pour se lancer sur un chemin hautement miné, le manic shooter. Développé dans le but de « rendre hommage » aux bullet hell, ce shoot’em up frénétique ne rate pas sa cible et met souvent dans le mille !

Ça tire dans tous les sens

Comme souvent dans ce type de jeu, on se passera volontiers du scénario pour passer directement à l’action, mais il faudra auparavant s’habituer à la principale nouveauté mise au point par les développeurs pour sortir des sentiers battus. Le vaisseau dispose en effet de trois tirs principaux : un laser, un tir triple, et des têtes chercheuses, tous en munitions illimités (et c’est heureux). Il est possible de commander une super-bombe qui viendra exploser tous les ennemis à l’écran, ainsi qu’une (ou plusieurs) paires de modules qui viendront épauler le joueur avec leur puissance supplémentaire.

Tout cela aurait pu surcharger l’interface du jeu, mais Int13 a été plus malin et imaginé un astucieux système : dès que l’on soulève le doigt de l’écran, le jeu passe en mode « ralenti » tandis qu’apparaît autour du vaisseau une roue composée des 5 choix ci-dessus. Il suffit de sélectionner celui qui nous agréé au moment donné.
C’est très malin (et cela donne lieu à un effet « slow motion » amusant), même si le revers de la médaille est double : d’une, il arrive que l’on retire son doigt de l’écran sans le vouloir ; et deuxièmement, cela ralentit le cours du jeu - un délai qui a tendance à se raccourcir une fois que l’on a saisi le principe et que l’on sait quelle arme on souhaite.

Parmi les autres caractéristiques du jeu, la gestion du bouclier est capitale. Non seulement il faudra évidemment éviter de se manger les projectiles ennemis, mais encore faire appel aux méga-bombes ou aux modules coûtent des barres d’énergie (qui font office de vie) : à utiliser avec parcimonie donc. Il est possible de refaire le plein de sa jauge de bouclier en manoeuvrant son vaisseau au plus près des projectiles, ce qui aura également pour effet d’augmenter le coefficient multiplicateur du score. Le jeu vous poussera à jouer au kamikaze !
Plus classique, des power-up permettront de rajouter des barres de vie. En revanche, on cherche encore les power-ups…

Quant au reste, Shogun respecte la dramaturgie propre aux manic shooters : les ennemis sont nombreux et coriaces, et n’hésitent jamais à arroser les niveaux d’un tapis impressionnant de dangereuses boules. Et ça, c’est vraiment les boules ! Heureusement, le jeu est bien équilibré, pour peu que l’on sache correctement jongler entre les différentes armes proposées. La maniabilité est simple mais efficace, et l’on prend immédiatement plaisir à exploser un maximum d’ennemis. À noter que le jeu, universel, est encore plus agréable à jouer sur iPad, grand écran oblige.

Le jeu est gratuit mais n’offre que le premier niveau. Celui-ci permet néanmoins de se faire une bonne idée de ce qui attend le joueur dans les trois autres niveaux (dont les débuts restent jouables gratuitement). Pour débloquer tout le contenu du titre, il va falloir micro-payer 1,59 euro, ce qui n’est pas si cher payé par-rapport à un titre Cave, mais Shogun est encore loin de proposer toute la richesse d’un bullet hell comme Dodonpachi.
Les quatre niveaux se terminent en effet assez rapidement, réduisant Shogun a un simple jeu de scoring, alors qu’il aurait pu être bien plus, par exemple avec quelques mondes supplémentaires (nul doute que les développeurs planchent sur ce sujet), de nouveaux vaisseaux, des power-ups réellement spectaculaires…

Mais soyons juste : tel quel, Shogun se hisse dans le haut du panier des shoot’em up, une gageure pour un studio sans réellement d’expérience dans ce domaine. Et ce, sans compter que question réalisation, c’est de haute volée également : contrairement aux jeux Cave, les graphismes sont ici Retina et très propres (pas de gros pixels). Les décors sont sympathiques avec quelques effets 3D (buildings, icebergs), mais il est vrai que niveau variété, cela aurait pu être un peu plus fouillé.

La bande-son est une autre des satisfactions du jeu : entraînante, dynamique, elle accompagne parfaitement l’action trépidante à l’écran. Les scores sont gérés par l’entremise d’un système maison qui n’affiche que les classements du premier joueur en comparaison de ceux de l’utilisateur. Petit plus : on sait quel est le meilleur joueur dans sa ville ! Mais on n’aurait pas été contre des trophées à décrocher, voire le support de Game Center, tout simplement.

Pour conclure

Shogun était un pari gonflé : il est réussi… pour peu qu’Int13 muscle un peu le contenu ! Car on fait vite le tour des quatre niveaux proposés. Mais les fondations sont là, et elles sont solides ! Le jeu se montre efficace et accrocheur, et son système de sélection d’armes est aussi joli qu’utile, après un peu de pratique néanmoins. N’hésitez donc pas à vous servir sur l’AppStore, ce d’autant qu’il ne coûte rien à essayer.

- Shogun : Rise of the Renegade

+ Un bullet hell français globalement réussi
+ Bonne ergonomie
+ Réalisation très honnête

- Manque un peu de contenu
- Certains auront du mal avec la sélection des armes
- Dommage pour l’absence de localisation en français…

Version de test : 1.1
Machine de test : iPhone 4, iPad 2
Niveau d’anglais requis : pas de localisation en français
Poids : 18,5 Mo
Affiliation réseau : rien

 

Note FunTouch.net : 8/10

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