Barbarian : barbare
ou barbant ?

Par iMike le 7 mars 2012 à 18h01

Barbarian : barbare ou barbant ?

Jouer la carte de la nostalgie n'est pas forcément l'assurance du succès. Anuman en donne, hélas, la preuve avec cette adaptation d'un classique du jeu de baston des années 80, Barbarian.
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Ah ça, on savait rigoler en 1987. Les minots suffisamment chanceux pouvaient ainsi s’adonner sans honte (mais sans l’autorisation des parents) àBarbarian sur leurs rutilants Amstrad CPC ! Et ce jeu particulièrement violent pour l’époque a certainement dà» en éveiller quelques uns àla sexualité, grâce aux divines proportions de la princesse àsauver qui s’étalait, nonchalante et offerte, sur la jaquette.

Surtout, le jeu (aussi appelé The Death Sword) jouait sans complexe avec les codes du gore, un genre très peu abordé jusqu’alors - ça se limitait àune gerbe de pixels rouge, mais avec un peu d’imagination, on y croyait, et c’était beau. Quelques (longues) années plus tard, il reste de Barbarian le souvenir d’un jeu fun, prenant, viscéral. Fallait-il en proposer une adaptation sur iOS ? Quelque chose me dit que les bons jeux de nos enfances ont parfois vocation àne rester que de vagues souvenirs.

La barbare perd la tête

Anuman, flairant la bonne affaire, s’est emparé de ce portage dont les retards successifs ont chauffé àblanc la nostalgie des joueurs CPC. Le résultat ne pouvait que décevoir les attentes, mais il restait àdéterminer le niveau de déception… hélas, il est assez élevé.

Avec tout le respect qu’on doit àce vénérable représentant de l’histoire vidéo-ludique, force est de constater que ce pauvre Barbarian fait bien pâlichon face aux Soulcalibur, Street Fighter IV et autre King of Fighters qui l’on précédé sur notre plateforme. Le jeu est en effet très pauvre au niveau de son contenu - passe encore qu’on ne puisse incarner que le seul barbare du titre (bien qu’on aurait pu imaginer prendre en main un des méchants), mais comment expliquer que le jeu n’offre que cinq décors chichement animés alors qu’on nous promet une « traversée du monde » ? C’est un peu léger.

Léger aussi, les ennemis proposés : àchaque tableau, il s’agit de défaire trois sbires plus un boss. Leurs mouvements (exception faite de l’ignoble et final sorcier Drax) sont tous plus ou moins calqués sur le même moule et l’originalité de leurs actions ne saute pas aux yeux. On est loin des méthodes de combat uniques àchaque protagoniste de Street Fighter !

Mais ce qui frappe en premier lieu, c’est la molesse des combats. Tout va àdeux àl’heure et on a presque le temps d’aller aux toilettes entre deux mouvements. À croire que le jeu tourne sur le même moteur que le modèle d’origine ! Et cette impression est encore renforcée par une ergonomie peu réactive et une gestion des collisions problématique, notamment lors des coups de pied et des roulés-boulés. Barbarian donne littéralement l’impression d’être sorti d’une autre époque lorsqu’il est enchaîné avec une partie nerveuse de SoulCalibur… Si c’était l’effet recherché, alors c’est parfaitement réussi.

Les combats peuvent toutefois se révéler assez tactiques, pour peu qu’on s’en sente l’envie. Il est ainsi toujours plaisant de réussir un combo de coups ou de décapiter son adversaire d’un solide coup d’épée ! Malheureusement, l’absence de nervosité dans les combats fait qu’on s’embête assez rapidement. Les mouvements possibles sont relativement nombreux, que ce soit en attaque ou en esquive, mais il faudra les découvrir par soi-même (aucun guide n’est fourni, mais après tout, le plaisir de la découverte aussi est important).
Autre satisfecit : les décors, pour être peu nombreux, n’en restent pas moins assez jolis. Les animations, qu’on a le temps de bien détailler, n’ont pas grand chose àvoir avec la maestria d’un King of Fighters mais ils n’en demeurent pas moins jolies àvoir.

Finalement, àen croire cette adaptation, ça n’était pas si génial que ça Barbarian…

Barbarian n’a malheureusement pas grand chose pour lui. Outre les défauts évoqués plus haut, les deux modes accessibles (Histoire et Arcade) sont très légers, le deuxième se contentant d’enquiller les combats contre tant d’adversaires. Quand au mode Survie, on se demande bien ce qu’il faut faire pour le débloquer.
Il existe un mode multi en local, pour combattre un adversaire sur son Mac (le jeu n’est pas encore sorti) ou sur iBidule. Vraiment, on aurait adoré que le jeu soit universel plutôt que proposé en deux parfums : dans le cas de deux joueurs d’une même famille, un sur iPad l’autre sur iPhone, il leur faudra acheter deux fois le même titre. C’est un petit reproche certes, mais il s’agit làd’une vision àcourt terme et purement motivée par l’appât du gain qui ne profite clairement pas au jeu. Et où est passé le multi en ligne ?

Pire : le fan service se révèle bien pauvre, ce qui est un comble pour une telle adaptation ! Où sont donc passés les fonds d’écran àdébloquer ? Il y avait pourtant matière ! Et pourquoi n’avoir pas proposé un mode 8 bits pour jouer la carte de la nostalgie àfond ?

Pour conclure

Ouch, le Barbarian vient de se prendre un vieux coup d’épée sur la tête. Bien loin de raviver les doux souvenirs d’un jeu brutal et prenant, cette adaptation met en colère en se montrant aussi peu digne de son modèle : peu de contenu, des combats brouillons, un mode multi àminima, un fan service inexistant, … Rien ne va ou presque dans ce jeu qui aurait pu, et dà», se hisser au même niveau que les autres jeux de baston disponibles sur notre plateforme. À éviter.

- iPhone/iPod
- iPad

+ Barbarian !
+ Des décors sympathiques

- Fan service indigne
- Ergonomie molle
- Jeu lent
- Peu de décors
- Mode multi limité

Version de test : 1.0
Machine de test : iPad 2
Niveau d’anglais requis : localisé
Poids : 86 Mo (iPhone), 100 Mo (iPad)
Affiliation réseau : pinote
Prix : 1,59 euro (iPhone), 2,99 euros (iPad)

 

Note FunTouch.net : 4/10

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