Le premier Brothers in Arms avait marqué les esprits d’un AppStore encore jeune (décembre 2008) et peu habitué aux productions 3D très aboutis de ce genre. Malgré tout, des lacunes dans le système de commandes venaient assombrir le tableau. Gameloft a depuis appris et a affiné le gameplay de ce type de jeu, jusqu’à aboutir à une quasi-perfection comme N.O.V.A - il sera d’ailleurs question de ce dernier dans le test de Brothers in Arms 2 : Global Front, mais ne grillons pas toutes nos cartouches d’un coup !
Ce deuxième épisode met en scène le David Wilson, jeune marine, plongé dans l’enfer de la seconde guerre mondiale. Il devra non seulement survivre dans les zones de guerre proposé par le jeu (Pacifique, Afrique du Nord, Normandie, Sicile, Allemagne) mais également résoudre une énigme : pourquoi a t-on retiré sa médaille d’honneur à son frère mort au combat.
Dans le feu de l’action
Au contraire du premier épisode, ce BiA2 ne se déroule pas caméra derrière le soldat mais en mode FPS. L’immersion n’en est que plus réussie, bien que des phases de jeu demandant de se couvrir fera passer la caméra dans le dos du marine, ou plutôt devant.
Une manière élégante de faire, puisqu’à de nombreuses reprises, il faudra prendre son temps pour correctement viser les ennemis… À ce chapitre, ajoutons qu’il est possible (et recommandé) de passer en mode sniper, ce qui permet d’aligner les headshots sympathiques.
Les commandes sont extrêmement simples à prendre en main pour celui qui a un peu l’habitude des jeux Gameloft de ce genre, N.O.V.A ou Modern Combat : Sandstorm : un pad à gauche pour se déplacer, des boutons à droite pour tirer, courir, se planquer, sauter (des actions contextuelles suivant où vous vous trouvez), et pour viser il faut utiliser son pouce droit n’importe où sur l’écran. Ce sont les réglages par défaut, le jeu offre en effet toute une batterie d’options afin d’affiner son gameplay préféré (il est aussi possible d’inverser les commandes pour les gauchers).
Pour changer d’arme, il suffit de glisser l’arsenal en haut à droite de l’écran.
Dans le même ordre d’idée, on pourra choisir ou pas le ciblage automatique, ce qui plaira sans doute aux hardcore gamers. Par contre, il semble impossible de désactiver l’aide omniprésente, sous forme de la grosse flèche verte caractéristique des FPS de l’éditeur…
Bref, Gameloft a une fois de plus assuré le cachou au niveau des commandes, il paraît en effet bien difficile de faire plus ergonomique pour un jeu de ce genre, même si Activision avec Call of Duty Zombies propose une gestion à l’accéléromètre vraiment performante et encore plus immersive.
Le mode solo se compose donc de 5 théâtres de guerre répartis sur tout le globe. Chaque « tableau » dispose de son atmosphère propre, tout est très verdoyant, très lumineux et coloré, un choix de design qui n’aide malheureusement pas à figurer toute l’horreur de la guerre !
Plutôt qu’un tutoriel particulièrement long et pénible (comme dans N.O.V.A), Gameloft a pris le pari d’immerger le joueur pratiquement immédiatement dans l’action. Le prologue du jeu se déroule en effet dans le Pacifique où l’on n’aura que quelques instants devant soi pour maîtriser les commandes.
Le jeu se poursuit et surprise, on est très rapidement plongé dans le feu de l’action, au milieu de tranchées façon coupe-gorge et de jungle hostile : l’entrée en matière est nerveuse et sanglante, on obtient même quelques minutes après le lancement du jeu un lance-flammes qu’on aurait aimé conserver plus longtemps.
L’arsenal est d’ailleurs impressionnant : grenade, mitraillette, fusil d’assaut, fusil de sniper, lance-flammes, bazooka, on pourra également utiliser la mitrailleuse de la jeep à pied ! Et quand un ennemi se fait pressant, il suffit de secouer l’iPhone pour lui asséner un vieux coup de crosse.
On sera ensuite transporté en Tunisie, où en plein désert, il faudra reprendre un fort et courir après le nazi sur une jeep. Le jeu se poursuit ainsi jusqu’à la conclusion du mode solo, qui vous tiendra occupé deux ou trois heures.
Le scénario est relativement banal mais ne déparerait pas dans un vrai film de guerre. Comme on l’a dit, le jeu se montre tout du long très vif et les réflexes seront mis à rude épreuve… Hélas, le jeu se révèle extrêmement scripté comme les autres productions du même genre chez Gameloft. Il faudra dégommer un nombre bien défini de soldats afin de passer au tableau suivant ; aucune place à la liberté dans le mode solo, et c’est bien dommage : j’aurais vraiment apprécié de pouvoir me balader, fusil à l’épaule, dans la jungle à la chasse au nippon… Mais le jeu n’autorise pas de hors-piste. Quand donc Gameloft proposera t-il un FPS qui ne soit pas sur rails ?
Sur le terrain de bataille
Rien à dire concernant la qualité des graphismes : le jeu est beau, c’est indéniable, on est à un cran au-dessus de N.O.V.A qui déjà un jeu fort joli. Les détails (dans la jungle ou dans une Normandie en ruines) sont un régal visuel, les personnages eux sont plus « carrés », mais ils ont vocation à se faire tuer !
Le moteur du jeu, visiblement le même que celui de NO.V.A est un bijou, il tient le choc même avec plein d’éléments qui s’agitent. Je n’ai pas remarqué de ralentissements notables sur mon iPhone 3G, alors j’imagine que le jeu doit être très fluide sur 3GS et iPod touch
Défourailler à plusieurs, c’est meilleur
Un tel titre appelait un mode multi, et Gameloft n’a pas failli à la tâche. On pourra ainsi se connecter en Bluetooth et en wifi mais aussi en ligne, et là c’est la fête.
Une fois loggué avec son identifiant Gameloft Live, on dispose en effet de 5 maps : pont, Normandie, Ile, Tunisie, Sicile, toutes inspirées par les niveaux proposés dans le mode solo. Ces cartes sont toutes suffisamment grandes et pleines de cachettes pour apprécier de viser les petits camarades ennemis, à l’exception de la map tunisienne qui manque de planque et de point de contrôle en hauteur.
Trois modes de jeu sont disponibles : Match à mort, Match par équipe et Domination. Le premier n’appelle pas de commentaires particuliers, pour le deuxième on ira en équipe flinguer la racaille ennemie (hélas, sans possibilité de se parler, il est impossible de se coordonner). Le troisième mode est plus intéressant : il s’agit de tenir un point pendant quelques secondes et de remporter le maximum de ces points sur la carte. Là encore, on joue en équipe et on regrette de ne pouvoir communiquer avec ses « frères d’armes ».
On apprécie par ailleurs de pouvoir incarner un camp ou l’autre ! Rayon personnalisation, c’est par contre portion congrue : on pourra choisir entre 6 soldats, mais les classes sont cruellement absentes. Pas de tank (lourdement armé mais pas rapide), pas d’infanterie légère (rapide mais facile à dégommer), on incarne tour à tour tous les types de soldat au hasard des armes qu’on récupère.
Certes, ainsi personne n’est limité dans un rôle, mais on aurait aimé choisir dès le départ.
Pour le reste, ce mode multi est vraiment bien fichu, vraiment nerveux, et bonne surprise, les maps sont toujours immédiatement disponibles, il y a visiblement du monde sur les serveurs de Gameloft !
Bon, je vous entends au fond de la salle qui hurlez : c’est lequel le multi le meilleur ? Difficile d’être aussi complet que le dossier concocté par Doomsday (lire « FPS : quel est le meilleur multi ? »), mais je place celui de BiA2 entre N.O.V.A et Modern Combat, la prime à ce dernier même si le mode Domination de BiA2 est inédit. Et puis que voulez-vous, j’aime les armes modernes…
Pour conclure
Le jeu est très beau, immersif (plus que le premier épisode en tout cas), plus ancré dans le réel que N.O.V.A (et pour cause), varié… C’est encore une réussite pour Gameloft qui, en bonus, offre un mode multi bien fichu et solide.
Il y a juste une chose sur laquelle je suis un peu plus chafouin -et c’est un problème de riche-, mais je trouve que BiA2 n’innove pas vraiment : le jeu ressemble énormément à un Modern Combat Sandstorm où on aurait remplacé les armes ultra-technos actuelles par les vieilles pétoires de la seconde guerre. C’est sans doute l’effet qu’a voulu donner Gameloft, qui suivant la formule gagnante du Call of Duty d’Activision, a voulu alterner guerre moderne avec guerre « à l’ancienne ». Un petit manque d’originalité peut-être ? Ou le sentiment d’être toujours sur rails dans le mode solo ?
Le jeu mérite un 4,5 étoiles, mais n’ayant pas vraiment prévu ce cas de figure, il faudra se contenter de 4 étoiles. Ça n’est pas, loin de là, une raison de bouder cet excellent jeu, ne vous laissez pas gagner par mon sentiment de lassitude ! Brothers in Arms 2 : Global Front coûte 5,99 euros.










