Kovoclak, c’est d’abord une… claque visuelle ! Caou a fait appel au talent d’un graphiste, Lingouf, qui donne une belle personnalité au jeu, un aspect « indé » qui tranche avec le commun des productions plate-formes du moment. La bande-son n’est pas en reste et a également été composée par le même artiste.
Très attachants, les divers personnages comme les décors donnent réellement de pénétrer dans le monde étrangement poétique de Kovoclak… et d’y rester, car comme on le verra par la suite, il faudra s’accrocher pour franchir toutes les difficultés proposées par le jeu !
L’univers du jeu plonge le joueur dans un univers où la pollution a réduit les habitants de la Terre à se terrer dans les sous-sols. Cette pollution, il faudra la faire cesser, et quoi de mieux pour ce faire que de demander au principal pollueur de faire le boulot !
Kovoclak est en effet un homme d’affaires qui traite avec les industries polluantes… Mais le soleil ne l’a pas entendu de cette oreille, l’a transformé en monstre à cornes (très « Where the Wild Things are »-style) et devra traverser les 4 zones (usine, sous-sol, zones radio-actives et plate-forme pétrolière) qui contiennent 50 niveaux.
Plate-formes, avec un twist
Notre héros malgré lui est donc plongé dans des tableaux type plate-formes, mais attention : s’il peut aller de droite à gauche et utiliser des objets à son profit, en revanche il ne sait ni sauter ni ne dispose d’une arme.
Sa meilleure protection est donc l’environnement qui l’entoure, et surtout un choix de gameplay particulièrement astucieux ! Chaque tableau est en effet découpé en une dizaine de tranches verticales qu’il conviendra de déplacer pour faire avancer Kovoclak sur le chemin de la rédemption… tout en évitant les obstacles et surtout, les rencontres fortuites avec des ennemis.
Le joueur devra donc abaisser ou remonter telle ou telle tranche pour faire tomber un méchant lapin dans un trou, atteindre une plate-forme surélevée ou récupérer bonus, objets et vies supplémentaires, le tout dans un temps imparti… et avec des vies qui filent très vite ! Inutile de dire qu’il va falloir mettre sa jugeotte à contribution et ce, le très rapidement puisque les choses se corseront très rapidement.
Chaque niveau a en fait été conçu comme un casse-tête presque autonome, avec lequel il faudra composer pour trouver une solution. La construction du jeu fait en sorte qu’un tableau est différent d’un autre. Le résultat est aussi électrisant que frustrant : après avoir franchi haut la main un niveau, il faut se replonger immédiatement dans un nouveau encore plus ardu. Un vrai challenge pour les adeptes du remue-méninges !
Attention chérie, ça va trancher
Tout cela est bel et bon, mais hélas le jeu cache un défaut sous ses indéniables qualités plastiques et vidéo-ludiques : les tranches sont très fines pour l’écran de l’iPhone… On imagine aisément que le jeu trouvera toute sa place sur l’iPad.
Autre écueil : la manipulation des tranches implique forcément de poser le doigt sur l’écran de jeu en lui-même, ce qui a pour conséquence d’en masquer certains éléments - et quand un lapin se précipite sur vous pour vous manger la couenne, ça n’est pas très heureux. Pour le coup, on aimerait utiliser un stylet plutôt que son doigt !
Encore une fois, le grand écran de l’iPad viendra certainement apporter une réponse à ces problèmes, en disposant par exemple sous le tableau des réglettes dont la manipulation ne viendra pas masquer les niveaux. Pour le reste, notre ami rédempteur se dirige très simplement, en posant ses pouces à droite et à gauche de l’écran - pour utiliser un objet, il suffira de tapoter sur son icône en haut de l’écran.
Pour conclure
Kovoclak est une excellente surprise sortie d’un peu nulle part. Le jeu apporte une bouffée de vent frais dans un genre très codifié, même s’il nécessitera un petit temps d’adaptation pour en maîtriser le concept.
Gros coup de chapeau également à l’univers, très original et bien vu, qui pousse à se surpasser pour passer au niveau suivant histoire d’en voir un peu plus. Pour 2,39 euros, Kovoclak va vous offrir quelques heures de casse-tête bien senti. À ne pas manquer, ne serait-ce que pour encourager la créativité et l’originalité !




