Test de Zombie Infection : série B de luxe

Par iMike le 14 mai 2010 à 18h05

Test de Zombie Infection : série B de luxe

La dernière grosse production de Gameloft s'offre le scénario d'une bonne série B qui se laisserait bien voir au cinéma. Mais sur le petit écran de l'iPhone, ça donne quoi ?
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Vidons immédiatement la polémique de sa substance : oui, inutile de le nier, Zombie Infection s’inspire de pans entiers d’éléments de gameplay de Resident Evil 5. Oui aussi, on préfèrerait que l’éditeur développe ses propres concepts et lance des franchises qui ne soient pas clonées d’autres licences àsuccès.
Mais après tout, Capcom n’a qu’àassurer un peu le cachou et proposer un portage un peu plus conséquent que ce Resident Evil : Degeneration qui n’a pas laissé un souvenir impérissable malgré une mise àjour récente. Et si Capcom n’y arrive pas, alors faites place àGameloft : le français sait faire des bons jeux, quoi qu’en en dise.

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Et c’est le cas de Zombie Infection ! Ce jeu de tir àla troisième personne (TPS) s’avère même dans son genre comme une réussite qui scotchera l’amateur de zomblards et d’histoires tordues. Mais ne tuons pas la peau du zombie avant de l’avoir tué, et commençons par le commencement.

Favelas of the dead

Le jeu prend place dans un coin du Brésil tourmenté par une étrange épidémie qui infecte les habitants d’une favela indéterminée. Le soldat Damien Sharpe, accompagné de la délicieuse journaliste Alex Rayne part àla recherche de son frère, embauché par la multinationale Auricorp au sein de sa milice privée, les Combattants de la Liberté.

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Trahison, virus, expérimentation génétique, zombie, mutation… Le cocktail concocté par Gameloft pour Zombie Infection est roboratif et ferait bonne figure pour une bonne série B. Le scénario est en tout cas suffisamment prenant pour qu’on ait envie d’aller encore plus loin dans le jeu et démêler l’écheveau de responsabilités qui a mené àla perte de ce coin du monde… et rien que ça, c’est déjàune réussite !

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Comme dans un film, Zombie Infection recèle quelques « climax » qui relance l’intérêt du joueur - on ne spoilera rien, mais il y a làde quoi plaire aux amateurs de zomblards et de monstres !

Le jeu met donc en scène deux personnages, un soldat et une journaliste, que l’on prendra en main au gré du scénario. La caméra, située dans le dos du héros du moment, est moins immersive qu’une vue subjective façon FPS, mais rajoute un peu plus au côté « cinoche » du jeu.

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Le déroulement du jeu est très classique : on avance un peu, on bute un zombie ou deux, on continue d’avancer, une cinématique se lance pour faire avancer l’histoire… Rien de neuf sous le soleil, c’est du gameplay standard de chez Gameloft.
Au fur et àmesure de sa progression, on récupèrera de nouvelles armes, des munitions, des clés… Exploser des caisses permet souvent de faire le plein, ainsi que trucider du zombie. Attention, aucune arme n’a de munitions infinies, il faudra donc surveiller précautionneusement son stock de balles !

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Et si jamais on tombe àcourt ou si on est assailli par les infectés, alors il est toujours possible de jouer du poing ! Les attaques physiques se montrent àce propos plutôt efficaces, même si les « chances » de perdre de la vie sont de 100%.

Bouge, mais pas trop

Les deux héros se manipulent par le biais d’un joypad virtuel dont l’usage est désormais bien intégré. Le bouton de tir s’accompagne parfois de boutons contextuels, pour sauter par-dessus un obstacle par exemple. À noter que lorsqu’un zombie est àterre, il est possible de l’achever, ce qui donne lieu àde réjouissantes séquences de mises àmort plutôt efficaces - et àce petit jeu, Damien et Alex sont aussi balaises l’un que l’autre !
À ce propos, on regrette qu’il n’y ait aucune différence entre les deux héros : Alex est aussi forte que Damien, et les deux ou trois niveaux dans lesquels on prendra en main (façon de parler…) la journaliste ne sont visiblement qu’un prétexte pour se rincer l’oeil, la belle étant particulièrement bien modélisée - àmoins qu’il ne s’agisse d’un hommage àpeine voilé àLara Croft, les niveaux d’Alex (une grotte, notamment) faisant écho aux aventures de la pilleuse de tombes.

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Il sera parfois demandé au joueur d’activer une manivelle ou de tapoter sur un bouton d’action, pour éviter les crocs mortels d’un caïman par exemple. Le gameplay se montre donc variée, et il faut dire qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer.

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Histoire sans doute de coller au maximum au modèle Resident Evil, une fois l’arme pointée ou àl’épaule, le personnage ne pourra pratiquement plus bouger, ou alors (vraiment) très lentement. C’est un aspect très important du jeu, et aussi l’un des plus pénibles : même avec une mitraillette en train de cracher la mort, il est possible de se mouvoir dans la vraie vie (enfin, j’imagine), alors pourquoi pas dans le jeu ?
Ce d’autant que c’est le cas dans Terminator Renaissance (notre test), un autre jeu Gameloft dont Zombie Infection est une sorte de suite, techniquement parlant.

C’est par làqu’on te dis !

Autre souci qui pourra gêner les plus « casual » : le jeu n’offre pas de visée automatique. En lieu et place, chaque arme émet un faisceau laser qui permet d’ajuster son tir, et comme vous le savez, un zombie définitivement mort est un zombie àqui on a explosé la tête ! Cette astuce, tirée tout droit de Resident Evil, est un élément de gameplay bienvenue qui apporte un peu plus de piment, même si on aurait aussi apprécié pouvoir bouger un peu plus facilement.

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Revers de la médaille d’un scénario très peaufiné : le jeu est scripté, très très scripté, et même s’il laisse un chouilla plus de liberté que N.O.V.A ou Brothers in Arms 2, ne vous attendez pas àvous baladez tranquillement dans les différents niveaux. Chaque chose devra être faite dans l’ordre avec le bon zombie tué au bon moment sous peine d’errer comme une âme en peine dans des environnements certes très beaux (on y reviendra) mais où il ne se passera rien si vous n’avez pas débloqué le script suivant.

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Un seul niveau apporte un vent frais dans ce scénario ultra-dirigiste, celui de l’ascenseur vers le bateau : il faut tenir pendant 2 minutes àdes vagues ininterrompues de zombies, dans une sorte de mode Survie intégré au reste du jeu (et qui constituera justement un bon entraînement au vrai mode Survie).
C’est certainement le niveau qu’on prendra le plus de plaisir àjouer et rejouer encore, car pour le reste, une fois une « scène » terminée, la rejouabilité du titre est assez improbable, àmoins de vouloir profiter encore et encore des superbes décors.

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Le jeu n’offre pas de mode multi, ce qui est regrettable, mais en revanche il dispose de trois modes de difficulté et d’un mode Survie (àdébloquer une fois le scénario terminé) qui permettent d’améliorer un peu la durée de vie. Cependant, comptez entre 3 et 4 heures pour en venir àbout, ce qui est somme toute assez correct.
À noter qu’il est possible de rejouer une scène, comme dans un DVD, mais comme dit plus haut, ça n’a pas beaucoup d’intérêt sauf si on veut récupérer tous les médaillons dispersés dans le jeu ou les 20 succès du Gameloft Live.

Pour en finir avec le chapitre des regrets, on a noté quelques bogues d’ordre graphique, au niveau de la gestion de la caméra et également des freezes intempestifs obligeant (sur iPhone 3G tout du moins) àrelancer le jeu. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé dans la vidéo accompagnant ce test… J’ai également testé le jeu dans sa version iPhone sur iPad, et il se révèle également fort agréable même si évidemment, en plein écran il ressort pixellisé.

Une réalisation aux petits oignons

C’est au niveau de la réalisation que Gameloft frappe le plus fort. Certains environnements sont plus réussis que d’autres (la mine, l’entrée du zoo, àcet égard, ne sont pas folichons), en particulier les niveaux extérieurs : les favelas et le dock, notamment, sont somptueux !

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Les graphistes se sont véritablement fait plaisir avec un horizon àperte de vue, des détails qui grouillent dans les décors… C’est d’autant plus dommage que le jeu se termine dans une salle de labo ultra-sophistiqué, mais sans aucun charme. On peut dire au moins qu’on voit du pays…

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Les zombies et les ennemis en règle générale sont vraiment bien fichus, mention spéciale aux animaux infectés (chiens, crocodiles…) croisés sur le chemin et qui sont bien difficiles àabattre. La variété est de mise avec cinq ou six types de zombies qui ont chacun leur façon de se mouvoir lentement, ce qui permet de les ajuster au mieux.

Du côté de l’IA, ça reste du basique avec des ennemis qui viennent vers vous sans demander leur reste, mais après tout, si un zombie réfléchissait, ça se saurait.

Pour conclure

Dans le genre « jeu scripté àmort », Zombie Infection est certainement l’un des meilleurs dans son genre : une ambiance digne d’un film de Romero, une histoire prenante pour peu qu’on apprécie les séries B, et surtout des graphismes qui rehaussent encore le niveau de ce qu’il est possible d’accomplir sur un iPhone.

Cependant, le jeu a les défauts de ses qualités : les temps de chargements, bien que réduits, sont un peu longuets sur des machines moins puissantes, le gameplay qui oblige le joueur àrester quasiment immobile lors des tirs et une rejouabilité très relative malgré l’ajout d’un mode Survie. Tout cela pourra être rédhibitoire pour certains qui tiennent àleur liberté d’action, mais pour ceux qui apprécient être emporté dans les remugles d’un scénario àsaveur zombiesque seront servis, et largement encore.

Version testée : 1.0.0
Machine de test : iPhone 3G
Cinématiques sous-titrées en français
Affiliation réseau : Gameloft Live

Téléchargez Zombie Infection

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