Mirror’s Edge : le bord de l’écran de l’iPad

Par iMike le 2 juin 2010 à 18h05

Mirror's Edge : le bord de l'écran de l'iPad

Une simulation de parkour dans un monde totalitaire : Electronic Arts réussit presque le grand chelem avec un Mirror's Edge au gameplay et à la réalisation exceptionnels. Hélas, rien n'est jamais parfait…
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Mirror’s Edge a connu un destin singulier. Ce titre a été vendu comme étant un jeu « adulte » par Electronic Arts, avec un scénario complexe et touffu et un gameplay original. Malheureusement pour l’éditeur, le succès public n’a pas suivi la bonne réception critique du jeu sorti fin 2008 sur consoles de salon.

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EA croit tout de même suffisamment fort dans son concept et essaime le sur PC, en version Flash 2D… et sur iPhone ! Mais étrangement, cette dernière mouture, annoncé pour janvier, ne voit jamais le jour. En lieu et place, l’éditeur a préféré lancer une version pour iPad, reprenant le contenu et le gameplay de la mouture iPhone, sans qu’on sache si un jour, cette dernière sortira réellement.

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Quoi qu’il en soit, et tout comme la version console, le jeu pour iPad est résolument unique même s’il s’inspire du jeu Flash plutôt qu’àl’original, en vue subjective.
C’est donc un jeu de plates-formes en 2D en scrolling horizontal qui vous attend ! Mais EA a été assez malin pour exploser les canons du genre pour offrir une expérience qui colle parfaitement au capacités de la tablette. Une réussite ? Oui, mais…

Un scénario lourd comme du béton

Mirror’s Edge s’offre un scénario incroyablement alambiqué. Je vous la fais courte car ça n’est pas le côté le plus excitant du jeu : dans un avenir proche, les habitants ont accepté de troquer leur liberté contre de la sécurité. La censure et la doxa policière ont essaimé dans les rues et les esprits, sauf chez quelques résistants qui communiquent par coursiers très spéciaux, les Messagers.

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Acrobates et sportifs, ces Messagers sont des spécialistes du parkour, une discipline urbaine qui consiste àutiliser le mobilier pour se déplacer le plus rapidement et efficacement possible, au nez et àla barbe de la police.

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Et Faith, jeune casse-cou de 24 ans, est parmi les plus talentueux de ces porteurs de messages - c’est bien évidemment elle que vous allez incarner. Faith est prise au coeur d’un complot accusant sa soeur du meurtre d’un opposant au régime. Il lui faudra faire la lumière sur ces accusations tout en échappant àla maison poulaga.

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Les différents niveaux du jeu sont entrecoupés par des rubans de texte absolument imbitables, beaucoup trop longs et qui s’affichent façon « générique de Star Wars ». Illisibles, trop longs, ils n’invitent pas às’intéresser àl’histoire pourtant intéressante qui se joue sous les yeux du joueur. Heureusement, les chargements sont rapides…

Plus haut, plus loin, plus fort

Le jeu consiste donc àcourir, sauter, frapper, glisser, courir sur les murs… d’un point àun autre du niveau. Faith dispose d’une sorte de sixième sens qui lui permet de repérer dans le mobilier urbain les éléments qui lui serviront àavancer - il pourra s’agir d’un tremplin, une porte, une gouttière, une grue… Ces éléments apparaissent en rouge. Quand on arrive près d’une zone rouge, on sait qu’il faudra faire quelque chose !

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Basiquement, on accompagne donc Faith àtravers les toits et les intérieurs de la mégalopole, la petite est agile et sait également se servir de ses poings et de ses pieds - ce sont d’ailleurs les seules armes dont elle dispose mais elles sont redoutables. Notre héroïne a deux façons de se débarrasser des policiers sur son chemin : coup de pied en hauteur, glissade, ou encore un désarmement en bonne et due forme.
Il lui faudra également récupérer des sacoches-bonus placées de manière stratégique et qui permettront de débloquer des fonds d’écran ainsi que des succès àdécrocher.

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Le jeu se déroule en scrolling horizontal comme sur la version Flash, mais la somptueuse réalisation (sur laquelle on reviendra) va bien au-delàde cette mouture très limitée.

Un gameplay extraordinaire

L’aspect le plus étonnant de Mirror’s Edge tient àson gameplay : pas de pad virtuel, pas de bouton d’action, rien que l’écran de jeu ! Mais alors, comment fait-on ? EA a mis au point un système très ingénieux de gestures qui au bout de quelques minutes d’entraînement, se révèle très ergonomique : dessiner un trait vers la droite ou la gauche permet de faire courir Faith, un mouvement du doigt vers le haut la fait sauter, vers le bas et on a le droit àune glissade, un mouvement vers la droite durant un saut permet de frapper du pied…

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Tout un panel de mouvements sont ainsi disponibles qui tombent presque naturellement sous le doigt. Le genre, évidemment, se prête particulièrement àces combinaisons, mais on imagine qu’elles pourraient également être utilisées sur tout autre type de jeu. L’accéléromètre est en revanche moins sollicité, même s’il pourra servir àl’occasion. En tout cas, c’est bien plus efficace qu’une manette ou qu’un clavier.

En tout cas, c’est un plaisir que de prendre les commandes de Faith, qui répond au doigt et àl’oeil àla moindre sollicitation !

La réal’ comme sur du velours

Dès qu’on a entendu parler de la version pour iPhone (qui est devenue la mouture pour iPad) de Mirror’s Edge, on a pris peur : EA allait adapter la version Flash, gratuitement disponible sur internet. Bon, cette mouture est sympathique, mais n’a rien de franchement extraordinaire en ce qui concerne sa réalisation…

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Heureusement pour nous, les développeurs ont pris le taureau par les cornes et ont planché sur une version toujours en 2D, mais entièrement conçue en 3D ! Le résultat est assez somptueux, notamment dans les scènes en extérieur et leur point de vue sur la ville, en particulier lors des passages de nuit.
C’est mois réussi dans les épisodes se déroulant àl’intérieur des bâtiments, qui n’ont évidemment pas la même profondeur de champ…

Graphiquement parlant, c’est donc du tout bon, même si on sent bien que l’iPad et son processeur A4 en ont encore sous la semelle (tant mieux, cela nous promet des jeux encore plus beaux !).

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L’animation est sans failles, et c’est plutôt bienvenu pour un jeu de ce genre : les mouvements de Faith sont fluides, rapides et naturels, très bien dessinés, un régal pour les yeux. On n’en dira pas autant des policiers qui semblent en revanche un peu figés.

La bande-son est elle aussi très bonne, notamment la chanson-titre qui est reprise sur certains niveaux et qui colle parfaitement àl’ambiance « ultra-moderne solitude » du jeu.
Bref, on tient làun grand jeu. Enfin, pas loin.

Attention àl’obstacle !

Car tout n’est pas rose dans le monde de Faith. D’une, le jeu rappelle Super Mario Bros : une fois qu’on aura franchi deux ou trois fois par le même niveau, on pourra le repasser les yeux fermés. Les policiers sont toujours au même endroit, ils font toujours la même chose, et les ralentis qui permettent d’ajuster un coup de tatane se déclenchent toujours aux même moments. Le jeu est en effet ultra-scripté, ce qui ne serait pas un drame si…

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… si le jeu n’était pas si court ! Montre en main, j’ai dà» mettre une heure en tout et pour tout pour le boucler. Certes, on a vu pire… mais à10,49 euros, c’est un peu fort de café. Il manque au jeu au moins deux ou trois chapitres pour justifier un tel tarif « super premium ». Certes, la réalisation et le gameplay sont au niveau des meilleures productions du genre, mais il y a clairement de l’abus de la part de l’éditeur.

La durée de vie pourra être rallongée en tentant de claquer le meilleur temps sur tous les niveaux débloqués, mais l’intérêt reste limité.

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En revanche, le mode deux joueurs est assez épatant : il s’agit d’une course (sur un des niveaux débloqués) qui se déroule sur l’écran de l’iPad coupé en deux pour l’occasion. Chaque joueur devra tenter d’aller le plus vite possible pour faire mieux que son adversaire ! Une excellente idée… dommage qu’elle ne justifie pas, une fois de plus, le prix demandé.

Pour conclure

Voilàqui est rageant : Mirror’s Edge est en tout point excellent (malgré une durée de vie vraiment limitée) et qui aurait mérité un bon 9/10. Hélas, Electronic Arts s’est révélé trop gourmand et en tarifant le jeu au-delàde la barre psychologique des 10 euros, fait lourdement chuter la note du jeu. Un conseil : une fois que la folie du lancement de l’iPad sera retombé, le jeu devrait coà»ter moins cher et redescendre à7,99 euros, voire 5,49 euros, des tarifs plus réalistes.

Version testée : 1.0.87
Machine de test : iPad
Niveau d’anglais : non
Affiliation réseau : non

Téléchargez Mirror’s Edge

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