Grokion : petit malin

Par iMike le 24 juin 2010 à 18h05

Grokion : petit malin

Grokion convoque à son chevet Megaman et Metroid. Le pari était ambitieux et risqué… Mais au final, la réussite est là !
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Fruit du travail de plusieurs développeurs indépendants, Grokion n’est pas soutenu par un quelconque éditeur qui pousse au lancement d’un jeu, même si ce dernier n’est pas finalisé ou qu’il manque du contenu. Bien au contraire, ce jeu a bénéficié d’une longue phase de peaufinage, son aspect graphique ayant même été complètement revu en cours de route ! Au final, c’est àun jeu bourré de qualités (et de quelques défauts aussi) et rempli de détails qui nous offert ànos yeux et nos doigts gourmands.

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Héritier de l’âge d’or d’un genre qui pullulait dans les années 90, celui de la plateforme exigeante qui ne se donne pas aussi facilement que les jeux casual actuels, Grokion peut se montrer frustrant par moments. Heureusement, une mise àjour récente lui offre un niveau de difficulté plus accessible, ce qui devrait l’aider àrencontrer un succès public mérité.

La face cachée de la Lune

L’épisode 1 de Grokion, appelé Inception, se déroule au sein du Moon Biosphere Program, un appendice lunaire expérimental censé développer son propre éco-système sur notre satellite. Les bâtiments de ce programme, imaginé par l’énigmatique Dr Savain, sont prêts àaccueillir des scientifiques en exil quand soudain, un truc cloche : les technologies, qui tirent leur énergie d’une source inconnue, deviennent instables et finissent par ne plus fonctionner, laissant libre cours àune faune et une flore extra-terrestre !
Voilàqui tombe au plus mal, au moment d’accueillir l’élite scientifique de la Terre.

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Le joueur incarne LDU-1, une unité lunaire de défense, construit par le Dr Savain, et dernier de son espèce encore en fonctionnement. Votre job sera de retrouver le bon docteur et de remettre la biosphère d’équerre, ce qui n’aura rien d’évident car tous les éléments vont se liguer contre vous !

Le joueur débute donc sa quête dans la peau huileuse et déglinguée d’un robot quasiment àpoil : il vous manque une armure, la carte de la biosphère, vos armes, bref, tout ce qui pourrait aider le Dr Savain àaccomplir sa tâche. Le jeu consiste donc àaccomplir les quatre volontés du docteur (le retrouver, relancer un ascenseur, aller àtel endroit), tout en récupérant des forces et vos attributs de robot de combat.

C’est par où qu’on avance ?

Cette aventure se déroule au sein d’un immense complexe technologique, dont les fondations ne sont autres que la Lune. Chaque niveau contient plusieurs portes vers d’autres niveaux qu’il conviendra d’explorer avec soin afin de récupérer vie, items et autres bonus… et faire avancer le scénario, parfois un rien capillotracté, mais on apprécie l’effort d’immersion.

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Les niveaux de la base lunaire sont bourrés de plateformes, et le principal boulot de LDU-1 sera de sauter dans tous les sens pour les parcourir et découvrir les nouveaux nouveaux. Comme dans tout bon jeu de plateformes qui se respecte, des caisses pourront être déplacées, voire explosées (certaines contiennent des items), tandis que des blocs dotés de propriétés diverses (amovibles, transparents jusqu’àce qu’on tire dedans…) permettront ànotre héros de progresser.

Le jeu est bien évidemment rempli d’adversaires, avec entre autres des tourelles et des sentinelles volantes, qui n’ont rien d’évident àaligner. De plus, il vaut mieux éviter l’explosion consécutive àleur flinguage en règle, car celle-ci peut vous toucher et vous faire perdre de la vie. Quelques boss viendront pimenter l’aventure.

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Pour le reste, la map vous permettra de vous repérer dans le dédale de la base, avec l’objectif du moment facilement repérable… Facile, ça ne sera pas le cas de ce titre, chaque niveau apportant en général un mécanisme de jeu particulier : plateformes transparentes, mues par un pivot, … Il faudra faire preuve de jugeotte pour s’en tirer sans trop de dommages, mais c’est ça aussi le challenge !
Grokion propose en outre de récupérer des super items, au nombre de trois par niveaux, dont l’usage n’est pas particulièrement clair, mais qui aideront àgarantir une durée de vie conséquente au jeu.

Inutile de se le cacher : globalement, même en mode casual, le jeu est difficile, mais la découverte est enthousiasmante. Le level design est très bien fichu, et même en revenant sur ses pas, il est possible de découvrir de nouvelles choses dans des niveaux déjàvisités - grâce àune astuce ou une arme récupérée dans un niveau supérieur. Il représente en tout cas un joli défi pour les amateurs un peu plus expérimentés que la moyenne…

Dans la peau d’un robot

LDU-1 étant un robot particulièrement obéissant, il réagira au doigt et àl’oeil au moindre de vos mouvements. Le jeu propose un pad virtuel plutôt performant ainsi que deux boutons d’action, pour sauter et tirer, et c’est tout (Gameloft et les autres éditeurs qui multiplient les boutons devrait en prendre de la graine…). L’ergonomie du jeu est bien pensée et on prend immédiatement en main les destinées de notre héros, virevoltant d’une plateforme àune autre.

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Le système de tir est intéressant : LDU-1 est capable de tirer en mouvement, et surtout de tirer dans littéralement tous les sens et dans tous les degrés possibles. Il est possible d’aligner finement une tourelle soigneusement protégé par un remblais ou une caisse… Ce système de tir est instinctif et participe largement du plaisir du jeu.

Du côté des graphismes, le travail est remarquable, avec des décors et des personnages réalisés en 3D (mais le jeu conserve son gameplay en scrolling horizontal 2D), variés et agréables àregarder.
Quant àl’animation, voir LDU-1 se mouvoir, courir, sauter… est un plaisir de chaque instant ! Mais les ennemis ne sont pas mal non plus, mention spéciale aux sentinelles erratiques qui virevoltent dans tous les sens…

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La fausse note au niveau de la réalisation vient plutôt de la musique qui fait très datée - certes, Grokion convoque Megaman et Metroid, mais était-il bien nécessaire de s’inspirer de la musique des jeux de l’époque ? Au final, on aurait aimé pouvoir écouter sa propre liste de lecture…
Autre regret, le HUD est vraiment brouillon. L’interface du jeu mériterait un petit coup de simplicité pour qu’on sache au premier coup d’oeil où on en est…

Pour conclure

À 0,79 euro, Grokion est véritablement une affaire àfaire ! Mais attention, le niveau de difficulté est élevé, même si le mode casual a fait beaucoup de bien (auparavant, deux pauvres tirs de tourelle et LDU-1 explosait…). Notez que pour les amateurs purs et durs pourront s’exercer avec le mode hardcore qui n’aura jamais autant mérité son nom.

Au niveau de la réalisation, aussi bien que du côté de l’ergonomie que du scénario, ce Grokion-làtient plus que la route, et on attend avec impatience l’épisode 2. 

Version de test : 1.1
Machine de test : iPhone 3G
Niveau d’anglais : faible
Affiliation réseau : non

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