La franchise Predator, créée au cinéma par John McTiernan en 1987, a malheureusement vu sa qualité décliner au fil des suites et des cross-over aux forts relents de panouilles avec l’autre grande licence extra-terrestre, Alien. Mais le chasseur n’a pas dit son dernier mot et tente un retour avec Predators, dirigé par Nimród Antal et en sous-main par Robert Rodriguez, qui ont souhaité revenir aux sources du mythe : la chasse !
Mais pas sur Terre cette fois, mais sur la planète des Predators ! Ces derniers, pour s’amuser et se prouver leur valeur, ont décidé d’enlever les humains les plus dangereux : commando d’élite, sniper, soldat, mais également chef de gang et serial-killer, afin de les chasser.
L’avenir dira si le film sera à la hauteur de la légende qu’il convoque, mais tel n’est pas notre sujet aujourd’hui ! C’est en effet du jeu pour iPhone dont il est question, un portage qui a échu à Chillingo, dont c’est à notre connaissance la première adaptation de film. Celle-ci sera t-elle à l’égal de ses homologues, à savoir raté ? Mon sens mutant me dit que non.
Du sang dans la jungle
Le jeu semble vouloir respecter la trame du film, en glissant le joueur dans la peau lézardeuse du chasseur, qui devra décimer tous les humains se présentant à lui - les protagonistes du film faisant office de boss de fins de niveau.
Au fil des missions, on apprendra à se servir de tout l’arsenal du Predator, des griffes rétractables au canon à plasma, en passant bien évidemment par l’invisibilité ou la fameuse vue thermique. Toutes ces armes, dont certaines sont limitées dans le temps (via un chronomètre qui reprend astucieusement le design de la bombe d’auto-destruction des Predator 1 et 2), sont redoutablement efficaces et, utilisées à bon escient, permettront d’atteindre le quota d’humains assignés pour chacune des missions.
Je prendrais bien une tête
Premier gage de sérieux, le jeu a été développé par Angry Mob Games, les mêmes à l’origine de l’excellent Guerrilla Bob, et ces gars là ont le goût du travail bien fait, en particulier au niveau des jeux de tir à double pad dont Predators se réclame plus ou moins (le deuxième pad n’existant pas vraiment).
Le joueur « pilote » son chasseur par le biais d’un pad directionnel et d’une flopée de boutons d’action sur le côté. Heureusement, au bout de quelques minutes d’apprentissage (les premières missions sont là pour ça), on se repère relativement bien… ce d’autant que les possibilités d’interaction sont nombreuses : entre les combos et la maniement de l’arsenal du Predator, on aurait de quoi s’emmêler les pinceaux…
Un des petits plaisirs de ce jeu provient de l’invisibilité : c’est un plaisir d’avancer en douce vers sa prochaine victime pour mieux la mettre à mort sans qu’elle ne se doute de rien ! Mais pour les plus barbares, il est toujours possible d’y aller franco de port toutes griffes dehors, tenter de soulever sa proie et lui arracher la tête… Amis de la poésie, bonsoir ! Et les amateurs de boucherie en gros seront servis avec ces mises à mort spectaculaires - notons que pour les âmes plus chastes, il est possible de désactiver le gore du jeu…
Il est toujours possible de visionner sa galerie de trophées, et surtout d’améliorer ses armes, grâce à des points d’honneur obtenus sur le terrain de bataille. Il le faudra bien puisque rapidement, les boss, mais aussi les humains standard, seront de plus en plus dangereux et équipés.
Comme un goût de sang dans la bouche
À l’écran, notre ami Predator évolue au sein d’une arène relativement petite, que quelques éléments infranchissables (un tronc d’arbre, par exemple) viennent égayer. Les humains se signalent d’abord via un radar qui indiquent leur emplacement.
S’il perd évidemment de la vie à chaque fois qu’il est touché, la jauge du Predator se remplit au fur et à mesure et il est rare de tomber au combat, du moins dans les 15 premiers niveaux (le jeu en compte 25). Sa facilité est d’ailleurs un défaut du jeu, même s’il faudrait plutôt parler d’un chasseur trop bien outillé au début.
De façon générale, on peut dire que piloter son Predator est un régal : une fois assimilée, la palette de mouvements autorise toutes les fantaisies et quand les humains s’y mettent, on peut élaborer des tactiques de combat vraiment sympathiques.
Une fois terminé, le jeu débloque un mode Survie qui permet d’allonger la durée de vie.
Le décor en lui-même ne vaut pas vraiment tripette, mais ll est assez représentatif du film… Les graphismes ne sont pas exceptionnels, mais en revanche les animations sont fort réussies, en particulier les mises à mort fort ragoûtantes qui s’offrent en plus un zoom sur l’action.
Du côté des bruitages, on apprécie beaucoup les sons d’éviscération et le cri primal de notre héros lorsqu’une mission est terminée !
Pour conclure
Predators est une excellente surprise, et sans doute l’une des rares adaptations de film réussies sur notre plateforme : des tripes, du bas du front, mais également un arsenal qu’on a tous voulu un jour tester ! L’ambiance est soignée, même si on regrette certes la relative facilité du jeu.
On apprécie énormément que Chillingo ne nous ait pas pris pour des poires, avec un jeu universel, fonctionnant donc aussi bien sur iPhone que sur iPad, avec une meilleure résolution pour la tablette. Pour 2,39 euros, c’est suffisamment rare pour être souligné… Et le jeu sur iPhone comme sur iPad est également agréable.
Une très bonne surprise donc que ce Predators, et une nouvelle perle à glisser autour du cou d’Angry Mob Games.
Version de test : 1.0
Machines de test : iPhone 3G, iPad
Niveau d’anglais requis : faible
Affiliation réseau : Crystal






