Castlevania Puzzle : stop ou Encore ?

Par iMike le 29 juillet 2010 à 18h05

Castlevania Puzzle : stop ou Encore ?

Castlevania, c'est bien. Un match 3, s'il est bien fait, c'est sympa aussi. Mais les deux ensemble ? C'est la greffe tentée par Konami…
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Quand les premières rumeurs autour du développement d’un titre griffé Castlevania avaient commencé àaffleurer, ça sentait plutôt bon : l’iPhone avait démontré la pertinence des jeux de plateformes en 2D malgré des contrôles tactiles, et malgré de nombreux titres indignes des périphériques Apple, Konami allait miser gros sur sa célèbre franchise. On évoquait alors le portage de Portrait of Ruin, sorti sur Nintendo DS…

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Pas de bol : en lieu et place d’un jeu de plateformes, l’éditeur concoctait un… match 3, provoquant la stupeur et l’incompréhension, notamment de votre serviteur qui a traité par le mépris la sortie de Castlevania Puzzle : Encore of the Night, un titre au nom aussi long et pompeux que l’intérêt qui semblait s’en dégager était faible.

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Or, la fameuse maxime « Laisser sa chance au produit » a laissé des traces, et malgré tout, nous nous sommes emparés de ce Castlevania. Le résultat est dans la suite de cet article…

Plutôt que le pieu, essayez le bloc !

Le jeu pour iPhone reprend l’univers de l’épisode Symphony of the Night, sorti en 1997 et qui est considéré par beaucoup d’exégètes comme le meilleur de la série. Le joueur prendra ainsi l’apparence d’Alucard, fils de Dracula et bien décidé àmettre fin aux exactions de son père. Ne déflorons pas l’histoire, compliquée àsouhait, mais notez tout de même que si vous souhaitez y comprendre quelque chose, il faudra maîtriser un bon niveau d’anglais !

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Le jeu consiste basiquement àenquiller des parties de match 3 contre des adversaires disséminés dans les différentes pièces d’un immense château. La carte du jeu est ainsi pleine de pièces bleues àdécouvrir, d’autres rouges nécessiteront d’obtenir un objet ou combattre un boss pour les débloquer.

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Le jeu pourrait en fait se découper en deux parties : le match 3 àproprement parler et tout l’aspect RPG qui constitue pratiquement un jeu àlui tout seul, mais un jeu pas très fun où seuls les fans de la gestion d’inventaire, des points d’XP et autres maîtrise des sorts pourront trouver de l’intérêt. De plus, l’écran de cet inventaire n’a visiblement pas été adapté àun usage tactile, les boutons sont tout petit et peu maniables (un souci que l’on retrouve d’ailleurs dans l’interface générale du jeu).

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Toutefois, cet aspect est inédit pour un match 3 et au fil de sa progression, on prend sur soi d’aller jeter un oeil et s’équiper d’armes différentes, offrant plus de résistance ou de force. Les points d’XP (alloués àchaque franchissement de niveau) pourront être soit distribués « Ã la main », soit de façon automatique par l’ordinateur qui essaie d’équilibrer le personnage.

La fonction Quick Cast est importante : elle permet de glisser jusqu’à4 items qui seront facilement accessibles durant les combats (il est toutefois possible d’accéder àl’inventaire durant une partie). Les sorts et les bonus de vie seront ainsi fort appréciés…

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Un personnage viendra de temps àautre vous donner de bons conseils (attention, il est très verbeux…) et il tient une boutique présente aux quatre coins de la carte. Sa pièce, symbolisée par un cercueil (après tout, Alucard est le fils de son père…), permet également au héros de recouvrer la totalité de ses points de vie.

Peu ergonomique et pas très amusante, toute cette partie RPG donne toutefois un sérieux coffre au coeur du jeu, àsavoir le match 3 !

À jouer au stylet

Les parties de match 3 sont assez particulières. L’écran est ainsi séparé en deux avec àgauche, Alucard et àdroite, l’adversaire du moment. Les pièces de deux blocs tombent du ciel et vous aurez tout loisir de tourner ces fameux blocs comme vous le sentez, le but étant de « matcher » au moins 3 blocs afin de les faire disparaître.

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Le but du jeu est de débloquer des blocs indestructibles en éclatant des blocs àproximité : non seulement ils deviendront destructibles, mais encore cela signifiera un bloc balancé àl’adversaire ! Il est donc capital de décoincer autant de blocs que possible afin de submerger l’ennemi… Dans les faits, le calcul des blocs envoyés chez le copain est plus complexe, mais enfin l’idée est là.

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Mais attention : le jeu ne s’arrête pas lorsqu’un des deux joueurs voit sa zone complètement pleine de blocs. Quand cela arrive, le jeu supprime tout simplement un tiers de la zone, en infligeant une sévère perte de points de vie au malheureux… qui pourra se reprendre et tenter de battre l’autre.

En fait, tout se déroule au centre de l’écran, où sont représentés Alucard et son ennemi : lorsque le sablier situé en bas de l’écran termine sa folle course, il se retourne et calcule alors les dommages infligés àchacun des opposants, selon leurs caractéristiques - si votre Alucard, particulièrement balaise, tombe sur un adversaire faible, il ne sera sans doute même pas utile de se mettre àmatcher comme un fou : vos stats suffiront àle détruire… Un système de jeu bien complexe et bien tordu, parfois frustrant et qui manque de cohérence : pourquoi avoir développé un match 3 alors qu’au final, il ne sert pratiquement àrien ?

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Bien évidemment, cela ne s’entend qu’avec des adversaires faibles, car avec des boss ou des ennemis un peu plus sérieux, le jeu prend une autre tournure et il faut bien l’avouer, la prise de tête dans l’inventaire et l’habileté acquise au fil de sa progression sont bien utiles…

Gros inventaire, petit match 3

Au niveau du gameplay àproprement parler, Castlevania n’est pas le top niveau du genre. Si l’on recherche un match 3 plus emballant et mieux fichu, on pourra se tourner vers Bejeweled 2 ou Woolly Factory, car en l’état, l’expérience de jeu est assez limitée.

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Passons sur l’étrange gestion des victoires, et évoquons le problème principal : les blocs sont très petit. La faute en revient àla place incroyablement grande prise par l’affichage des deux opposants (les animations de baston sont réussies, mais techniquement parlant on n’a pas le temps de les apprécier), ainsi que par la zone de l’adversaire.

Làfranchement, on peut se poser la question de l’intérêt de la chose : la zone de jeu réservé véritablement àl’utilisateur est ridiculement petite. Si le jeu était dédié àl’iPad, pourquoi pas, mais quel est donc l’intérêt d’afficher la zone de l’adversaire de la même taille que la notre ? Aucun.

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Passé ces problèmes aberrants d’ergonomie, le match 3 se révèle très basique, sorte de Columns sans la frénésie de la plupart des jeux du genre.

Malgré tout

Mais alors, pourquoi cette note somme toute pas catastrophique ? C’est que Konami livre avec ce jeu, et malgré ses défauts conséquents, un titre cohérent dans un univers codifié et apprécié. Les graphismes sont repiqués de Symphony of the Night, la bande-son (excellente au demeurant) rappelle fortement l’original, et àforce de perdre contre de banals squelettes, on se force àutiliser l’inventaire, pour son plus grand profit. Sans compter que le plaisir de découvrir de nouveaux décors des pièces des châteaux est toujours présent !

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En bonus, pour ceux qui n’ont pas le temps ni l’envie de se taper le mode Histoire, un mode Arcade permet de jouer au seul match 3 en incarnant un des personnages du jeu original. Une bonne initiative pour s’entraîner, même si sa seule aptitude au match 3 ne suffit pas pour remporter les combats.

En revanche, avec une telle interface on pensait sérieusement qu’un mode deux joueurs allait être disponible : nib.

Pour conclure

On se demande si Konami n’aurait pas eu intérêt àporter directement Symphony of the Night plutôt qu’un ersatz sous forme de match 3. Pas que ce Castlevania soit mauvais en soi - le mélange match 3/RPG fonctionne plutôt bien malgré des choix de gameplay discutables, et quelle richesse ! - mais cet écran de jeu trop petit, cette interface pas conçue pour un usage sur écran tactile de 3,5 pouces (et Konami qui assure que le jeu a été développé exclusivement pour iPhone, hum) ainsi qu’un tarif élevé pour un match 3 pourront paraître àbeaucoup rédhibitoires.

Heureusement, l’ambiance Castlevania et un certain masochisme qui pousse àaller toujours plus loin permettent au jeu de ne pas sombrer sous la moyenne… Après, c’est le fan qui parlera !

Version de test : 1.0.8
Machine de test : iPhone 3G
Niveau d’anglais requis : bon niveau demandé
Affiliation réseau : Facebook

Téléchargez Castlevania Puzzle : Encore of the Night

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