R-Type : un portage avec une âme

Par iMike le 27 août 2010 à 18h05

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R-Type sur iPhone, c'est l'assurance de se manger une belle madeleine, encore faut-il que l'adaptation soit réussie. Cela sera t-il le cas ?
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Aah, R-Type. Quel trentenaire n’a pas usé ses fonds de culottes et ses joysticks sur ce shoot’em up développé par Irem, sorti en 1987 sur borne d’arcade et disponible sur à peu près toutes les plateformes possibles imaginables ? Il n’est que temps pour les jeunes générations de découvrir ce monument du jeu vidéo, qui a inventé certains des mécanismes encore à l’oeuvre chez ses nombreux successeurs…

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Mais pour quelques adaptations de vieilleries réussies, combien compte t-on de ratés ou de foutages de tronche ? Un bon gros paquet (il n’y a qu’à voir le sort que réserve Sega à ses plus prestigieuses franchises). Cela allait-il être le cas de ce R-Type ? C’est ce que nous allons voir presto, hop.

Qu’Irem me suive !

Au moins ce qui est bien avec R-Type, c’est que le scénario peut sonner moderne encore aujourd’hui ! Le jeu met en effet en scène la lutte ancestrale entre le Bien et le Mal, du moins entre l’humanité et le méchant Empire Bydo. Wé, ça doit bien sonner en angliche, mais en français, « empire bydo », ça le fait moins. Bref, on s’en fiche, et en tant qu’Élu Grand Sauveur, il faudra embarquer dans la fine fleur de l’aéronautique spatiale, à savoir le R-9.

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Avion mythique s’il en est, ce vaisseau est en quelque sorte la matrice de tous les appareils que l’on a pu prendre en main dans à peu près tous les shoot’em up sortis depuis. C’est qu’Irem a inventé la grammaire du jeu de tir avec R-Type : non seulement le R-9 a été le premier vaisseau a proposer un tir de charge, dit « beam » ou « charge shot », mais encore le jeu a introduit le concept de module externe - et encore aujourd’hui, R-Type fait figure de shoot moderne. Vous comprendrez donc mieux mon impatience à mettre mes doigts là-dessus.

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Mais comme on l’a dit plus haut, gloups : les portages de jeux célèbres ont une certaine tendance à décevoir, pour rester poli. Heureusement, si Electronic Arts est aux commandes, c’est DotEmu, spécialiste du portage de jeux anciens (Nicky Boom, Golvellius…) qui s’est chargé du développement. Est-ce à dire que tout roule comme sur des roulettes ? Pas tout à fait, mais on est plus proche de la bonne surprise que du ratage complet. Ouf !

En plein dans le Bydo

Je ne vous apprends rien en vous disant qu’il s’agit de tirer sur tout ce qui bouge. Certains ennemis étant plus résistants que d’autres, ils auront besoin d’un coup de main supplémentaire pour fiche le camp. Le R-9 dispose à la base d’un tir tout vilain à base de petits projectiles - fort heureusement, il est possible de charger un tir beaucoup plus puissant, en maintenant appuyé le bouton de tir pendant un moment.
Si ce tir secondaire dépote effectivement, en revanche il laissera le joueur à la merci du moindre tir ennemi durant le temps de charge. À vous de voir…

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Très rapidement dans le jeu, vous allez pouvoir récupérer un module, appelé Force, qui a plusieurs utilités : collé au R-9, il le protégera à l’arrière ou à l’avant. Il est également possible de l’éjecter loin devant soi afin qu’il fasse tout seul un peu de ménage avant que vous n’approchiez ; autant dire que la bonne manipulation de ce bot est essentielle au jeu qui comme pour tous les titres de l’époque, est assez difficile.

Dans le même ordre d’idée, un bit (ça n’est pas sale) pourra également venir vous seconder : il s’agit d’un module se plaçant au-dessus du R-9 et qui absorbera les tirs.

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Dernière chose : au fil de sa progression, on pourra récupérer des power-up permettant de modifier son tir. Il y a là un laser qui va chercher les bestioles dans les coins, une boule de feu qui nettoie les bords de l’écran, un tir multiple… Bref, du classique, mais croyez bien qu’à l’époque tout cela était inédit !

Le jeu comporte les 8 niveaux de l’original et DotEmu a respecté le cahier des charges : on y retrouve tous les ennemis, décors et boss de fin de niveaux, mais aussi le niveau de difficulté si frustrant, mais ô combien enthousiasmant, du jeu de 1987 ! Ceci étant dit, le jeu est loin d’être aussi impossible qu’on l’a dit… du moins dans les premiers niveaux.

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Le studio propose ainsi trois niveaux de difficulté : débutant (continues illimités), difficulté normale (4 vies) et Extrême, à débloquer une fois qu’on en a terminé avec le mode normal. Autant dire que celui-ci, qui propose encore plus d’ennemis à l’écran, est réservé à l’élite des joueurs…

Une adaptation sans compromis

Il faut bien le dire, cette adaptation de R-Type pour notre plateforme est très bien sentie. DotEmu a effectué un remarquable travail de portage et même aujourd’hui, les graphismes sont loin d’être ridicules - on aurait tout de même aimé pouvoir basculer le mode d’affichage comme sur R-Type Dimensions (sur XBox 360) ou Monkey Island 2, deux jeux qui proposent un affichage « d’époque » et un moderne. Mais en l’état, les décors, ennemis et effets sonnent encore bien (mention spéciale à certains boss de fin de niveaux toujours aussi bien fichus !).

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Niveau animation, c’est plutôt pas mal, même si on a remarqué des ralentissements à certains moments. En revanche, la musique et les bruitages ont mal vieilli, mais il est possible d’écouter ses propres morceaux, donc tout va bien.

Le tactile, c’est physique

C’est à ce moment du test qu’il faut évoquer la maniabilité du jeu. Et c’est aussi là que le bât blesse… Nul doute que DotEmu a fait preuve d’une très bonne volonté en mettant au point trois types de contrôles : un tactile classique (le doigt pilote le vaisseau), un tactile + accéléromètre très intéressant (quand le doigt n’est pas posé à l’écran, le vaisseau se pilote à l’accéléromètre), et un mode arcade qui affiche un pad virtuel et deux boutons.

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Le jeu nécessite d’être extrêmement précis pour ne pas exploser en fumée, et très rapide également. C’est pourquoi, en l’absence de boutons physiques, aucune de ces solutions n’est satisfaisante : le doigt sur l’écran masque une partie de l’action, tandis que le pad ne peut prétendre rivaliser avec un équivalent dans la vraie vie.
C’est pourquoi la meilleure chose à faire, de mon point de vue, c’est de passer de l’une à l’autre des méthodes de pilotage : les séquences sans boss peuvent être franchies avec les contrôles tactiles, tandis qu’on aura besoin du pad virtuel pour réussir les zones plus difficiles.

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Encore une fois, DotEmu a réalisé un très bon travail d’adaptation, mais en l’absence d’une « vraie » manette dédiée à l’iPhone, il sera impossible de retrouver les sensations d’antan.

Ceci étant dit, le jeu reste tout de même très agréable à jouer.

Pour conclure

Disons-le tout net : le passage chez Electronic Arts n’avait rien pour nous emballer, l’éditeur étant connu pour ses licences grand public certes sympathiques, mais bien éloigné de l’esprit « hardcore » de R-Type. Heureusement, l’éditeur a laissé DotEmu gérer son affaire comme il l’entendait et on se retrouve avec une excellente adaptation de ce classique.

Un classique qui pourrait en remontrer à certains jeux de tir récents de l’AppStore : les mécanismes du jeu n’ont pas pris une ride et le plaisir de jouer est pratiquement intact, si ce n’était ces fichues commandes.
Alors c’est sûr, on aurait aimé un peu plus d’ambition, que ce R-Type soit un peu plus qu’un simple portage, mais en l’état la licence a été respectée et avec elle, les joueurs, et c’est une bonne nouvelle.

Version de test : 1.3.2
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : non
Affiliation réseau : tableaux de scores en ligne

Téléchargez R-Type

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