Étrangement, l’AppStore ne nous propose que peu de jeux adaptés des aventures de nos super-héros favoris. Pas de Batman (à quand un portage d’Arkham Asylum ?), pas de Superman, pas de Wolverine… Heureusement que Gameloft est là pour relever le niveau - l’éditeur avait déjà dans sa hotte un sympathique Iron Man, mais il frappe encore plus fort avec Spider-Man : Total Mayhem, qui relève encore la barre.
Mais avant de donner les bons points, jetons un oeil au scénario : notre ami Peter Parker fait face à une attaque coordonnée des méchants les plus célèbres et les moins gentils de son répertoire. Tous semblent s’être donnés le mot pour tenter d’anéantir l’homme-araignée qui heureusement pour lui, a de la ressource… et du ressort !
Adaptation libre de l’univers Ultimate (un univers parallèle à la série classique plutôt orienté « ado »), le jeu met en scène Rhino, l’Homme-Sable, Electro, le Bouffon Vert, Doc Octopus et le sympathique Venom. 6 vilains contre un super-héros, pas sûr que Pete en réchappe, à moins que vous ne lui filiez un coup de louche !
Par quelle patte prendre une araignée ?
Le jeu se déroule comme il convient à New York, et qui dit New York dit… grands buildings ! Une (petite) partie du jeu consistera à lancer sa toile sur des points en hauteur et se balancer au gré des vents. Bon, dans les faits, le jeu est surtout un beat’em all consistant à dessouder une incroyable flopée d’adversaires, et pas beaucoup à se balader dans les airs.
Dommage, car après tout Spider-Man est un monte-en-l’air dont les acrobaties aériennes sont notoirement connues. Autre bémol, les niveaux étant très scriptées et prenant la forme de couloirs invisibles, il sera impossible de se payer une petite balade en liberté dans le ciel de New York.
Cette réserve liminaire étant faite, le jeu reste très bien fichu, aussi bien du côté des péripéties qui tombent sur le poil de l’araignée que sur le versant du gameplay, sur lequel nous reviendrons.
Basiquement donc, Spidey devra dessouder du méchant afin de s’ouvrir les portes de la prochaine portion du niveau, jusqu’à trouver le boss et lui mettre la pile. Dit comme ça, il faut bien avouer que le défilement des actions à effectuer est très classique, mais c’est rudement bien fait : on passe d’une scène de baston bien bourrine à une phase de plateformes (heureusement, la caméra se place toujours à peu près bien) suivie par un peu de voltige.
On n’oubliera pas de récupérer le maximum d’orbes qui, prélevées sur les cadavres fumants de ses adversaires ou en défonçant le matériel urbain (vandale) permettront d’améliorer quelques unes des caractéristiques de Spidey. Un petit côté RPG pas vilain mais très peu approfondi, dommage…
Les niveaux, au nombre de 12, sont entrelardés de cinématiques utilisant le moteur du jeu et qui malgré sa qualité, donne parfois à voir des textures pas terribles (Venom n’est pas particulièrement beau, par exemple). Ces courtes séquences (qu’il sera possible de passer) font avancer le scénario du jeu tout en mettant à l’honneur l’un des traits caractéristiques du personnage : l’humour de Peter Parker ! Bon, on ne se tord pas de rire non plus, mais un petit sourire de temps en temps, c’est toujours bon à prendre.
Si le déroulement du jeu n’a rien de révolutionnaire, Gameloft a mis tout son savoir-faire dans le reste, à savoir le gameplay et la réalisation.
L’araignée au plafond
Comme on peut s’y attendre, le joueur pourra diriger Spidey via une classique molette virtuelle à gauche, tandis que le gros des boutons d’actions se concentre sur la droite. Pas beaucoup de surprises à ce niveau, on pensait que Gameloft allait déployer son système de bouton contextuel unique mis en place dans Hero of Sparta 2 dans Spider-Man, mais il n’en est rien - il faudra donc faire de nouveau avec trois boutons permettant de sauter, de frapper et de tirer de la toile.
Dans les faits, on prend très vite le coup et mieux encore : on n’a qu’une hâte, c’est de tester tous les combos possibles et imaginables ! Gameloft a gratifié son tisseur de 20 combos mixant toile et coup de point/coup de pied dont certains sont particulièrement impressionnants, notamment ceux se déroulant dans les airs avec un Spidey suspendu au-dessus du sol qui met la raclée aux méchants.
Un « super coup » à base de toile est également disponible lorsque la jauge de toile (présente sous celle de vie) est pleine. Il suffit de tapoter dessus pour lancer une attaque dévastatrice. À conserver lorsque l’on est entouré par des adversaires un peu trop collants…
Ça n’est pas tout. Le jeu comporte d’autres actions à effectuer qui enrichissent encore le gameplay général : plusieurs boutons éphémères font leur apparition, permettant de lancer une attaque QTE (QuickTime Event), de prendre une photo (Peter Parker est photographe, rappelons-le !) ou encore de recommencer un passage lorsqu’on se gaufre.
Enfin, le dernier élément de gameplay est lié à la nature même du personnage de Spider-Man, il s’agit bien évidemment du sixième sens de l’araignée, qui prévient Peter d’un danger imminent. Ce spider-sens s’active en tous temps et dans toutes les situations… Pour éviter un danger, il suffit de tapoter sur le bouton qui apparaît pendant un court moment, cela lancera une animation QTE au ralenti, graphiquement réussi.
Ce sixième sens s’avère fort utile, et est d’une aide précieuse pour le joueur casual qui ne voudra pas voir mourir trop souvent son héros. Pour les autres, disons que le QTE est à force un peu pesant. Après, rien n’oblige à activer le spider-sens…
En-dehors des photos de Parker, on pourra également récupérer au fil de sa progression des pages de comics, qui permettent d’admirer quelques sympathiques artworks. Trois niveaux de difficulté sont disponibles, ce qui permet de varier un peu les plaisirs, et il sera même possible de récupérer un symbiote…
Hollywood dans l’iPhone
Bon, c’est sûr, la réalisation en 3D n’a rien à voir avec l’exceptionnelle qualité déployée par le moteur Unreal (lire « Epic fait la démonstration du moteur Unreal »), mais tout de même : le jeu est fort joli. Les couleurs sont vives et colorées, et si l’on excepte des textures sur certains personnages comme on l’a vu plus haut, les graphismes sont de haute volée.
L’animation de Spidey et de ses combos de fous est très bien exécutée, et si les seconds couteaux ont assez peu de mouvements originaux, en revanche les boss ont chacun leurs petites manies, ce qui permet au passage de connaître leur point faible.
Quant à la musique, j’ai cru reconnaître dans la bande-son des accents empruntant à la BO des films… mais je peux me tromper. En tout cas, c’est ronflant comme il se doit et ça donne au jeu un petit aspect hollywoodien tout à fait adapté.
En revanche, c’est portion congrue du côté de l’aspect social du jeu, comme souvent chez Gameloft. Peut-être que cela changera avec l’arrivée de Game Center…
Un grand pouvoir implique un grand jeu
Spider-Man : Total Mayhem est un excellent jeu, peut-être l’un des meilleurs du genre, et sans doute supérieur à Hero of Sparta qui était déjà un superbe jeu. Au contraire d’autres productions Gameloft, le héros est incarné et attachant, il est facile à prendre en main et on s’éclate véritablement à virevolter dans tous les sens et déchaîner la fureur des combos.
Avec sa réalisation au petit poil, sa durée de vie (que j’estime à deux heures et demie) que l’on pourra rallonger pour récupérer tous les comics et un univers bien connu de tous, ce jeu fait honneur au personnage de Spidey. Bravo donc, on en redemande !
Version de test : 1.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : dialogues en anglais, mais sous-titré en français
Affiliation réseau : nope









