Electronic Arts a mis un temps infini à proposer son adaptation du jeu de société Risk sur notre plateforme, alors que l’éditeur avait fait preuve de célérité pour Cluedo, Scrabble ou Boggle. Pourtant, le jeu de stratégie au tour par tour, fidèle au poste depuis des décennies et qui a amusé des générations entières durant d’innombrables dimanches pluvieux, n’a rien de bien complexe à adapter. Et la concurrence n’a elle pas attendu que l’éditeur se décide à lancer son portage - on ne compte plus les titres reprenant les règles de Risk en les approfondissant.
Risk sur iPhone ne risque t-il pas de souffrir de la comparaison avec des jeux plus ambitieux… et aussi moins chers ?
Mon futur job, maître du monde
Pas de surprise, le jeu sur iPhone a le même objectif que sa mouture de plateau, à savoir écraser ses adversaires et devenir le maître du monde mouhahahahaha. Pour ce faire, chaque joueur dispose d’une armée répartie sur la surface de la planète, découpée en 6 continents et 42 zones. Il s’agit de conquérir toutes les zones pour remporter la partie.
Pour gagner un territoire, il faudra disposer d’un bataillon plus important sur un territoire adjacent et se lancer dans un farouche combat de dés ! Le nombre de dés peut être d’un maximum de 3, selon le nombre de régiments dont on dispose (un seul régiment signifie un seul dé, par exemple). En cas d’égalité, c’est l’attaquant qui perd un régiment.
Le jeu offre en plus la possibilité de lancer une attaque nucléaire permettant d’empocher plus rapidement et plus facilement le territoire convoité. Ce mouvement mêle comptabilité brute (un adversaire faible sera une proie facile si l’on dispose d’un nombre conséquent de régiments) et hasard (un adversaire peut très bien déjouer l’attaque).
Le jeu comporte trois phases : celle où l’on reçoit un certain nombre de régiments à dispatcher sur ses territoires, celle de l’attaque pendant laquelle on peut partir à l’assaut d’un nombre illimité de territoires, et celle de fortification permettant de renforcer les régiments d’un territoire et d’un seul.
Au fil de sa progression, le joueur reçoit également des cartes Risk lors de la prise d’un continent ou de l’anéantissement d’un adversaire. Celles-ci permettent de multiplier le nombre de régiments supplémentaires que l’on reçoit au début de chaque tour (3 au minimum, quel que soit votre situation). Ce nombre augmente également si vous possédez un ou plusieurs continents.
Drôle de cartes
La gestion des cartes n’a rien de franchement évident puisqu’on ne peut pas les consulter durant la partie ! C’est le jeu qui proposera de les échanger contre des régiments (il ne propose d’ailleurs que les meilleures combinaisons). Mais on aurait aimé avoir la main là-dessus…
Autre hic qui viendra heurter la sensibilité des puristes : si l’on prend patience, ces cartes bonus permettent de recevoir des contingents de 50 régiments ! De quoi renverser complètement le cours d’une partie… C’est sûr, ça rajoute du piquant, mais une partie peut être pliée dès qu’un joueur reçoit une tel renfort. En tout cas, c’est une innovation par-rapport au jeu de plateau original…
Autre heurt, l’absence de cartes Mission, normalement remises au début de la partie et qui permettent de valider la victoire d’un joueur s’il remplit l’objectif assigné : Electronic Arts a voulu faire simple et casual ! Pourquoi pas, mais pourquoi n’avoir pas proposé plusieurs modes de jeux en ce cas ? Car on est loin du Risk original…
Pas tout à fait Risk
Tout cela mis à part (et c’est tout de même d’un gros morceau dont on parle), le jeu s’avère plutôt sympathique, si l’on n’est pas un adepte du jeu de plateau. L’IA est bien fichue et parfois redoutable, mais le coup du renfort de 50 régiments peut mettre à mal une stratégie patiemment mise en place.
Il est possible de combattre jusqu’à 5 adversaires IA, ce qui permet de varier les plaisirs, et de sélectionner les territoires que l’on souhaite occuper (en standard, la mappemonde se remplit au hasard). Un mode multi jusqu’à 4 joueurs, en wifi ou Bluetooth, est disponible, mais uniquement en local et non en ligne, ce qui est une constante pour les jeux Electronic Arts - qui devrait sérieusement investir dans des serveurs, il n’est pas normal qu’un tel éditeur ne puisse proposer un multi en ligne. Attention, nous avons été confronté à des soucis de connexion lors de nos parties multi.
En revanche, et au vu de la nature du jeu, le mode pass’n play est particulièrement bien vu (jusqu’à 6 joueurs).
La réalisation n’a rien de franchement transcendant, mais ça n’est pas la première chose qu’on attend d’un tel jeu. On apprécie toutefois de pouvoir zoomer sur la carte (ce qui est d’un intérêt très relatif, avouons-le), et les animations présentes ici ou là (explosions, régiments qui se mettent en branle…) Il aurait été bon qu’EA propose d’autres maps, on peut ne pas être sensible au fluo…
Pour conclure
Risk pour iPhone est une adaptation en-deça de la version de plateau. Il y a de sérieux manques (cartes mission, gestion des cartes…) et l’absence d’un multi en ligne est difficilement compréhensible. Rédhibitoire ? Quand on s’appelle Risk, oui. Mais ce portage se révèle intéressant en tant qu’introduction au concept de stratégie au tour par tour. Les fans purs et durs de l’original se sentiront en revanche floués par les absences…
Pour eux, on pourra conseiller Dominion, voire Modern Conflict, dans un concept très proche.
Version de test : 1.4.88
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : entièrement localisé en français
Affiliation réseau : peaud’








