Il fut un temps, que les moins de 20 ans ne peuvent connaître, où les simulations de course de bagnoles consistaient surtout à aller le plus rapidement possible en évitant les véhicules qui avaient le mauvais goût de ne pas rouler aussi vite que vous. Pas de modifications de voiture, pas de raccourcis, pas de frein à mains, de virages à 90° ou de scénario alambiqué : juste du jeu d’arcade tout simple mais prenant.
Et le jeu qui a lancé le genre est l’indétrônable OutRun, dont les plus anciens se rappelleront avec un pincement au coeur (et au porte-monnaie, vu les sous perdus dans la borne d’arcade) de la conductrice avec les cheveux dans le vent et la traversée des États-Unis à toute bringue.
Étrangement, aucun éditeur n’a pu ou voulu reprendre la franchise, et le gameplay bien particulier de l’ancêtre n’a pas vraiment essaimé sur notre plateforme, si ce n’est quelques tentatives peu convaincantes. Le studio Oyatsukai tente sa chance avec Final Freeway, qui a tout du successeur certes illégitime, mais réussi, de son modèle.
Une parfaite conduite
Difficile de faire plus simple que ce Final Freeway, dont le seul et unique but est d’arriver au bout du parcours composé de 6 tronçons. Pour chaque, le pilote chevronné disposera d’un certain laps de temps qui s’égrènera quoi qu’il arrive ; à chaque check-point, le compteur gagne de précieuses secondes supplémentaires. Et celui qui n’a pas vécu l’incroyable sensation de franchir la ligne du check-point lorsque le compteur est passé à zéro et en reprend pour un tour n’a jamais vraiment connu le bonheur éphémère.
Au contraire d’OutRun, qui proposait de bifurquer de temps en temps, Final Freeway n’offre aucune route secondaire : une route et une seule, un ruban de bitume qui parcourt les États-Unis à toute blinde. Et au milieu, une voiture rouge visiblement issue d’une écurie dont le logo est un canasson jaune, qui doit non seulement filer à la vitesse de la lumière, mais également éviter de se manger une voiture de quidam ou un platane.
Rassurons-nous immédiatement : la carrosserie ne prendra pas un pet et les accidents n’existent pas dans le monde merveilleux de Final Freeway. Le seul inconvénient est de perdre du temps, et ça c’est la chose la plus précieuse à préserver.
Vroum à l’ancienne
Si le « concept » du jeu est ultra simple, les commandes également. On pourra ainsi piloter son véhicule grâce à l’accéléromètre, mais aussi avec par le biais d’une réglette tactile qui, à l’usage, se révèle bien fichue et pratique. Évidemment, on favorisera le pilotage à l’accéléromètre pour plus de sensations.
L’écran affiche également une pédale d’accélération et de freinage, l’usage de cette dernière pouvant être rapidement oublié. Les options d’affichage sont bien vus, le joueur droitier comme gaucher y trouvera son compte facilement. On pourra également choisir d’avoir un horizon fixe ou mobile, ainsi qu’un choix de 3 morceaux qui n’auraient pas déparé dans l’OutRun original - malheureusement, si l’on peut ne rien écouter du tout, il est impossible de choisir un des morceaux de sa bibliothèque audio.
Globalement, le jeu se montre vraiment fun et digne de son modèle, autant que je m’en souvienne. Dommage qu’il ne s’en éloigne jamais, par exemple en glissant des bonus sur la route (points, turbo, temps gagné…) qui auraient permis de pimenter un peu plus la course.
Dans le même genre, le Trucker’s Delight de Mobigame avait repris le concept tout en l’adaptant intelligemment (notre test), même si on s’y embêtait au bout d’un certain temps. Dans Final Freeway, la présence d’une fin au jeu et l’aspect ouvertement repiqué sur OutRun permettent au titre de s’en sortir mieux que le jeu de Mobigame.
Une meilleure soupe dans un vieux pot d’échappement ?
Question graphique, Final Freeway l’affiche plutôt bien - évidemment, il ne faudra pas s’attendre à des prouesses type Need for Speed, mais ce qu’on voit à l’écran est suffisamment joli pour pousser le joueur à découvrir ce qui se cache derrière le checkpoint… Les décors sont aisément reconnaissables, des champs de vignes rappelant la Californie aux immeubles de New York.
Ceci étant dit, on n’aurait rien eu contre un peu plus de soin sur la végétation ou un peu plus de diversité sur les sprites du bord de route, tous semblables.
On apprécie en revanche la variété des véhicules sur la route (qui font rien qu’à vous coller des queues de poisson).
Le bonus de Final Freeway est qu’il offre des performances appréciables aussi bien sur iPhone 4 (le jeu bombe à toute allure), sur iPad (il est universel) que sur des machines plus modestes. On ne peut vraiment dire que le titre soit particulièrement complexe, ce qui explique qu’il fonctionne parfaitement sur tous nos périphériques de test.
Pour conclure
Final Freeway est amusant et réussi, en ce sens qu’il capture ce qui fait l’essence de son modèle : de la vitesse, du fun, des décors façon 8 bits, mais de cheveux dans le vent, dommage. Mais comme OutRun, il est aussi très limité et fait pâle figure face aux cadors du circuit ; difficile d’y passer plus de 10 minutes sans s’embêter. Cela explique sa note que certains jugeront basse, mais qui pourra être réévaluée si Oyatsukai rajoute des nouveautés dans de prochaines mises à jour (OpenFeint, course avec ghost, choix de nouvelles voitures, que sais-je). En tout cas, ami nostalgique, ce jeu est pour toi !
Version de test : 1.2
Machine de test : iPhone 4, iPad
Niveau d’anglais requis : pas besoin
Affiliation réseau : nib’





