Gobliiins : trois points sur les i

Par iMike le 5 novembre 2010 à 18h05

Gobliiins : trois points sur les i

Après R-Type, DotEmu s'attaque à un autre monument du jeu vidéo. La fortune sera t-elle identique ? C'est ce qu'on verra dans ce test…
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Écoutez bien les enfants, tonton Mickaë l a une belle histoire àraconter. Il était une fois, dans le monde merveilleux du jeu vidéo, une époque bénie où il suffisait d’une bonne idée et d’un savoir-faire d’artisan pour pondre un jeu tout seul, ou presque. C’est ainsi qu’en 1991, naquit sur les ordinateurs de l’époque un jeu qui, développé par seulement deux personnes, Pierre Gilhodes et Muriel Tramis, n’en a pas moins été un hit dont les échos sont parvenus jusqu’ànotre temps présent. Il s’agit bien évidemment de Gobliiins, un jeu d’énigmes bien plus que d’aventures, une saga qui a connu plusieurs itérations dont la dernière en date nous provient de DotEmu, qui s’est occupé du portage du premier épisode sur iPhone et iPod touch.

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Merci tonton Mickaë l, c’était vraiment intéressant. Maintenant que le vieux croà»ton a fini son histoire idiote, revenons en 2010 avec cette adaptation d’un classique du jeu vidéo, assurée par un studio qui a l’habitude de ce type de développement (R-Type, c’était aussi DotEmu àla manÅ“uvre) et qui ne prend pas les joueurs pour des poires. Mais Gobliiins n’est pas un shoot’em up, et aussi rétro qu’il paraisse, son portage sur notre plateforme ne va pas forcément de soi. Voyons donc voir comment s’en sont tirés nos petits gars de DotEmu, édité cette fois par Bulkypix.

Trois i pour autant de lutins

Le jeu débute alors que durant son festin, le roi Angoulafre devient soudainement fou àlier. Que se passe t-il ? Peut-on dégotter un antidote ? Fort heureusement, oui. Mais pour sauver la couronne, il faudra du courage, de la jugeote, et… trois lutins ! La cour envoie ainsi Oups, Ignatius et Asgard àla chasse au remède, au sein de tableaux tous plus tordus les uns que les autres.

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Ces trois lutins ont chacun une particularité. Oups est le technicien de la bande, qui sait ramasser les objets et les utiliser àbon escient (ou pas). Ignatus est un magicien dont les sorts ont un résultat différent suivant l’usage qu’il en fait. Enfin, Asgard est la brute du lot, qui sait aussi bien taper que grimper àla corde. Ces trois-làsont complémentaires et tous auront un rôle àjouer dans chacun des tableaux du jeu.

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Le titre se compose donc de 22 niveaux qui sont autant d’énigmes : on y trouvera des objets àutiliser, des pièges àéviter, des choses àfrapper, le tout àréaliser dans un certain ordre et sans trop effrayer nos trois amis ! Une barre de vie commune en bas de l’écran baisse àchaque mauvaise action ou peur panique d’un des lutins. Heureusement, le temps est illimité (même si nos héros auront tendance às’ennuyer et vous le feront savoir) et il s’agit de bien réfléchir àce que l’on fait avant de lancer telle action.

Maman, c’est trop dur

C’est làqu’entre en scène une des interrogations métaphysiques de votre serviteur : il faut croire qu’au début des années 90, le joueur était plus intelligent, malin et habile qu’aujourd’hui. Les énigmes, directement tirées du jeu original comme on s’en doute, sont incroyablement compliquées ! Il faut faire preuve d’un esprit un peu tordu et d’une grande inclinaison àla malice pour trouver seul ce qu’il faut faire dans chacun des tableaux.
Pourtant, on trouvera dans chaque niveau des points d’interrogation cachés qui indiquent qu’une action est possible.

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Pour la bonne bouche, voici la résolution d’un des premiers tableaux, le niveau 4. Nos lutins sont dans l’antre d’un sorcier. Il s’agit tout d’abord de lancer un sort sur une plante, puis de la grimper avec le guerrier. Un pot qui traîne sur un bureau devra être ramassé, dans lequel se trouve une guêpe (invisible, soit dit en passant), puis d’utiliser le tout sur une deuxième plante afin de l’anéantir.
Il faut ensuite mettre un coup de latte dans un grimoire, de ramasser un diamant puis de le donner au sorcier en grimpant sur le bouquin !

Simple et évident, non ?

Il semble en fait qu’au début des années 90, le joueur avait plus de temps devant lui et n’hésitait pas àtester TOUTES les solutions possibles (sans compter que les créateurs du jeu ont multiplié les fausses pistes) afin de franchir les niveaux. Le temps, c’est devenu la chose la plus coà»teuse aujourd’hui, et DotEmu n’a pas voulu braquer les joueurs habitués àêtre pris par la main ; c’est pourquoi un système d’astuces permet de savoir ce qu’il faut faire àtout moment.

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Il s’agit bien évidemment de ne pas trop en abuser car ces trucs révèlent en fait la solution de chaque tableau ! Il aurait peut-être été meilleur de rédiger ces astuces sous forme de charades ou d’énigmes, pour rester dans le ton du jeu ! Quoi qu’il en soit, on ne restera pas coincé dans un niveau, c’est toujours ça de pris.

Il manque une souris

Gobliiins étant un jeu au gameplay proche du point & clic, une jouabilité pas évidente sur un écran tactile, les développeurs ont mis au point non pas un, mais deux jeux de commandes. Le premier consiste àpointer du doigt làoù on souhaite qu’un des lutins (préalablement sélectionné dans la boule de cristal), et d’activer son menu d’actions (aller, poser, jeter un sort, taper…) en maintenant son doigt une seconde. Le hic, c’est que le lutin file automatiquement làoù se pose le doigt quand on voudrait qu’il ne bouge pas.

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L’autre est plus proche du curseur d’une souris : on pilote une flèche et lorsque le doigt se soulève, le menu contextuel apparaît. Sans doute le mode le plus efficace même si une fois posé, le curseur attend qu’une action soit tapotée… Du coup, lorsque l’on pose son doigt sur un autre endroit de l’écran, la souris reprend sa course de l’endroit où elle attendait. Plus facile àvoir qu’àécrire je vous l’accorde, mais ni l’un ni l’autre de ces modes ne sont pleinement satisfaisant, malheureusement.

En revanche, le jeu comportant très peu d’action, il ne sera pas vraiment nécessaire de parfaitement maîtriser ces deux ergonomies bien spéciales pour s’en sortir, mais avouons que c’est parfois frustrant.

Une réalisation comme dans eul’temps

Tout cela est bel et bon et si vous ne faites pas trop souvent appel aux astuces, le jeu devrait vous faire perdre plusieurs heures qui auraient normalement été consacrées àun travail de bureau honnête. Mais qu’en est-il de l’adaptation en elle-même ? On a vu que DotEmu avait rajouté le fameux système de trucs ainsi que deux jeux de commandes… et le studio a fini làson travail d’adaptation.

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Les graphismes, le son, les animations (rigolotes mais réduites) sont véritablement d’époque ! Il n’était d’ailleurs pas question d’en faire un remake ou comme chez LucasArts avec la série des Monkey Island, une version moderne par-dessus la classique (lire notre interview de DotEmu). La réalisation, notamment graphique, a été semble t-il légèrement rehaussée par-rapport au jeu original pour ne pas apparaître trop pixellisée sur iOS, mais sans plus. Certains pourront le regretter, mais c’est l’assurance de retrouver sa madeleine sur iPhone…

Pour conclure

Pas de mauvaise surprise : avec DotEmu, on est dans de bonnes mains et celui qui voudra retrouver les sensations du bon vieux temps pourra se précipiter sur cette adaptation de Gobliiins, bien maîtrisée et qui permettra même aux plus jeunes générations de s’amuser… si elles n’ont pas peur de se frotter àun titre capillotracté au possible !

La question est maintenant de savoir si le concept même de ce genre de jeu n’a pas trop vieilli et s’il était bien pertinent de proposer sensiblement le même jeu aujourd’hui. Làoù LucasArts a su évoluer avec son temps, Gobliiins ne s’adresse visiblement qu’aux fans (hardcore) du retro-gaming.

Téléchargez Gobliiins

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