Capcom Arcade : même marmite, vieille soupe ?

Par iMike le 8 novembre 2010 à 18h06

Capcom Arcade : même marmite, vieille soupe ?

Le rétro-gaming est-il soluble dans le freemium ? Avec un tel catalogue de hits, Capcom tente le coup et le résultat est mi-figue, mi-raisin.
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Capcom part dans une direction inattendue. Après avoir bien cartonné avec Street Fighter IV, impeccable adaptation réputée casse-gueule, sorti quelques jeux intéressants (Phoenix Wright, Resident Evil 4) et des titres sans trop d’intérêt (Ghosts’n Goblins, Bombes en Chaine), l’éditeur se lance dans le freemium avec plusieurs jeux sortis ces derniers jours. Parmi eux, on compte Lil’Pirates ou Zombie Café, mais Capcom n’en oublie pas son énorme catalogue de hits qu’il s’agissait d’exploiter encore un peu (après tout, les fans de rétro-gaming sont aussi ceux qui ont les moyens d’assouvir une telle passion).

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C’est pourquoi le studio nippon lance avec Capcom Arcade le pendant de la salle de jeux de notre enfance, celle dans laquelle les plus anciens d’entre nous avons dilapidé des centaines et des milliers de francs. Véritablement présenté comme une salle d’arcade, on y flânera comme dans l’ancien temps, mais sans l’odeur âcre de la clope. Et tout ça gratuitement ? Presque.

Ça sent la sueur et la clope

La base est la suivante : chaque jour, Capcom « offre » 3 jetons qui permettront de jouer gratuitement 3 fois sur n’importe quelle borne d’arcade. On peut jouer 3 fois au même jeu (attention, un continue vaut un jeton !), une fois à3 jeux différents, ou panacher ce choix. Si l’on veut aller plus loin ou assouvir l’addiction, il est possible d’acheter de nouveaux tokens, àraison de 10 jetons pour 0,79 euro, au sein d’une boutique intégrée. Il est également possible d’acheter au complet les jeux proposés, contre 2,39 euros la borne, ce qui donnera la possibilité de jouer dessus sans retenue.

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Histoire d’assécher encore plus le porte-feuille du joueur, Capcom a mis en place un système de triche, qui moyennant finances (0,79 euro) permet de débloquer des items spéciaux pour chaque jeu (taux de critique amélioré, vies supplémentaires…) Quand je pense que ce genre de bonus était auparavant disponible gratuitement via un cheat-code, y’a pas de petit profit ! Autre petit plus : un catalogue d’images qui pour chaque jeu, se remplit petit àpetit.
Avec un tel catalogue de vieilleries, Capcom a de quoi voir venir et proposera chaque mois une ou plusieurs autres bornes d’arcade supplémentaires.

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Voilàpour le principe : rien n’est gratuit dans la vie, et les bornes d’arcade encore moins ! Maintenant, s’il nous fait plaisir de jouer àces vieilleries adorées, est-ce qu’elles ont vraiment une place dans nos iPhone et iPod touch ? Certains pourront râler, sentant qu’ils se font enfler pour payer des jeux qui ont eu dix fois le temps d’être rentabilisé et dont les prouesses graphiques feraient honte àn’importe quel gamer aujourd’hui. Mais la nostalgie, camarade, est toujours la plus forte et rien n’empêchera jamais les joueurs de continuer àcroquer dans une si délicieuse madeleine…

Reste maintenant àsavoir si Capcom s’est fichu de notre nostalgie ou pas, àl’instar de Sega qui facture au prix fort des jeux émulés. L’équipe de FunTouch s’est plié en quatre pour vous proposer les quatre mini-tests suivants !

1942, par Johz. Note : 2/10

1942, ancêtre des shoot’em up, a très mal vieilli, soyons clair dès le début. De la même façon que la plupart de ses compères, pas de scénario, seulement du shoot d’avions avec un petit coucou tout ridicule.

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Comme dans tout bon shoot qui se respecte, notre petit oiseau ne se contentera pas d’un simple tir. Celui-ci évoluera au fil des bonus récupérés ici ou làsur les cadavres encore fumants de nos ennemis.

Parmi les armes àrécupérer, on retrouvera l’atout majeur de notre avion : la possibilité de tirer 4 balles au lieu de 2, ainsi que les petits avions amis venus en renfort.

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Les autres bonus feront exploser tous les ennemis ou les épuiseront de toutes leurs munitions pendant 15 secondes. Avec un peu de chance, vous pourrez même attraper une vie supplémentaire. De plus, les munitions sont illimitées et l’avion tire tout seul, ne vous revient que la qualité de pilote dans ce titre.

Pour le reste, le jeu offre peu de profondeur au niveau du gameplay. Ce dernier est fort classique et pour cause, c’est la loi du genre, mais pas de mauvaises surprises àl’horizon. Notre petit avion se dirige parfaitement au doigt et peut exécuter via un bouton des loops pour éviter les tirs ennemis. Làencore, l’animation de ces loops laisse àdésirer et se déclenche bien trop tard.

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Graphiquement parlant, 1942 est moche. Peu d’ennemis différents, aucune animation, des décors tout plat, tout moche. Il n’y a pas àdire, ça a très mal vieilli ! Rajoutons àce tableau noir une sous-exploitation de l’écran de l’iPhone (un peu plus de la moitié seulement), et le plaisir n’est absolument pas au rendez-vous. La bande sonore quant àelle est insupportable au possible, des sons oldies àranger au placard !

Enfin, parlons de la difficulté du soft. Seulement trois vies avant de périr, et au moindre contact avec un avion ennemi, c’est une vie de perdue. Quand on sait que nos chers ennemis se permettent d’apparaitre àla vitesse de l’éclair par le dessous de l’écran, on perd vite patience et on coupe vite notre partie.

A oublier donc, et très vite !

À noter que Capcom a proposé un remake de 1942 pour iOS, qui est au moins aussi pathétique que cette version originale (lire notre test).

Street Fighter II, par Yoshi. Note : 8/10

Fan de Street Fighter devant l’éternel (enfin un peu, je considère « seulement » la série comme la meilleure des jeux de combat), je me suis rué sur Capcom Arcade et bien entendu sur Street Fighter II. Pour préciser (Street Fighter II est l’un des jeux ayant connu le plus de déclinaison), il s’agit ici de la première version de Street Fighter II, sous-titrée The World Warrior, sortie en 1991 et comprenant huit combattants : Ryu, Ken, Honda, Chun-Li, Blanka, Zangief, Guile et enfin Dhalsim.

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M. Bison, le grand méchant, invite donc nos huit guerriers àun tournoi de « combattants de rue  ». Le gagnant aura bien sà»r le droit de l’affronter dans le combat de fin, qui scellera l’avenir du monde ! Rien que ça... Bon, au final, tout cela se résume àhuit combats en deux rounds gagnants àla suite, tout comme celui de Street Fighter IV en somme. Entre temps, on aura droit àun petit stage bonus bien sympathique où l’on devra casser de la voiture.

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Du côté des contrôles, Capcom a pas mal pioché dans son interface mise en place pour Street Fighter IV. On retrouve donc le joystick, Ainsi que le bouton SP propre ànotre plate-forme et qui permet de lancer les coups spéciaux. Heureusement, vous pouvez aussi retrouver vos marques prises sur les bornes d’arcade en remettant les six boutons originaux, c’est-à-dire les coups de poing et les coups de pied en trois versions chacun : faible, moyen et fort. Pour les coups spéciaux, il faudra passer par des combinaisons plus difficiles. Malheureusement, contrairement au dernier épisode, aucune trace de la liste de ces combinaisons quelque part.

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En parlant de difficulté, Capcom a pensé aux petits bras et propose en outre de la difficulté originale, une « difficulté iPhone  » (c’est d’ailleurs le cas pour tous les jeux proposés). On notera aussi la possibilité de mettre le jeu en plein écran, même si les personnages seront alors cachés presque entièrement par les boutons virtuels. Par contre, bizarrement, on ne pourra changer ces deux paramètres qu’avant de lancer le jeu, seules les touches sont modifiables pendant la partie.

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Un autre point dommageable, c’est qu’il n’est pas possible (pour l’instant ?) de jouer àplusieurs. On devra donc se contenter de faire des combats àla chaîne tout seul. Il arrivera tout de même qu’un personnage vous demande en duel sur la borne d’arcade (la seule où cela soit possible), une façon artificielle de recréer l’ambiance des parties endiablés de votre enfance, que je n’ai pas connu malheureusement. Pas de doute, cet adversaire est très fort, j’ai même perdu contre lui, c’est pour dire. ;-)

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Au final, on s’amuse bien avec ce Street Fighter II qui reste encore aujourd’hui une des références des jeux de combat, malgré l’arrivée du quatrième épisode récemment. Pas de doute, Capcom s’est contenté du minimum il faut le dire, mais les quelques possibilités offertes sont bien plaisantes.

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Ghouls’n Ghosts, par iMike. Note : 6/10

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Aah, Ghouls’n Ghosts. Célèbre jeu d’action en scrolling horizontal en 2D, ce titre a connu des suites, dont Ghosts’n Goblins, qui a été adapté (deux fois !) pour notre plateforme, avec plus ou moins de bonheur (lire notre test). Mieux valait donc s’en tenir àl’original, qui finalement n’a pas si mal vieilli.

On incarnera donc le roi Arthur parti àla chasse aux monstres en tout genre, parti se venger contre les méchants qui ont envahi son royaume. Notre héros a plusieurs atouts dans sa manche : une armure, et plusieurs armes.
Parmi l’arsenal, on compte des bombinettes de napalm, une épée, des poignards volants… On démarre d’ailleurs la partie avec ces derniers et au final, cette arme se révèle sans doute la plus pratique. Quant àl’armure, elle permet de se prendre un coup sans mourir…

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Le jeu consiste donc basiquement àdessouder du monstre, sauter par-dessus les obstacles et tenter de s’en sortir sans dommages… La maniabilité est simple àprendre en main, mais on ne retrouve pas la réactivité du joystick mécanique de l’époque. Dommage, on est souvent amené àse tourner rapidement pour exploser un squelette…

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Ghouls’n Ghosts est avec Street Fighter II le jeu le plus sympathique et qui a le moins mal vieilli ! Les graphismes sont certes d’époque (très « ZX-81 style »), mais ils restent lisibles. Par contre, attendez-vous àgalérer : le jeu est salement balaise, petit souci de maniabilité mis àpart ! Les vies défilent comme du sable entre les doigts, et si vous êtes accro àce genre de jeu, mieux vaudra carrément acheter le titre.

Commando, par iMike. Note : 3/10

Très proche dans le concept de 1942, Commando est sorti en 1985 sur borne d’arcade, avant d’essaimer sur toutes les plateformes des années 80 (et c’est pas peu dire !). Digne adaptation des films patriotes US idiots de l’époque, on y dirigera Super Joe, un… super soldat, bien vénère.

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Une fois déposé sur le terrain de bataille, notre ami Joe devra dessouder l’armée ennemie, peu importe laquelle. Dans son arsenal : une mitrailleuse aux munitions illimitées, et des grenades (limitées, elles). Il devra tuer tous les soldats qui passent par votre chemin, mais ces derniers déambulant comme des poulets sans tête et tirant de façon aléatoire, on passera plus surement son temps àles éviter plutôt qu’àles viser finement.

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Si les balles de la mitraillette peuvent aller dans les 8 directions, le tir de grenade se limite àla balancer droit devant soi. Au niveau des commandes, c’est de l’ultra-basique, mais on note un petit effort sur le pad virtuel qui ressemble àcelui de Street Fighter II… ça reste réactif, mais hélas c’est vraiment du gameplay hyper basique et peu emballant.

Si Commando a lancé la mode du jeu de tir vu de dessus avec autre chose qu’un vaisseau spatial, le titre a salement vieilli. Passe encore que les ennemis se contentent de trajectoires aléatoires, mais tout le reste est pas terrible : le jeu est mou, moche et sans intérêt. Du shoot’em up extrêmement basique en somme, qui ne vaut pas que vous dépensiez des tas de jetons.

         

Pour conclure

Sentiment partagé donc pour cette première livraison de bornes d’arcade : deux jeux sur quatre ont franchement vieilli et sont désormais indignes qu’on leur crache quelques tokens. En revanche, satisfecit concernant Street Fighter II et Ghouls’n Ghosts, qui s’en sortent avec les honneurs malgré les ans. On verra si la formule initiée par Capcom tiendra la route sur la durée, mais la possibilité de jouer un peu tous les jours sans avoir àraquer permettra déjàde retrouver un peu des sensations d’antan.

Version de test : 1.00.00
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : pas vraiment
Affiliation réseau : peaud’

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