Aralon : le souffle de la grande aventure

Par iMike le 20 décembre 2010 à 18h05

Aralon : le souffle de la grande aventure

Si vous comptez vous isoler sur une île déserte pendant quelques jours, voici le jeu idéal pour vous accompagner.
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L’histoire de la conception d’Aralon est au moins aussi singulière que le jeu en lui-même. Ce titre, annoncé début mars 2010, marchait dans les pas de Ravensword avec son monde ouvert en 3D… Autant l’aventure paraissait prometteuse, autant en revanche sa réalisation décevait : le jeu développé par le studio Galoobeth Games se révélait incroyablement moche.

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L’atmosphère du titre, qui n’est jamais sorti en tant que tel, n’a toutefois pas manqué d’attirer le regard de Crescent Moon, développeur de… Ravensword, justement, qui a décidé d’entreprendre un ravalement de façade complet et exhaustif du jeu original. Ça a pris quelques mois, mais au final, le résultat est là. et malgré quelques soucis techniques épars (mais pénibles), cet Aralon nouveau s’impose derechef comme digne successeur de Ravensword, et surtout comme le meilleur représentant du genre RPG temps réel en 3D sur notre plateforme.

À l’assaut d’Aralon

Votre père n’est pas celui que vous pensiez qu’il était. C’est un de ses amis mourant sur les carreaux du sol de la cuisine qui vient vous déballer toute l’affaire juste avant d’y passer… Il se trouve que le brave fermier n’était autre que le capitaine de la garde royale du roi Owyn, régnant sans partage sur les terres du royaume d’Aralon. Malheureusement, mal avisé par le sombre conseiller Merificus, votre père a été déclaré traître àla couronne et obligé de s’enfuir dans un patelin nommé Timber’s Bend.
Et vous voilààdevoir réussir ce que votre père a échoué : libérer la terre d’Aralon du déclin et des forces du mal. Et y’a du boulot.

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Le premier travail du joueur sera de sélectionner une race (humain, elf ou troll) ainsi qu’une classe, qui permettra de peaufiner son profil. On sélectionnera également un niveau de difficulté - et Crescent Moon n’a pas oublié qu’il s’adressait aussi àun grand public qui n’a pas forcément l’habitude du genre, d’où la présence d’un mode casual bienvenu.
L’avatar (mâle ou femelle) pourra être personnalisé, du moins au niveau de sa tête avec différentes coiffures et visages. Cet éditeur, pour sympathique qu’il soit, est bien loin d’offrir les raffinements de son équivalent des Sims, mais enfin, on ne va pas chipoter.

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Notez que le jeu comporte, outre une sauvegarde automatique, 5 slots de profils, si l’envie vous prenait de tester toutes les races proposées dans différentes configurations ! Mais àmoins de vivre enfermé dans une cave pendant trois mois sans manger ni boire ni dormir, on essaiera de maintenir un seul avatar - mais sachez que rien ne vous empêchera de tenter de nouveau l’aventure avec un nouvel héros. Si vous êtes asocial comme moi.

Ensuite… c’est parti pour la grande aventure !

Le voyage va être long

La maniabilité est relativement simple àprendre en main, mais demande un peu d’entraînement : si on a pris l’habitude de tourner autour du héros en bougeant le pouce droit, la sensation est assez différente d’un titre Gameloft, par exemple. Le mouvement de la caméra est en effet très rapide et le zoom particulièrement puissant.
Le jeu propose trois vues : deux derrière le héros (relative et fixe) et une en vue subjective tout àfait étonnante mais qui permet d’admirer un peu mieux les décors !

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L’interface du jeu est relativement simple : on y trouve la molette de déplacement, un dock qui peut contenir 10 objets et capacités (et qui font office de liens rapides), et un bouton d’action. Celui-ci est contextuel et permet d’entamer la conversation, d’ouvrir un coffre ou une porte, de se lancer dans la baston…
Dans les moments un peu chauds du jeu (et cela arrive somme toute assez souvent), il arrive que l’on s’emmêle les boutons entre ses différentes fonctions (on saute du bouton de frappe àcelui de la parlotte sans crier gare), ou pire : la touche contextuelle étant située juste àcôté du fameux dock, il se peut que l’on active le contenu d’un slot sans le faire exprès… Ce qui peut être une belle source de confusion.

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Notez que ce problème n’existe que sur la version pour iPhone et iPod touch : la mouture iPad (le jeu est universel) voit ses différents boutons largement éloignés les uns des autres. Malheureusement, cette version tablette est mi-cuite : les écrans de transition sont par exemple de la taille de 3,5 pouces… On a vu mieux, mais enfin ne nous plaignons pas, Crescent Moon aurait eu le droit de proposer une version iPad en standalone.

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Les objets et personnages avec lesquels le joueur peut interagir se signalent par la présence d’une grosse flèche verte. À l’approche du joueur, celle-ci apparaît sans rien dire, ainsi que le bouton contextuel lié (ouvrir ou parler). Il est toujours possible de tapoter sur un autre objet pour interagir avec lui plutôt qu’avec celui qui nous est proposé. Ça n’est pas forcément la panacée, mais c’est le meilleur moyen de ne pas multiplier les boutons àl’écran.
Seul hic, la zone d’influence est un peu trop généreuse et le bouton pour entamer une conversation s’allume au moindre PNJ qui passe au loin.

Les combats se déroulent en temps réel, et se signalent par l’apparition des boutons d’attaque et de protection. On prendra alors soin de sélectionner une arme dans le dock (pour des victimes éloignées, on préfèrera l’arc, mais attention àl’approvisionnement en flèches !), puis roule ma poule. Pour ne pas mourir trop rapidement, une des techniques qui pourra servir est de frapper en reculant : vous donnerez un coup sans en recevoir !

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Bien évidemment, chaque franchissement de niveau s’accompagnera de points d’XP àdistribuer sur une des cinq compétences du héros (force, agilité, endurance, intellect, esprit). On gagnera également un point de capacité, qui permettra d’activer une compétence particulière liée àla classe de l’avatar. Cet arbre comporte de nombreux pouvoirs qui une fois « nourris », pourront être utilisés en les liant dans le dock.

Aralon, c’est encore loin ?

Le jeu dispose d’une richesse et d’une variété assez uniques dans son genre. Il y a toujours quelque chose àfaire, un endroit inconnu àexplorer, des missions àremplir… On en aurait même le vertige, tellement le monde d’Aralon est immense et plein de surprises ! Dommage que la carte soit bien imprécise et qu’on ne puisse pas l’annoter, par exemple.

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Le nombre d’items est tout simplement affolant… et malheureusement, les trois sacs dont on dispose ne seront pas suffisants pour tous les embarquer avec soi ! Il est toujours possible de s’en débarrasser ou mieux, de les revendre dans les auberges. Les montures, en premier lieu les canassons (il y a huit montures proposées), permettront de filer plus vite, ce qui ne sera pas un mal pour parcourir les grandes vallées d’Aralon…

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Il est difficile de « raconter » l’épopée contée par le jeu, au risque du spoiler et aussi parce que les quêtes secondaires, nombreuses et variées, rallongent la sauce de façon tout àfait agréable. Résultat, même au bout de plusieurs heures de jeu, on n’en voit pas le bout et pour cause, Crescent Moon en promet une trentaine d’heures ! Un contenu colossal donc, qui fait du jeu le titre idéal àemporter sur une île déserte…
Et je n’ai pas parlé des guildes, des potions àcréer, de la possibilité de pêcher ou de s’adonner aux joies du pick-pocket…

Des cailloux dans la chaussure

Tout n’est pas rose dans le monde d’Aralon. Le jeu est truffé de petits bogues qui, mis bout àbout, obèrent la qualité de l’expérience de jeu. Ainsi, on ne compte plus les soucis de collision, le clipping assez monstrueux, un framerate aux performances faibles ou les textures peu élégantes.

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Crescent Moon a visiblement préféré sacrifier un peu de la qualité de ces textures pour offrir un monde immense àexplorer : si cela fonctionne assez bien dans les zones hors villages, dès qu’on passe d’une habitation àune autre, c’est la fête aux écrans de chargement. Ils sont relativement rapides sur un iPhone 4, mais sur un modèle moins puissant, cela risque d’être assez pénible.
Moins grave : si le héros ne se noiera pas dans une flaque d’eau, les phases de natation sont àla limite du ridicule.

Autre bogue pénible : il est possible (assez rapidement) de s’offrir les services d’un garde du corps, contre quelques pièces d’or. Malheureusement, lorsque l’on se retrouve dans des endroits contigus, le serviteur bouche la sortie et il est alors impossible de mettre les voiles. Seule solution : s’en débarrasser en lui signifiant son congé… ou par la force !

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Si vous possédez la capacité de crocheter les portes et les coffres, faites bien attention, car le fait de l’utiliser àmauvais escient pourra vous faire basculer sur la pente dangereuse du grand banditisme. Et certains personnages sentent que vous êtes mauvais et vous attaqueront sans demander leur reste… Si le jeu se montre plus épicé dans cette configuration, il faudra redoubler de prudence, en particulier en entrant en toute confiance dans les maisons : on ne sait jamais qui il y a derrière, en particulier des quidams bien plus balaises que vous.
Surtout, cela bouchera quelques quêtes secondaires, les PNJ préférant vous sauter àla gorge plutôt que de vous refiler des missions… Et cela provoque parfois des situations saugrenus : les personnages sont ainsi prêts àen découdre même dans l’eau, vous poursuivant de leur ire vengeresse !

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Dommage que la gestion du bien et du mal soit aussi manichéenne : il suffit d’un seul crochetage pour être catalogué comme bandit. Et il est visiblement impossible de faire amende honorable et de revenir gentil… On est loin d’un titre comme Fable où la « progression » vers le mal est plus souple.

         

Pour conclure

Difficile de rédiger le test d’un tel monstre de jeu, Crescent Moon l’ayant bourré jusqu’au ras la gueule de quêtes, objets, aventures, possibilités… Le scénario principal est classique mais bien amené, tandis que les missions annexes permettront de récupérer l’XP et l’argent qui sera bien utile àla progression. Il ne faut pas hésiter àse perdre dans le royaume d’Aralon, car toutes sortes de surprises inattendues s’y cachent…

Ceci étant dit, le diable se trouve toujours dans les détails. Un peu de polish n’aurait pas nui au jeu, notamment au niveau de l’ergonomie un peu bancale. L’éditeur a préféré créer un vaste monde grouillant de vie, plutôt que de s’attarder sur le peaufinage, et c’est un peu dommage. En l’état, le jeu n’est pas parfait et mériterait une solide mise àjour afin d’éradiquer les bogues les plus voyants. Mais il est difficile d’en tenir trop rigueur àun studio qui aime définitivement le genre et comble les amateurs avec un univers aussi riche et cohérent.

Version de test : 2.0
Machine de test : iPhone 4, iPad
Niveau d’anglais requis : oh que oui
Affiliation réseau : nope

Téléchargez Aralon : Sword and Shadow HD

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