Shadow Guardian : l’ombre de l’aventure

Par iMike le 25 décembre 2010 à 17h49

Shadow Guardian : l'ombre de l'aventure

Quand Gameloft part à l'aventure, il n'oublie surtout pas sa boussole, son GPS, ses cartes et son manuel du parfait Castor Junior. Ça prend de la place dans le sac, mais au moins on ne risque pas de se perdre.
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Après Final Fantasy, Call of Duty ou encore HALO, Gameloft rajoute àson tableau de chasse Uncharted, dont l’éditeur s’est beaucoup inspiré pour ce Shadow Guardian baptisé « projet le plus ambitieux » du studio : si sur le papier, les pérégrinations du héros Jason Call semblent palpitantes, c’est moins le cas derrière notre écran. Explications.

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Mélange d’Indiana Jones (sans le fouet) et de Lara Croft (sans les nichons), Jason Call est retenu prisonnier par une mystérieuse organisation dont le patron n’aura de cesse que de faire parler l’esprit de notre explorateur, àtravers une étrange machine révélant les aventures du héros par flash back, qui tournent autour d’une relique, la Prima Materia, qui donnera àson propriétaire une puissance telle qu’il pourrait asservir l’humanité…
Le jeu se décline donc assez intelligemment en épisodes reliés entre eux par des retours àla salle de torture high-tech dans laquelle croupit Jason. Et au final, la vraie vérité sera connue !

Un aventurier qui sait frapper

Shadow Guardian emportera le joueur au milieu de 7 zones de fouilles et de baston en tout genre. Le titre mêle en effet séquences de tir en TPS façon Zombie Infection et phases de plateformes/cascades plus originales. L’ami Jason est un vrai pro du flingue et son sac étant incroyablement profond, il pourra transporter avec lui tout un arsenal et les munitions qui vont avec.

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Notre héros saura dégainer en marchant, viser façon sniper (très utile), et surtout se planquer derrière un obstacle où il pourra arroser tout son petit monde de deux façons : soit en visant comme un soldat qu’il est, soit en décochant une rafale un peu au pif au chaud derrière son abri. Dans le premier cas, on risque de perdre un peu de vie, mais de toucher plus facilement l’ennemi ; dans le deuxième on est tranquille, mais il y a peu de chance qu’on fasse mouche. Les munitions étant limitées, mieux vaudra donc aligner ses adversaires d’une balle.
Fort heureusement pour lui, Jason regagnera de la vie dès qu’il n’est plus la cible des méchants… Il faut vraiment se faire avoiner pour mourir dans le jeu.

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Dès que Jason est proche d’un ennemi, il rengaine son arme et passe en mode mêlée : il suffit alors de tapoter le bouton d’action pour déclencher un Quicktime Event au ralenti de toute beauté ! Dommage que la baston au corps àcorps se limite àtoucher un seul bouton, on aurait aimé prendre part àla bataille de façon plus immersive… En tout cas, apprécions la qualité des ébats et en particulier, la possibilité de « tourner » autour, c’est de toute beauté (mais avouons qu’àla longue, on a compris le truc).

Un aventurier qui sait explorer

L’autre grande affaire de Shadow Guardian, ce sont les cascades et les acrobaties du héros. On est loin de Prince of Persia, je vous rassure, mais le joueur aura largement son comptant de plateformes àescalader, de fossés àfranchir et d’échafaudages branlants àparcourir. Ces phases d’acrobaties sont gérées de façon très simples : il suffit de suivre le chemin donné, grosso modo, et de tapoter sur le bouton de saut au bon moment. Comme on le verra par la suite, ces phases du jeu sont aussi spectaculaires que simplistes, et c’est ce qui plombe une bonne partie de l’expérience.

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Le jeu reprend les canons de gameplay peaufinés par Gameloft depuis leurs premiers jeux : molette pour se déplacer, doigt sur l’écran pour bouger la caméra. Les boutons d’action sont au nombre de trois : saut/planque/course rapide, tir (ou baston), et cible, qui apparaissent la plupart du temps en fonction de ce qui se passe àl’écran. Tout cela est complété par la sélection des armes qui rappelle celle de N.O.V.A 2… L’un dans l’autre, la maniabilité du héros n’a rien de bien sorcier pour qui a touché àun jeu Gameloft récent, pas de chichis, on est tout de suite dans le bain de l’action (àcet égard, le mini-tuto au tout début du jeu se montre original).

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En revanche, le mot « ambitieux » revient effectivement sous le clavier du testeur en ce qui concerne la réalisation : le jeu est effectivement superbe ! Les textures sont détaillées, les quelques effets (de feu, de fumée) sont aussi réalistes que possible et le level-design est épatant.

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Si les personnages n’ouvrent pas la bouche même quand ils parlent, leur modélisation est très précise, y compris pour les sous-fifres. Du beau travail àce niveau là, c’est àsaluer. Tout cela flatte l’oeil bien évidemment, et même la bande-son est au niveau, avec des accents hollywoodiens qui vont bien.

Mais un aventurier qui se fait trop aider

La moitié du jeu se compose d’énigmes et de puzzles dont les résolutions sont surlignées trois fois au fluo jaune : il est pratiquement impossible de ne pas savoir quoi faire dans le jeu… et c’est une de ses limites : certes, Gameloft ne laisse pas son public casual au bord de la route, mais l’éditeur risque de se mettre àdos les joueurs un peu plus confirmés. À tout moment le joueur est ainsi pris en main, aiguillé, fortement encouragé àemprunter tel chemin. Et on perd tout le sel de ce qui fait un jeu d’aventures et d’exploration, àsavoir… l’aventure et l’exploration, précisément !

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Ah, je me rappelle àl’époque du premier Lara Croft, la sensation de toute puissance lorsqu’enfin j’arrivais àtrouver le chemin vers la sortie d’un niveau, après avoir galéré des heures… Malheureusement, rien de tout cela dans Shasow Guardian qui flatte son public dans le sens du poil. Il y a peu de satisfaction àsuivre un chemin tout tracé et unique…

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Cet aspect est courant dans tous les titres Gameloft, mais avec ce jeu en particulier, on atteint véritablement un pic en matière d’aide de jeu. C’est vraiment dommage car le fond de jeu est vraiment conséquent même si on en arrive rapidement àbout.

Si les phases de tir sont plutôt sympas, les séquences de plateformes ressemblent àces Laserdisc où l’aspect vidéo-ludique se limitait àpousser un bouton au bon moment. Dans Shasdow Guardian, c’est presque pire puisque Jason peut rester indéfiniment accroché àune corniche, attendant gentiment que le joueur appuie sur le bouton saut… Au final, la rejouabilité du titre, malgré quelques astuces comme un certain nombre de trésors àrécupérer par niveau, s’avère très faible.

         

Pour conclure

Il n’est pas encore né le grand jeu d’aventures en 3D pour notre plateforme. À force de trop vouloir aiguiller le joueur, Gameloft perd tout ce qui fait l’essence de ce genre : le plaisir de la découverte, la joie d’avoir trouvé la clé de l’énigme seul, grâce uniquement àsa jugeote et ses déductions.

Il serait réducteur de qualifier Shadow Guardian de jeu « pousse-bouton », car les séquences de tir aux pigeons sont agréables et bien faites, et on même prendre du plaisir àescalader les statues et les colonnes ; mais les fans de Lara Croft resteront sur leur faim.

Version de test : 1.0.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : sous-titres en français (mais les accents ne passent pas)
Affiliation réseau : nope

Téléchargez Shadow Guardian

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