Dead Space : l’angoisse au bout des doigts

Par iMike le 25 janvier 2011 à 17h26

Dead Space : l'angoisse au bout des doigts

Quand Electronic Arts met les moyens pour offrir à notre plateforme le jeu d'horreur/SF qu'elle mérite, ça fait mal.
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Il aura fallu attendre fin janvier pour voir débarquer la première grosse franchise de l’année ! Il faut dire que tous les éditeurs ont tous tiré en même temps avant Noë l dernier, pour le meilleur, comme pour le moins bon (qui se souvient de Shadow Guardian ?). Electronic Arts, qui a également participé àcette folie collective, s’est tout de même gardé sous le pied quelques gros titres qui ne manqueront pas de briller dans le désert actuel des sorties. Et frappe un grand coup avec Dead Space, son premier TPS (third person shooter), qui se révèle vraiment impressionnant !

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L’adaptation pour iOS fait le lien entre les deux épisodes sur consoles de salon, respectivement sortis en octobre 2008… et aujourd’hui ! Autant dire que cette version pour iPhone/iPod touch et iPad fait partie du plan marketing d’EA pour imposer sa licence àtous. Et iOS n’est pas fort heureusement la cinquième roue du carrosse !

Dans l’espace, tout le monde vous entend tirer comme un dingue

Le jeu prend place trois ans après les événements du premier chapitre, dans les mines de Titan, sur une immense station spatiale appelée Sprawl. Le joueur se glisse dans la peau de Vandale, un illuminé d’une secte millénariste dont la mission est de saboter les lieux. Malheureusement, son geste fou va provoquer une plus grande engeance : il vient de relâcher les Necromorphs sans trop savoir pourquoi. Il va falloir y mettre bon ordre, comme vous vous en doutez, et surtout tentez de sauver sa peau.

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Dans sa quête, le héros ne sera pas seul : Tyler, un narrateur/guide lui offrira conseils et parfois, quelques munitions. Mais surtout, Vandale a en sa possession un arsenal des plus complets ! Notre homme pourra ainsi dégainer une scie plasma idéale pour le corps àcorps, et utiliser la télékinésie afin de faire léviter des objets - des caisses, mais aussi des bonbonnes de gaz et toutes sortes d’items qui permettront parfois de franchir un niveau, quand ce n’est pas tout simplement pour dégager une porte de sortie.

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Mais vous vous doutez bien que ce n’est pas tout. Mine oblige, c’est toute une batterie d’outils mortels en tout genre que Vandale pourra utiliser : cutter plasma, découpeur, trancheur, foreuse… Toutes ces armes, que le joueur récupérera au fur et àmesure de sa progression, pourront être portées et utilisées par le héros.
Attention cependant : elles ont des munitions extrêmement limitées ! Et si les corps de ses ennemis regorgent de bonus, il faudra apprendre àne pas abuser des bonnes choses - même si comme on le verra plus tard, ça n’a rien d’évident.

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Parmi l’équipement du joueur, on notera pour finir un radar affichant par terre le chemin vers la prochaine quête (une fonction activable àvolonté), ainsi que la possibilité de figer un ennemi sur place durant quelques instants.
Tout cela s’accompagne d’une boutique qui permettra de dépenser les crédits gagnés durant le jeu et qui offrira d’améliorer ses outils et d’acheter des munitions et armures, mais également d’une échoppe de micro-paiements ! Contre quelques euros, on pourra se payer des modules de défense et d’attaque, ou encore des points de force, une monnaie d’échange pour des armes plus performantes. Qu’on se rassure : cette boutique in app n’a rien d’obligatoire et ne procurera qu’un confort supplémentaire pour le joueur dispendieux.

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Un mot sur l’interface, qui comme dans la version console, est pratiquement inexistante : tout passe en effet par l’équipement de Vandale. Le nombre de balles restantes s’affiche sur l’arme, sa jauge d’énergie est placée dans son armure… Seul un bouton en haut àdroite permet de changer d’arme àla volée et d’accéder àla pause et autres informations.

On s’emmêle les pinceaux

Le jeu déroule ses 12 missions via une caméra placée derrière l’épaule de Vandale. Une vue TPS donc, et qui permet d’apprécier le gros travail effectué sur l’animation du personnage principal… mais également la complexité àl’Å“uvre au niveau ergonomique. Il est bien beau d’empiler les armes et les possibilités d’interaction, mais encore faut-il proposer un gameplay àla hauteur.

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Si la main gauche se contentera de piloter Vandale dans le dédale de la station, la main droite devra se montrer multitâches : non seulement elle permet de diriger le « regard » du héros, mais encore devra t-elle s’occuper de viser, tirer, léviter, recharger, tapoter… bref, il y a du boulot. Et toutes ces manipulations sont parfois confuses (notons une légère différence entre la version iPhone/iPod, qui permet de balancer un coup de scie avec la main gauche, et la mouture iPad qui demandera de tout faire avec droite).

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Quelques exemples : pour viser un ennemi, il faut tapoter une fois àl’écran. Or, il suffit qu’une caisse àfaire léviter (en tapotant dessus) soit précisément en face du joueur pour que le jeu perde les pédales : comment reconnaître une visée d’une lévitation si le geste àfaire est le même ?

Chaque arme dispose d’un tir alternatif, qui s’active lors de la bascule de l’iPhone ou de l’iPad. Ce deuxième tir, aux conséquences parfois bien différentes du principal, peut se révéler décisif. Malheureusement, le réglage de l’accéléromètre est trop rapide et on a tôt fait de passer d’un tir àun autre dans le feu de l’action, en particulier sur l’iPhone…

Les armes étant avant tout des outils de forage, leur précision est parfois bien relative. Mais il est vrai qu’on aurait aimé trouver une visée automatique… En cas de mêlée, Vandale s’en sortira grâce àdes gestures, du style tapotage intensif sur un ou plusieurs boutons, et également avec sa scie dont le mouvement se déclenche via un mouvement du doigt vers le haut quand il est indiqué àl’écran. Impossible d’utiliser cette arme lorsque l’action ne clignote pas àl’écran…

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Bref, il a fallu composer avec l’absence de pad physique et le studio Iron Monkey, développeur du jeu, a fait son maximum pour tirer partie des capacités tactiles de notre plateforme. Si on applaudit la générosité des possibilités et la diversité des situations, le résultat se montre parfois brouillon. C’est aussi le revers de la médaille d’un jeu qui offre toute sa liberté de déplacement au joueur, plutôt qu’une expérience sur rails qui fut un temps envisagée (lire cette dépêche).
Toutefois, qu’on se rassure : la richesse et la palette des mouvements proposées font vite oublier les petits désagréments d’une ergonomie perfectible.

Une réalisation digne d’Hollywood

Le jeu est magnifique, autant le dire d’emblée. Graphiquement, c’est une claque qu’on se prend lors des premières minutes de prise en main, je me suis même surpris àm’arrêter pour admirer tel effet de lumière ou de particules. En avançant dans le jeu, cet émerveillement laisse place àdes sensations plus classiques : si l’animation de Vandale est àsurligner trois fois au fluo (notamment sa démarche chaloupée !), on reste dans du TPS de couloirs. On mangera des kilomètres et des kilomètres d’enfilades métalliques !
Vus de près, certains Necromorphs semblent atteints du syndrome dite de la « tête plate », faute d’une texture suffisamment détaillée. On reste donc éloigné de la qualité du moteur Unreal Engine 3, mais ne faisons pas la fine bouche : sur l’écran de l’iPad, on s’y croit quand même !

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Certaines séquences se déroulent heureusement dans des pièces plus ouvertes, mais pas moins angoissantes - c’est d’ailleurs làune des caractéristiques du jeu : les niveaux sont baignés d’une atmosphère àla Alien, soulignée par quelques courtes séquences d’angoissantes hallucinations du personnage principal, certaines se montrant même hypnotiques (le long couloir droit au début du jeu, par exemple). Ça n’est pas de l’horreur pure et dure qu’Electronic Arts nous propose, mais une ambiance propice aux sursauts !

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À cet égard, la bande-son et les bruitages sont dignes d’un film àgrand spectacle. Pour profiter au maximum du jeu, plongez-vous dans le noir, un casque solidement accroché aux oreilles : sensations maximales garanties !

Il est alors un peu dommage que le gimmick des lumières qui passent au rouge soit systématiquement synonyme de séquence de grosse baston. C’est comme si un panneau se mettait àclignoter en grosses lettres lumineuses : « Attention, prépare toi, va y avoir du streum ». Bon, on ne va pas en faire non plus une jaunisse, mais au vu de l’excellence déployée partout ailleurs, cette ficelle scénaristique ne lasse pas d’étonner.

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Electronic Arts oblige, les à-côtés sont assez limités : une série de succès seront àdébloquer ainsi que des bonus type fonds d’écran. Mais pas de support de Game Center ou d’OpenFeint, pas la moindre trace d’un multi (et pourtant quel pied cela aurait été !)…
Ceux qui auront fini le jeu auront le plaisir d’enchaîner sur un mode de difficulté extrême ; les autres pourront se contenter du mode normal (le facile étant vraiment trop facile).

Pour conclure

Quand Electronic Arts s’en donne les moyens, l’éditeur peut trôner au sommet de la chaîne alimentaire, loin devant Gameloft, et àla même place qu’Epic/ChAIR (Infinity Blade) : Dead Space est une monstrueuse réussite, malgré des soucis ergonomiques que certains interpréteront comme un intérêt supplémentaire.

La réalisation, somptueuse, et l’ambiance prenante et parfois angoissante emportent le joueur qui ne pourra que rester scotché devant ce jeu qui rappelle les plus grandes réussites cinématographiques du genre. Ce Dead Space est plus qu’un apéritif de Dead Space 2 : c’est un jeu àpart entière qui prouve une fois de plus que notre plateforme est capable de grandes choses en matière vidéo-ludique. On en redemande !

À noter : la version iPhone/iPod touch coà»te 5,49 euros, la mouture pour iPad est à7,99 euros.

Version de test : 1.0.1
Machine de test : iPad
Niveau d’anglais requis : sous-titres en français
Affiliation réseau : rien du tout

Téléchargez Dead Space

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