Devil May Cry 4 : nul àpleurer

Par iMike le 4 février 2011 à 18h05

Devil May Cry 4 : nul à pleurer

Attention, déception : traitée par-dessus la jambe par Capcom, cette adaptation d'une saga mythique prend l'eau de tous les côtés.
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Ah, elle présentait bien l’adaptation de Devil May Cry 4 pour notre plateforme ! Malheureusement, Capcom a pris le sujet par-dessus la jambe et s’est contenté d’un banal beat’em all indigne des capacités de l’iPhone. C’est mal, et ça fait pleurer, tiens.

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On est pourtant habitué aux déceptions, chez Capcom. En-dehors d’un Street Fighter IV qui malgré le poids des mois, reste toujours le meilleur jeu de baston disponible sur notre plateforme, on ne peut pas dire que le reste du catalogue iOS de l’éditeur soit du même tonneau : doit-je vous rappeler les cagades de 1942, MaXplosion, voire de Resident Evil 4 ? Et malheureusement, ce n’est pas avec ce Devil May Cry 4 Refrain que Capcom va redorer son blason.

Ouin

Bien qu’adapté du jeu original, le jeu suit un scénario un rien différent : certes, on y incarne toujours Nero, jeune chien fou qui devra découvrir pourquoi Dante (le héros de la saga) a tué Sanctus, patron de l’Ordre de l’Épée, une organisation religieuse adepte du culte de Sparda (un démon ayant rejeté sa lignée et combattu aux côtés de l’humanité, voyez le genre). Mais pas la peine d’espérer incarner Dante comme dans le jeu de salon, et les péripéties de ce Refrain sont bien différentes. Est-ce pour autant une raison de bouder son plaisir ? Pas tout de suite.

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Le jeu suit donc les pas de Nero, dont la majeure partie du temps sera consacré àpasser d’une pièce vide àune autre, àla vitesse d’un escargot cacochyme. Sans blague, un paraplégique dont le fauteuil aurait des roues crevées irait plus vite, c’est dire…

Le volet exploration est réduit àla portion congrue : il suffit de suivre le mini-plan affiché en bas àdroite de l’écran de jeu et de résoudre des puzzles débiles, du genre reproduire une séquence lumineuse. Pas d’objet àrécupérer ni d’inventaire àgérer (mais je ne suis pas certain que cette possibilité existe dans les jeux originaux, vous me direz). Les phases de dialogues sont la plupart du temps constituées d’images fixes àla résolution faiblarde, voire pire : ce sont des cinématiques réalisées avec le moteur du jeu. Un bon point : la localisation en français ne provient pas de Google Translation et quelques blagounettes arracheront un sourire (Nero est espiègle).

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De temps en temps, des monstres (trois types différents, grosso modo) apparaissent, une grosse bande-son hard-rock se fait entendre àla place des choeurs, c’est signe de baston. En règle générale, il suffit d’écraser les boutons d’attaque jusqu’àce que mort s’ensuive.

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Nero ne dispose d’aucune parade ou de blocage qui rendraient les combats un peu plus intéressants ou tactiques, tandis que les combos, qui font normalement la fierté de la saga vidéo-ludique, pointent aux abonnés absents - rectification : les combos sont bien présents dans le jeu, mais le joueur n’aura aucune manipulation spécifique àsortir pour les déclencher, sinon de faire n’importe quoi avec les boutons. Il y a bien une liste des tactiques mais ça n’a aucun intérêt.

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Notre ami guerrier a àsa disposition une épée, un flingue aux munitions illimitées, ainsi qu’un bras démoniaque, le Devil Bringer, faisant office de grappin et qui balance de grosses mandales. Vu qu’il est super balaise, Nero peut aussi rester suspendu dans les airs quelques secondes pour tirer dans le tas.
L’usage du flingue est largement facilité par la visée automatique qui ôte un peu plus d’intérêt aux bastons.

Le jeu est assez facile, avec des boss qui n’ont rien d’impossible àbattre. Les Continue étant infini on a tôt fait de finir le jeu les doigts dans le pif.

Bouh

Ce Devil May Cry aurait pu se contenter d’être nul, on lui aurait tout pardonné pourvu que la réalisation soit au niveau de l’excellence des titres consoles - toutes proportions gardées, bien évidemment, même si l’iPhone a montré qu’il en avait dans le ventre avec des titres comme Infinity Blade ou Dead Space.

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Mais tant qu’àfaire, autant tout louper : le moteur 3D du jeu doit certainement dater d’avant l’apparition de l’AppStore. Il aurait fait fureur en 2001 ou 2002, mais il faut que Capcom se rende àl’évidence : c’est moche. Les textures sont hideuses au possible, et il va falloir m’expliquer pourquoi la moitié des pièces dans lesquelles se baladent notre héros sont identiques d’un niveau àun autre : on y retrouve les mêmes immenses escaliers, les mêmes décos, et l’emplacement des monstres àoccire est identique également, m’a t-il semblé. Et ne parlons pas du vide des pièces, àcroire que la belle famille d’un célèbre ex-dictateur tunisien a dévalisé tous les meubles et les objets de la forteresse.

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Les angles de vues pré-définis ne sont pas si mauvais, même s’ils masquent parfois un montre. On aurait aimé plus de scènes plus proches de l’action, certaines séquences donnent l’impression de se dérouler loin, bien loin du terrain de bataille.

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Franchise oblige, certains mouvements du héros sont assez classes… notamment lorsqu’il se mange une attaque ! Mais le joueur est parfois tellement déconnecté de ce qui se déroule àl’écran que Nero pourrait bien montrer ses fesses qu’il s’en ficherait.

Une série de succès Game Center (9 en tout) permettra aux plus mordus (ou si vous voulez vraiment rentabiliser votre achat) de faire durer le « plaisir ».

Pour conclure

Beuh. C’est mal, Capcom. À aucun moment on ne retrouve la maestria qui caractérise la série de jeux, dont l’adaptation aurait singulièrement mérité beaucoup plus de soin qu’un tel portage bâclé. C’est bien simple, j’ai parfois eu l’impression d’être devant la suite de Kick Ass, alias le plus mauvais jeu iPhone de tous les temps. Le jeu n’offre rien auquel on pourrait se raccrocher, tellement rien ne va : graphismes hideux, variété inexistante, contrôles médiocres, seule la bande-son rappelle àquel point Capcom est passé àcôté de son sujet. On comprend mieux pourquoi l’éditeur propose son jeu aussi peu cher. À éviter.

Version de test : 1.00.00
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : jeu localisé en français
Affiliation réseau : Game Center

Téléchargez Devil May Cry 4 Refrain

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