Back to the Future : retour vers le vieux

Par iMike le 21 février 2011 à 18h05

Back to the Future : retour vers le vieux

Enfilez vos Nike Air, nous voici repartis ! Mais où ? Dans le futur, ou plutôt, dans le passé avec le dernier titre de Telltale.
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Malgré son immense succès, la saga Back to the Future n’a pas vraiment fait bouillonner le milieu vidéo-ludique, si ce n’est quelques petits jeux d’arcade sans trop d’intérêt. Telltale, célèbre pour ses jeux d’aventures et ses points & clics plein d’humour, s’est collé àla tâche avec une série àépisode, qui tout àla fois sert et dessert la légende.

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Quel geek n’a jamais rêvé de s’envoler sur un hooverboard ou de voyager dans le temps àbord d’une DeLorean ? Le studio Telltale nous offre enfin cette opportunité grâce àl’adaptation de Back to the Future, disponible sur PC, Mac, consoles de salon… et tout récemment sur iPad. Si le jeu respecte la dramaturgie de la trilogie et constitue une sorte de quatrième épisode, tout le reste ne vaut malheureusement pas tripette.

DeLorean et speakeasy

Pour adapter l’univers imaginé par Robert Zemeckis, Telltale a mis les petits plats dans les grands en recrutant Bob Gale, le co-scénariste des films, pour imaginer l’histoire de cette série de jeux, mais aussi Christopher Lloyd, inoubliable interprète de Doc Brown afin de doubler son avatar numérique.

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Le scénario se déroule quelques mois après l’épisode 3, une période trouble pour Marty McFly dont l’ami Emmet Brown, alias Doc, a disparu sans laisser de traces. Le jour où son père est chargé de vendre les biens du professeur fou afin d’en transformer le labo en parking, Marty reçoit une visite plutôt incongrue : la DeLorean, la fameuse machine àvoyager dans le temps, fait son apparition avec àson bord Einstein, le chien de Doc. Mais pas de Doc !

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Ce premier volume va donc consister àretrouver Doc, pas où… mais quand ! Après une petite aventure dans le Hill Valley de 1986, Marty va se retrouver en pleine prohibition, dans une ville sous la coupe réglée d’un gangster ancêtre de Biff Tannen… et flanqué d’un tout jeune Emmet Brown pas encore docteur !
Autant dire que le scénario est un régal et aurait réellement pu figurer comme quatrième épisode de la saga cinématographique, mais puisqu’on est cool, on évitera de spoiler comme des porcs.

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On sera plus réservé par les péripéties de Marty qui, concept du jeu oblige, sont moins sujettes au feu roulant des films, et pour cause : il faut bien laisser du temps de jeu au joueur ! Heureusement, Telltale évite l’écueil d’en rajouter histoire d’allonger la sauce : on n’aura pas besoin de récupérer des détritus pour alimenter le moteur de la DeLorean, par exemple…

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Certains personnages sont plus incarnés que d’autres : on s’attache immédiatement àMarty et àDoc (encore heureux !), mais c’est moins le cas avec d’autres protagonistes, comme la mère de Strickland, le dirlo du lycée qui prend dans le jeu une grande importance.
De façon globale, le jeu est bourré de clins d’oeil aux films et on y retrouvera certains incontournables, comme la scène où Marty manque de se faire renverser par un véhicule ou sa difficulté àobtenir àpasser sa commande dans le dinner, transformé en dispensaire de soupe populaire pour l’occasion.

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Au niveau du jeu en lui-même, les énigmes sont parfois suffisamment tordues pour qu’on ait besoin de jeter un oeil aux indices distillées par le jeu. Malin, le système mis en place par Telltale offre une série de tips qui permet de ne pas déballer toute la soluce d’un coup d’un seul.

Nom de Zeus !

Capital, le doublage (uniquement en anglais, mais le jeu est sous-titré en français) est au niveau des attentes : l’acteur qui reprend le rôle de Marty (Michael J. Fox étant assez logiquement tout entier tourné vers sa fondation contre la maladie de Parkinson) est crédible, tandis que la voix de Christopher Lloyd est un peu éraillée, mais c’est un véritable plaisir que d’entendre le toujours sémillant acteur ! Malheureusement, son rôle dans ce premier chapitre étant assez limité, il faudra se contenter des quelques séquences où il apparaît.
L’humour, très présent dans les films, est ici un peu plus rare. Ça n’empêche pas les sourires mais force est de constater que la licence a perdu beaucoup de sa bonne humeur en passant du grand au petit écran.

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On sera moins tendre avec la réalisation globale, qui est indigne de ce qu’un iPad peut proposer. Les graphismes semblent issus d’un autre âge, quand on s’extasiait encore sur les premiers polygones 3D (terrible Einstein au regard vide !), même si on apprécie le design général des personnages, sorte de caricatures cartoon des principaux acteurs des films.

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Autre grief : l’ergonomie n’a pas été pensée pour un usage sur iPad, et c’est franchement dommage. On se retrouve donc avec une sorte de pad virtuel, visiblement conçu pour être tout sauf pratique, Marty se montrant parfois bien difficile àpiloter, pas aidé il est vrai par une gestion des obstacles préhistorique : il faut bien les contourner si on ne veut pas rester bloqué.

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Les interactions avec les PNJ sont basés sur des dialogues, que l’on pourra sélectionner dans une liste prédéfinie. Il ne faudra d’ailleurs pas hésiter àretourner voir tel personnage plusieurs fois : une nouvelle ligne de dialogue pourrait bien apparaître au bout d’un moment qui débloquera la séquence. Làaussi, l’ergonomie n’a rien d’exceptionnel et il faudra se reprendre àplusieurs fois pour tapoter la phrase que l’on souhaite voir Marty prononcer (le doigt n’est pas un curseur de souris, dommage que Telltale n’y ait pas remédié).
Avec une telle taille d’écran, n’aurait-il pas été possible d’afficher l’inventaire complet plutôt que d’en passer par un nouvelle fenêtre ? La gestion des objets n’a rien de très moderne et pour le coup, on se croirait effectivement dans les années 30.

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Se pose également la question du coà»t : avec 5 chapitres en cours tarifés 5,49 euros pièce, il revient moins cher de s’offrir la saga sur son Mac ou son PC… La durée de vie du jeu est d’environ 2 heures, mais c’est un temps àmoduler suivant votre utilisation des indices.
De plus, sur iPad tout du moins, Telltale n’est pas vraiment réactif : rappelons qu’on attend toujours l’épisode 2 de Sam & Max… Espérons que l’éditeur se montrera plus régulier avec Back to the Future. Pour le savoir, rendez-vous le mois prochain…

Pour conclure

Alors, on y plonge dans cette DeLorean au fort parfum de madeleine ? Oui… et non. Oui, car le travail sur le scénario laisse imaginer de futures péripéties temporelles excitantes, malgré le faux rythme imprimé par le jeu. Mais non également, car la réalisation est loin d’être exempte de tous reproches : graphismes cacochymes, ergonomie poussive, sans compter d’incompréhensibles ralentissements qui laissent furieusement penser que Telltale n’a effectué aucun travail d’optimisation pour notre plateforme. D’où cette note mitigée, mais grâce au soin apporté àl’histoire et le plaisir de retrouver des personnages mythiques, le jeu évite la fausse note. Mais il faudra impérativement faire mieux dans les prochains épisodes pour justifier le prix demandé, et pour ne pas conjuguer cette adaptation au passé, définitivement.

Version de test : 1.0
Machine de test : iPad
Niveau d’anglais requis : non
Affiliation réseau : peaud’

Téléchargez Back to the Future Ep 1

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