6th Planet : apprenons àfaire la grimace

Par iMike le 10 mars 2011 à 18h05

6th Planet : apprenons à faire la grimace

Les singes sont tellement cool qu'ils sauveront l'humanité. Pas sà »r que nous le méritons…
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On pourrait se contenter de dire que 6th Planet n’est rien d’autre qu’un Lunar Lander remixé, autrement une nouvelle soupe dans un vieux pot. Ce serait faire un bien mauvais procès au studio belge Monkube, qui s’est réellement décarcassé pour offrir aux joueurs un scénario poussé et un bel enrobage digne d’une production AAA. Ces à-côtés suffiront-ils àl’élève pour dépasser le maître ? Voyons cela.

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Lunar Lander, rappelez-vous : un jeu Atari, sorti en 1979, et dont le concept d’alunissage sans crash a essaimé àtravers les âges ! Et jusqu’àaujourd’hui sur notre plateforme, avec 6th Planet, premier jeu d’un tout jeune studio qui a mis les petits plats dans les grands pour captiver le joueur.
Et d’abord au niveau du scénario : dans un avenir proche, la Terre est dans un bien triste état et tel des sauterelles, les humains ont besoin d’une autre planète àcoloniser et àpiller. Coup de bol : Saturne a entamé une étrange et ultra-rapide terraformation qui donne quelques espoirs àl’humanité… Mais couards comme ils sont, pas quelques que les humains aillent jeter un oeil : mieux vaut y envoyer un singe génétiquement modifié qui, au péril de sa vie, va explorer cette partie du cosmos…

L’armée du seul singe

Cette histoire est racontée àtravers une BD qui s’intercale entre les 7 mondes du jeu. Plutôt bien réalisée, celle-ci met en scène des politiques, des scientifiques et des militaires s’entre-déchirant, comme les humains savent si bien le faire. Dommage que ce comics se contente d’être en anglais, les moins anglophiles n’auront dès lors qu’une envie : sauter cette partie pourtant intéressante (une version en français est attendue sous peu).

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On notera également que la BD ne sert pas les plats entre les chapitres, mais rapporte plutôt le contexte qui a mené l’humanité àtrouver un salut précaire sur une autre planète.
Notons pour en finir que le studio àl’origine de cette bande-dessinée n’est autre que celui qui avait planché sur le film « Les Triplettes de Belleville ».

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À bord de son frêle esquif, notre singe devra éviter les obstacles et atterrir sans mal sur des zones dédiées, tout en prenant garde àne pas épuiser tout son carburant. Une chose plus facile àdire qu’àfaire car dans l’espace, la gravité est sensiblement différente que sur Terre et que la moindre poussée peut amener au désastre, surtout que la navette ne bénéficie d’aucun bouclier de protection et qu’elle se révèle extrêmement fragile : au moindre choc, le joueur est bon pour recommencer le niveau.

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Les 50 niveaux du mode histoire se déroulent entre la Lune, Mars et Jupiter, entrecoupés par des niveaux dits Porte de l’espace où il s’agit de franchir le maximum de checkpoints sans exploser. Les niveaux sont sanctionnés par des médailles (or, argent, bronze), qui récompensent les efforts du joueur le plus rapide et le moins consommateur de fuel.
Et si on a fait le tour du mode histoire, il reste encore des niveaux « masters » encore plus ardus (cette catégorie s’enrichira au fil de futures mises àjour). Et il est également possible de s’adonner aux courses de portes de l’espace pour les fans purs et durs.

Un singe vaut mieux que deux tu l’auras

La maniabilité est le point le plus délicat du jeu : il faut sans cesse manipuler deux boutons virtuels pour bouger àgauche, àdroite, et les deux maintenus ensemble permet de s’envoler tout droit. La faible gravité fera doucement descendre la navette. Il s’agit de manier tout cela avec précaution, non seulement parce que la quantité de carburant est limitée pour chaque niveau, mais aussi parce que comme on l’a dit, le moindre choc peut se révéler explosif…

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6th Planet est donc un jeu dans lequel il faut se retenir de rentrer dans le tas et foncer àtoute bringue ; bien au contraire, il faut utiliser ces contraintes et prendre son temps pour espérer aller le plus loin possible. Et comme si les paysages accidentés de la Lune ou de Jupiter ne suffisaient pas, le cosmos se révèle bourré d’obstacles mouvants, comme ces fichus météorites, satellites, mais aussi serpents de l’espace, voire carrément des cosmonautes qu’il faudra impérativement éviter.

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Le jeu constitue un joli challenge pour celui qui saura prendre son temps et ne pas brusquer les choses : il n’y a rien de plus énervant que d’exploser àdeux centimètres de sa base d’atterrissage ! À cet égard, le jeu se montre parfois frustrant, notamment lors des séquences des portes de l’espace qui requièrent agilité et… sens de l’économie, puisque la quantité de fuel disponible y est moins importante que dans les autres niveaux. Autant dire que moi qui apprécie les jeux bourrins, j’ai frôlé plusieurs fois la crise de nerfs, mais quel plaisir de franchir un niveau !

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Niveau gameplay, il manque peut-être au jeu des items àrécupérer en chemin qui pourraient débloquer des fonds d’écran exclusifs, par exemple. Un joker qui permettrait de passer un niveau jugé trop difficile serait également le bienvenu ! Mais pour le reste, 6th Planet apporte un bon équilibre entre réflexes et… réflexion, et se montre plutôt agréable àjouer. Et la BD joue son rôle de catalyseur, puisqu’on veut toujours en savoir plus !

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Si les amateurs de comics seront aux anges (le coloriste, Raymund Lee, a travaillé sur la série Wolverine), les séquences de jeu sont un peu moins flamboyantes. Chaque planète a sa propre palette de couleurs et les fonds spatiaux sont assez agréables, mais dans l’ensemble les graphismes ne laisseront pas un impérissable souvenir. Les sprites sont relativement petits et leurs animations souvent limitées au strict minimum ; et la variété des obstacles est relativement réduite. Bref, il y avait certainement moyen de proposer plus et mieux, et il est très étonnant de voir que le jeu n’est pas compatible avec l’iPhone 3G : on comprend mal que ce type d’appareil n’ait pas la puissance requise pour faire tourner un tel titre.

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La bande-son, composée de titres électro, est en revanche vraiment épatante - on pourra d’ailleurs acheter certains titres sur l’iTunes Store. Avec les bruitages convaincants, l’ambiance sonore donne une atmosphère un rien éthérée qui colle parfaitement au jeu. Pour le reste, OpenFeint fournira des tableaux de scores pour chaque niveau. Autant dire que pour celui qui voudra s’accrocher, il y a largement de quoi faire.

Pour conclure

Pour un premier jeu, c’est assez réussi : le studio Monkube a mis toutes les chances de son côté pour offrir une vraie expérience au joueur, que ce soit dans le jeu ou àcôté. Les niveaux offrent un défi intéressant, tandis que la BD et la musique permettent de bien rentrer dans l’histoire et d’en savoir toujours plus.

Alors, d’où vient cette petite déception qui point ? Sans doute faut-il la mettre sur le dos d’un concept pas tout neuf et qui apporte peu àun genre ayant connu son heure de gloire dans les années 80. Étrangement, autant le contexte est remarquablement mis en valeur, le jeu en lui-même se montre très peu ambitieux. Cela n’en fait pas moins un titre très sympathique, mais avec un travail graphique plus prononcé et un gameplay plus moderne, 6th Planet aurait été parfait.

Version de test : 1.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : oui
Affiliation réseau : OpenFeint

Téléchargez 6th Planet

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