L’ombre de Rainbow Six

Par iMike le 21 mars 2011 à 18h05

L'ombre de Rainbow Six

Quand plus rien ne va, quand tout part à vau l'eau, quand on croit qu'il n'y a que la mort et la détresse au bout de chemin, l'unité d'élite Rainbow Six est la dernière chance. Non, pas l'Équipe tous risques.
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D’affreux terroristes ont pris en otage une gentille scientifique ! Un groupe d’extrême-droite détient l’ambassadeur belge ! Une organisation écologiste d’extrême-gauche met àsac une horrible plateforme pétrolière ! Ah, que notre société regorge de méchancetés dans tous les coins du monde. Et évidemment, inutile de compter sur ces mous des gouvernements et ces bureaucrates en rond de cuir qui vont prendre les décisions qui s’imposent !

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Heureusement, il existe une brigade internationale, financée par des capitaux privés, capable de réagir avec toute la force qui s’impose : dans les cas désespérés, vous pouvez faire confiance àl’équipe Rainbow Six ! D’abord roman de Tom Clancy, les aventures de ce groupe anti-terroriste est ensuite devenu une série de jeux vidéo édités par Ubisoft. Il n’était donc que temps que notre plateforme bénéficie àson tour des aventures des soldats de l’unité arc-en-ciel (voyez comme c’est mignon. Non, ça ne signifie pas qu’ils sont gays).

Double rainbow all the way

Jeune recrue amenée àdiriger une petite escouade de spécialistes de l’anti-terrorisme, le joueur devient le charismatique Gonzalez, prêt àen découdre avec tous les vilains pas beaux qui empêche le monde capitaliste libre de faire des profits comme il convient. Bon OK, je caricature mais àpeine : les briefings des missions sont incroyablement candides, on se croirait revenus au bon vieux temps de l’Amérique triomphante des années 80. Au final, on s’en cogne un peu vous me direz, mais on a plus l’impression d’être pris pour des Bisounours que pour des guerriers du GIGN. Bref.

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Le jeu nous emmènera àtravers le monde, via 11 missions comprenant chacune deux objectifs. Le secondaire n’est évidemment pas obligatoire, mais pour plus de fun et pour faire durer un peu plus longtemps le jeu, il est fortement conseillé de le remplir - les missions sont en effet relativement rapides et courtes. Et le solo ne proposant aucun autre mode que la campagne, la rejouabilité sera assez limitée.

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À première vue, ce Rainbow Six : Shadow Vanguard a tout l’air d’être un FPS àla Gameloft, qui ressemble énormément àModern Combat 2 - le moteur du jeu est d’ailleurs visiblement le même, mais d’autres emprunts ont été fait sur d’autres titres du catalogue de l’éditeur : cette manière de se planquer ressemble àShadow Guardian, et cette façon d’afficher les objectifs, ne serait-ce point tiré de Splinter Cell Conviction ? Bref, on est clairement en terrain connu ici, et pour celui qui suit les jeux Gameloft, rien ne sera réellement étonnant.

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Les autres apprécieront un boulot plutôt bien fait en terme d’ergonomie (l’éditeur a tout de même donné le la en la matière sur iOS) : la molette pour se diriger, un doigt sur l’écran pour viser, un bouton pour le snipe, la sélection d’arme en glissant le menu d’inventaire… Les mouvements sont aisés, même s’il y a souvent confusion entre les possibilités de courir et de se planquer, regroupées… sous un seul et même bouton réagissant contextuellement ! Avouez, se mettre àcourir comme un dératé alors qu’il aurait fallu rester tranquille derrière un mur, c’est plutôt rageant…

Peu de surprises au bout de l’arc-en-ciel

La petite nouveauté introduite par Rainbow Six au niveau du gameplay, c’est l’apparition de petites icônes apparaissant derrière les portes, et qui permettent de jeter un oeil en toute discrétion àl’intérieur de la pièce, histoire de savoir ce qui attend la fine équipe, de « marquer » les ennemis afin que les coéquipiers se chargent de les abattre (une fonction dont on disposera ensuite en « temps réel » àpartir de la quatrième mission), de balancer une grenade… D’autres signes sont présents au niveau des planques afin d’assigner une position àses soldats.

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Car oui, les soldats qui font équipe avec le joueur ne sont pas làque pour faire joli : le joueur dirige une escouade, et il ne faut pas hésiter àutiliser les talents de ses camarades. Et si on leur en demande trop et qu’ils s’écroulent par terre, pas de souci : une petite piqà»re et c’est reparti ! Et évitez de leur tirer dessus, car c’en sera fini de votre opération de libération du monde.

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L’aspect coopératif est bien sympathique, même s’il est assez limité. Il est par exemple impossible de mettre au point une tactique, même grossière du genre « on la joue en attaque ou en défense », qui aurait permis respectivement de bourriner et d’accentuer l’aspect infiltration. Il est vraiment ballot de se retrouver tranquillou àdeux mètres de gardes ennemis, prêt àleur balancer un petit coup de silencieux derrière la nuque, quand soudain ses deux camarades se mettent àcanarder sans raison. Mais enfin, ce léger aspect coop offre un petit vent de fraîcheur dans un genre très codifié - car comme toujours chez Gameloft/Ubisoft, les missions sont ultra-scriptées même si les soldats ennemis ne sont pas toujours aux mêmes endroits.

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Mais le principal hic ne vient pas de la jouabilité, mais d’une faute originelle : les 11 missions n’ayant pas vraiment de lien entre elles, il est parfois difficile de se motiver pour aller chasser du terroriste. On retrouve certes des personnages récurrents durant les briefings, mais on a plus l’impression qu’il s’agit làde passe-plats plutôt que d’une intrigue au long cours. L’attribution de points d’XP et de grades ne donnent pas l’impression de changer grand chose au cours des événements (on n’est pas plus précis ni plus résistant en passant de simple soldat àcolonel, par exemple). Bref, le joueur se sent assez peu poussé àenquiller les missions pour sauver le monde libre.

Du multi mais pas trop

FPS Gameloft oblige, nous avons droit àdeux types de multi. Un mode coop en ligne ou en local (wifi/Bluetooth), qui permet à3 joueurs de s’entraider tout au long des 11 missions du mode solo. Alors évidemment, c’est une excellente idée mais tout comme Star Battalion (qui offre sensiblement le même système), il est impossible de se coordonner en temps réel, àmoins bien évidemment d’être physiquement dans la même pièce ! Pas de chat audio, encore moins de chat textuel (en même temps, on voit mal comment ce dernier aurait pu être implémenté), pour la coordination, c’est rapé.

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Le mode multi standard est plus intéressant. Il permet de combattre aux côtés d’une équipe ou en solo dans des matchs contre la mort, en local ou en ligne, jusqu’à10 joueurs sur une même map. Cinq cartes sont proposées qui reprennent certains éléments des missions solo, et comme àpeu près toujours chez Gameloft, ces maps sont très intéressantes àjouer, avec des espaces destinés aux snipers et d’autres plus vastes pour les fans de la grenade. Bref, on s’y amuse bien et les nombreux réglages disponibles permettent de personnaliser sa partie.
Par contre, il faudra se contenter du deathmatch et du team deathmatch, les deux seuls modes de combat proposés. On est bien loin de Modern Combat 2 et de N.O.V.A 2 ! Et c’est bien dommage car on aurait bien vu un Capture du drapeau ou un Désamorce la bombe, par exemple.

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L’infrastructure technique est assuré par le Live de Gameloft, et non par Game Center. J’espère que vous avez conservé vos identifiants et mots de passe !

La réalisation est digne des standards habituels de Gameloft : c’est du bon niveau avec un moteur graphique désormais bien maîtrisé par les développeurs. On n’a pas remarqué de problèmes d’affichage particulier et le tout s’est montré très fluide. Apprécions le travail sur les membres de l’escouade, qui bénéficient de textures détaillées et d’animations réussies ; en revanche, il y a eu moins de travail sur les autres protagonistes, qui ne sont de toutes façons làque pour se manger une balle.

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La bande-son est hollywoodienne àsouhait et se déclenche surtout lors des passages d’action. Pour le reste, il s’agit surtout de dialogues parlés (et sous-titrés en français).
Petit plus amusant : lors de l’usage de la caméra àtravers les portes, on perçoit parfois les discussions des terroristes, des discussions parfois très terre àterre et bénéficiant souvent d’une petite pointe d’humour bienvenue.

Pour conclure

Malgré la diversité des missions proposées, on fait assez rapidement le tour de ce Rainbow Six. La coopération entre les membres de l’équipe relève souvent, hélas, du gimmick, et il est difficile de s’immerger dans une histoire par essence décousue et aussi pleine de bons sentiments. Attention : le jeu est loin d’être mauvais. S’il n’est pas dans le haut du panier du genre (d’ailleurs dominé par d’autres titres Gameloft), il offre suffisamment de contenu et de variété pour s’amuser. On lui reproche surtout un problème d’écriture ainsi que des modes multi peu fouillés…

Version de test : 1.0.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : sous-titres en français
Affiliation réseau : Live Gameloft

Téléchargez Rainbow Six : Shadow Vanguard

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