Streets of Rage 2 : sale gâchis pour Sega

Par iMike le 3 mai 2011 à 18h05

Streets of Rage 2 : sale gâchis pour Sega

Sega a trouvé la recette idéale pour remplir son tiroir-caisse sans effort : faire les poches des joueurs nostalgiques. Dommage que cela se fasse au détriment des jeux…
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Je vois déjàvotre air ironique se dessiner sur votre visage : alors comme ça on crache sur les jeux Sega mais on les teste quand même ? Hé oui, que voulez-vous, c’est bien beau de dire du mal des titres Megadrive émulés, mais il faut bien aussi se rendre compte de visu de la catastrophe (ou pas). Et puis ho, on parle de Streets of Rage làtout de même.

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Depuis les débuts de l’AppStore ou presque, Sega se contente de faire fructifier le glorieux héritage issu de la Megadrive. On compte les titres originaux de l’éditeur sur les doigts d’une main, tandis que le studio a préféré taper facilement dans les poches des joueurs nostalgiques en leur refourguant des titres que l’on pourrait comparer àde vulgaires ROMs sans adaptation - et pour cause : c’est effectivement le cas. Dans toute cette affaire, Sega s’est contenté de développer un émulateur pour iOS, dont les performances ont été décriées lors de la sortie des premiers jeux (sur Sonic 1, entre autres). Bref, l’impression très forte d’être pris pour un citron tout juste bon àse faire tirer le jus n’a rien de très agréable, et pourtant l’éditeur continue de faire comme si de rien n’était. Et puisque les ventes ont l’air d’être au rendez-vous (et comment pourrait-il en être autrement !), alors autant continuer. Et Streets of Rage 2 ne fera pas exception.

Pan dans l’Adam

Sorti en 1992, soit un an après un premier épisode qui a marqué son temps, Streets of Rage 2 reprend le fil du scénario làoù il s’était arrêté : nos amis bastonneurs ont triomphé du syndicat du crime et envoyé paître le sinistre Mister X. Pas de bol, Adam, l’un des héros du premier chapitre, a été kidnappé par une vieille connaissance, le fameux Mister X… Ni une ni deux, la fine équipe se recompose, sans Adam évidemment, mais avec son frangin et un catcheur. Axel, Blaze, Skate et Max descendent dans les rues une nouvelle fois histoire de faire parler la poudre !

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Notons l’originalité du scénario : pour une fois, ce n’est pas une frêle donzelle dont il faudra sauver les miches, mais un mec qui ne manque pas de compétences pour se défendre. Bon, de toutes façons, on se fiche pas mal de l’histoire puisque comme dans tout bon beat’em up qui se respecte, il s’agit de frapper comme un âne.

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Le jeu avait (et a toujours, d’ailleurs), quelques particularités par-rapport àses contemporains. Chaque personnage, que l’on pourra sélectionner en début de partie et entre chaque mort (le joueur bénéficie de deux continue), ont des compétences particulières qui se reflètent dans leur style de combat. Si Axel se révèle le plus équilibré des quatre, on pourra lui préférer Blaze, moins puissante mais plus rapide. Skate est le plus rapide du lot avec ses rollers, mais il faudra s’y reprendre àplusieurs fois pour dégommer ses adversaires.
Enfin, Max est mon préféré : grosse brute qui rappelle le Zangief de Street Fighter, il est assez lent mais ses coups portent salement.

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Chacun de ces combattants a donc une technique de combat qui lui est propre, ainsi que quelques coups spéciaux. Attention de ne pas en abuser : chaque utilisation fera perdre un peu de sa jauge de vie !
Évidemment, des combos sont possibles, ainsi que des prises spéciales spectaculaires (enfin, àl’époque quoi). N’oublions pas pour finir les armes blanches qui traînent : les couteaux, barre àmine et autres sabres sauront se montrer bien utiles, tout comme les encas qui se planquent dans des caisses et autres obstacles àexploser.

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Si Streets of Rage 2 s’est contenté de reprendre les recettes de son prédécesseur, le jeu n’a rien perdu de son mordant : c’est un beat’em up certes classique, mais dont les mécanismes ont fait leur preuve. On regrette parfois la disparition de ses adversaires en-dehors de l’écran de jeu, ce qui oblige àse coller sur un bord puis àtaper dans le vide, mais cette technique a aussi parfois du bon !

Du vieux avec du vieux

En soi, le jeu n’a donc rien àse reprocher : c’est du bourrin sans trop de finesse, mais c’est aussi ce qu’on recherche. Le hic provient surtout de l’escroquerie faisant croire que le titre a été adapté àl’iPhone, alors qu’il ne s’agit que d’émulation. L’émulateur n’a visiblement subi aucune mise àjour depuis des mois, car ses performances sont toujours aussi faiblardes, y compris sur iPhone 4 : le framerate est bien loin de ce qu’il devrait être, surtout avec un smartphone dont les capacités sont infiniment supérieures àcelles d’une Megadrive (malgré tout le respect que j’ai pour cette console !).

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Également en cause, les commandes : les quatre gros boutons ont tendance àmasquer une partie de l’écran du jeu - s’il reste possible de basculer dans un mode fenêtré, ce dernier est réellement trop petit pour véritablement profiter du jeu. Sega n’a visiblement toujours pas compris qu’il fallait s’adapter àchaque type de jeu, et non essayer de faire rentrer son catalogue dans un même moule…

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Seule consolation : le mode deux joueurs en local (via Bluetooth) fonctionne bien et permet de créer une nouvelle partie et de la reprendre en cas de coupure. Il n’est malheureusement pas possible de rejoindre la partie en cours d’un ami.

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Malgré tous ses petits défauts, l’adaptation (une vraie, celle-ci ! Lire notre test) de Double Dragon est bien plus rafraîchissante et attachante que cette émulation sans âme ni coeur.
Du coup, il faudra faire avec des graphismes parfois datés (dans un genre semblable, 64th Street faisait mieux, lire notre test) et une bande-son qui pouvait passer àl’époque, mais qui est bien difficile àsupporter aujourd’hui. Évidemment, ne vous attendez pas àpouvoir écouter votre propre musique, ni même àprofiter des derniers raffinements autorisés par les services de réseautage.

Pour conclure

Quel gâchis. Sega a de l’or dans les mains qu’il transforme consciencieusement et méthodiquement en plomb. Un tel catalogue mérite mieux qu’un mauvais émulateur qui n’a d’autre intérêt que de piquer de l’argent aux joueurs nostalgiques. Et pourtant, le jeu se tient toujours aujourd’hui, preuve de son excellence, même aujourd’hui. Il y aurait tellement plus sympa et respectueux àfaire pour plaire àcette frange de joueurs, et attirer les plus jeunes… Hélas, Sega, trop attiré par l’argent facile, ne l’entend pas ainsi et préfère capitaliser sur des jeux dont l’aura se réduit irrémédiablement en peau de chagrin. Triste et révoltant.

Version de test : 1.0.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : vlan
Affiliation réseau : vlan vlan

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