Fast Five : un bon goà»t d’Asphalt

Par iMike le 2 mai 2011 à 18h05

Fast Five : un bon goà »t d'Asphalt

Dès qu'une adaptation de film s'approche de mon iPhone, j'ai une lumière rouge qui clignote dans mon cerveau qui semble me crier : « Pourri pourri ». Au bout de 5 minutes de jeu, cette lumière s'est éteinte d'un coup.
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Les adaptations de films en jeux vidéo ont mauvaise presse, et pour cause : 99% du temps, les titres sont tout pourris, ne cherchant qu’àsurfer sur la vague de popularité du long métrage. Sauf que chez Gameloft, non : l’éditeur avait déjàdonné un avant-goà»t de sa capacité àtranscender un héritage filmique avec le jeu Iron Man 2 (bien meilleur que le film, un comble), et le studio récidive avec un pétaradant Fast Five.

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Si on peut penser ce qu’on veut de la franchise Fast & Furious (les films), force est de constater que les adaptations vidéo-ludiques qui en ont été faites jusqu’àprésent sentaient fort le pâté (lire par exemple notre test de Fast & Furious Adrenaline). La franchise avait bien besoin d’un coup de boost et Gameloft s’est proposé pour relancer l’affaire, avec un argument de poids en poche : Asphalt ! Par bien des égards, Fast Five ressemble en effet àun nouveau volet d’Asphalt, dont la dernière itération manquait cruellement de souffle (lire notre test). À tel point qu’on soupçonne Gameloft d’avoir déshabillé Pierre pour habiller Paul, et tester dans Fast Five quelques uns des mécanismes qui seront mis en place dans Asphalt 7.

Rapide, dangereux, ou les deux

Le jeu, dont le nom complet est Fast & Furious 5 : le jeu officiel (on continuera de l’appeler Fast Five si ça ne vous dérange pas !) suit les pas du scénario du film ; une histoire que le titre se fait fort de vous conter par l’entremise de panneaux fixes - on aurait apprécié des vidéos exclusives du film, mais avec 441 Mo sur la balance, le jeu est déjàsuffisamment lourd comme ça.

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Le scénario est chapitré en 10 parties, qui sont autant de courses àremporter au volant des bolides du film. Une fois la course d’un chapitre terminée et gagnée, le jeu propose au moins 4 compétitions se déroulant sur le même circuit. On y retrouve les classiques course, élimination (avec un certain nombre d’adversaires àexploser), chrono, dérapage… et une petite nouveauté, Dragster : il s’agit de passer les vitesses au bon moment, en tapotant sur les boutons du levier de vitesse quand une jauge passe au vert. Ce dernier mode apporte un peu de sang neuf, même s’il se révèle l’un des plus faciles.
Les points de gloire remportés durant ces compétitions permettront de débloquer le chapitre suivant.

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Évidemment, le jeu n’est pas vraiment une simulation de caisse réaliste : on lorgne clairement du côté de l’arcade, et on voit mal comment il en aurait été autrement avec un tel film. Gameloft s’appuie donc sur les acquis et l’expérience engrangés sur la série Asphalt (les 5 et 6, notamment) pour offrir un jeu en tous points spectaculaires, avec des raccourcis (clairement indiqués sur la mini-map), des tremplins, des étincelles sur les rutilantes carrosseries (mais toujours pas de gestion des impacts sur les textures des véhicules), et comme toujours la possibilité de prendre un virage à200 àl’heure en glissant contre un mur ! Ah, on ne se refait pas.

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Tout cela aurait pu suffire pour faire de ce Fast Five un jeu tout àfait sympathique ; mais l’éditeur en avait encore sous la pédale et visiblement marri des critiques envers Asphalt 6, a décidé de faire parler la poudre : il a donc introduit plusieurs nouveaux mécanismes originaux.

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Le plus spectaculaire est sans aucun doute les explosions de bâtiments qui viennent de temps àautre pimenter les débats ! Ces destructions impliquent des obstacles venant obstruer une partie du circuit, rendant ainsi la course un peu plus difficile. Malheureusement, au contraire de Split/Second où l’on pouvait décider du moment où balancer la sauce, les événements de Fast Five se contentent d’être des Quicktime Events se déclenchant au passage du joueur. Difficile donc dans ces conditions de jouer le chien galeux en explosant une construction au moment où ses adversaires passent juste devant… Quoi qu’il en soit, cette nouveauté reste bienvenue en cassant le ronron des courses.

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Et si malgré une vigilance de tous les instants, on se fait prendre dans l’éboulis d’un building ou contre une anfractuosité d’un mur sur lequel on glissait tranquille ? Pas de panique, Gameloft a pensé àtout : chaque course comporte la possibilité de « rembobiner » la course du joueur. Il suffit de choisir le moment où l’on veut redémarrer le jeu quelques instants avant l’accident fatal… Cette fonction (disponible trois fois durant chaque course) est bien vue même si elle rend le jeu assez facile.

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Enfin, on trouvera dans le menu de sélection un mystérieux Marché clandestin : c’est làqu’on viendra pour pourrir la vie de ses adversaires, par exemple en sabotant deux véhicules au hasard pour réduire leur vitesse, empêcher un adversaire de passer les vitesses, ou encore toute une volée d’options pour obtenir plus de turbos, un « dérapeur » plus performant ou encore de gagner plus d’argent lors des Démonstrations (lorsque le joueur réussit un joli drift, par exemple).
Ces options, tout comme les turbos d’ailleurs, se dénichent directement sur les circuits ou se débloquent en assurant durant les courses.

Du diesel dans le moteur

Qui dit Fast & Furious dit évidemment garage, et on retrouve dans le jeu une vingtaine de véhicules issus de l’écurie du film, dont un gros paquet de Dodge. Il est possible d’en améliorer l’esthétique (ça ne sert pas àgrand chose et ça coà»te cher), ainsi que les performances, ce qui est plus intéressant. À l’inverse d’Asphalt, ces modifications sont disponibles par packs : c’est donc tout ou rien, il n’est pas possible de panacher entre la vitesse, l’accélération et la maniabilité.

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Et comment on fait si on n’a pas d’argent pour s’offrir les meilleures bagnoles ? C’est simple : soit on gagne des courses àla sueur de son front et de ses doigts, soit on en passe par la boutique intégrée qui propose des « packs d’argent » dont le premier prix est de 0,79 euro pour 200 000 billets. On retrouvera cette boutique dans le mode multi sur lequel on reviendra.
Bon, je ne vais pas vous rejouer le coup de gueule contre les achats in app, mais retrouver une boutique dans pratiquement tous les jeux payants, ça commence àdevenir franchement lourdingue.

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Autre grief plus pénible cette fois : les temps de chargement sont étrangement longs, y compris sur un iPhone 4 censé pourtant bomber comme un fou. Je ne vous raconte pas alors ce qu’il en est sur des appareils moins puissants…

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Enfin, les développeurs n’ont pu résister àla tentation de coller des jolies filles avant chaque course, dans une cinématique impossible àzapper. Ça n’est pas que l’idée soit mauvaise compte tenu du matériau du film, mais il aurait fallu utiliser autre chose que le moteur de rendu du jeu pour l’animer car les filles en question ressemblent plus à3 bouts de polygones les uns sur les autres qu’àd’appétissantes cagoles. Donc la prochaine, abstenons-nous voulez-vous !

Des carrosseries bien charpentées

Outre le mode solo qui vous occupera un certain temps, Gameloft n’a pas oublié de proposer un multi bien charpenté, permettant de courir contre un maximum de 10 adversaires, en ligne via le Live ou en local, en Bluetooth ou wifi. Le jeu étant assez récent, les serveurs ne sont pas particulièrement encombrés et àl’heure de notre test, on ne se bousculait pas au portillon.

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Il est possible de créer une course selon plusieurs critères : présence ou non d’adversaires IA, nombre de participants, mode miroir et sélection du circuit, type de courses… Outre la course normale, ce dernier critère comporte un mode élimination, dragster, et lapin qui consiste àsuivre une flèche mieux que ses adversaires, au sein de deux circuits particuliers (les autres modes permettent de conduire sur les 10 circuits du solo).
Si on retrouve les QTE, en revanche et assez logiquement, le rembobinage est absent.

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Un aspect intéressant du multi est l’attribution de points d’XP au fil des courses, ce qui permet de débloquer de nouveaux véhicules. Remporter une compét’ rapporte dans les 300 points, tandis que la moindre voiture un peu potable coà»te 15 000 points : faites le compte, il va falloir en gagner, des courses !
Et si jamais on trouve que décidément, la vie est bien difficile pour les manches au volant, on pourra en passer par la boutique pour acheter de l’XP supplémentaire… Et ne comptez pas tricher en enquillant les parties en local, celles-ci n’offrent aucun point d’XP, qu’est-ce que vous croyez !

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Au niveau de la réalisation, et en-dehors des jeunes femmes assez mal polygonées ci-dessus, il faut bien avouer que les voitures sont plutôt réussies. Les effets de lumière (et les circuits regorgent d’ombres) sur les carrosseries sont splendides et pour une fois, on entr’aperçoit même son avatar confortablement assis.
Le joueur disposera de plusieurs vues, mais hélas, pas l’ombre d’un cockpit.

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Les circuits, au nombre de 10 (mais certaines villes reviennent deux fois), ont des parcours variés et très agréables àparcourir. Il y a pas mal de petits détails àdroite àgauche, sans compter les effets et les détritus provenant des explosions de bâtiments. Pour tout dire, on est au même niveau que Need for Speed : Hot Pursuit, ce qui est un sérieux gage de qualité.
La bande-son se laisse gentiment oublier dans un coin et étrangement, il n’est pas possible d’écouter sa propre musique, àl’inverse d’àpeu près tous les jeux Gameloft. Et comme souvent chez cet éditeur, au rayon réseautage, le jeu n’intègre aucun système de succès ni même de tableau de scores, ce qui n’est pas très gentil.

Pour conclure

À bien des égards, Fast Five pourrait s’appeler Asphalt 7. On s’attend d’ailleurs àvoir débouler certaines des innovations de cette adaptation dans la prochaine mouture de la franchise asphaltée… Quoi qu’il en soit,le jeu assure dans tous les compartiments, aussi bien au niveau de la conduite, très arcade comme il convient, qu’àcelui de la réalisation, de haut niveau. Et le multi est suffisamment bien balancé pour offrir au tout une durée de vie conséquente - si ce n’était les temps de chargement et la boutique en trop, le jeu serait parfait, mais en l’état c’est déjàdu très bon. Sans doute meilleur que le film, et moins cher !

Version de test : 1.0.1
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : localisé en français
Affiliation réseau : tiens, rien
Tarifs : 3,99 euros (iPhone/iPod), 3,99 euros (iPad)

Téléchargez Fast & Furious 5 : le jeu officiel
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