Dream:scape : un rêve, mais pas de jeu

Par iMike le 15 juin 2011 à 18h05

Dream:scape : un rêve, mais pas de jeu

Un avant-goà »t du paradis, ou un arrière-goà »t de l'enfer ? Que l'on se place du côté des admirateurs ou des contempteurs de ce jeu unique, dream:scape ne laisse pas indifférent !
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Plus qu’un jeu, il faudrait parler de dream:scape comme d’une expérience, entre l’exploration d’un monde enchanté mais inatteignable et la contemplation. Tout cela fait-il un jeu ? Peut-être pas, mais en attendant on aura vécu quelque chose d’assez unique.

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Wilson, le héros du jeu, est mort. Enfin, pas encore tout àfait : avant de rejoindre définitivement la place qui lui est dà», il doit traverser le monde de son enfance et de son adolescence, dans une petite bourgade américaine en campagne. Il y a làplusieurs secrets oubliés àretrouver et àconsigner dans un journal intime, qui se remplira au fur de ses découvertes. Et quand il sera plein, il sera temps de mourir enfin…

Un fantôme dans la machine

Un scénario très original pour un jeu qui ne l’est pas moins : le studio Speedbump a soigné l’histoire, très mélancolique, de Wilson, le personnage que le joueur incarne dans les limbes. Ces dernières se composent de plusieurs zones : campagne, village, terrain d’aviation, tous semblant tirés d’un tableau de Norman Rockwell ou d’Edward Hopper : l’Amérique éternelle des années 50. Il faut accepter de se laisser entraîner dans ce monde qui nous est largement inconnu ànous aut’, pauvres Européens, mais qui se révèle riche de rêveries.

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Le jeu consiste àpartir àl’exploration des limbes, aidé d’une malheureuse carte fort imprécise contenue dans le journal. On remarquera rapidement que certains passages sont bloqués par de féroces créatures - mais pour chacune, un objet permettra de les déloger, ouvrant ainsi le passage. Il faudra donc pénétrer dans les bâtiments plus ou moins en ruine, tel l’église, la cabane ou la grange, qui contiennent un objet àramasser et àutiliser àbon escient.

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Autant le dire tout de suite : le jeu est assez crispant merci. Wilson ne peut transporter qu’un seul objet avec lui, et il faudra impérativement que ce soit celui recherché. Il y a par exemple dans la cabane un marteau qui traîne et dont on sent immédiatement qu’il va servir àquelque chose… Malheureusement, il faudra d’abord filer dans la grange, débloquer l’action qui réclame l’usage du marteau, aller chercher l’outil puis revenir dans la ferme… Une façon certes habile d’augmenter la durée de vie du jeu, mais question gameplay on a déjàvu plus efficace… ne serait-ce que par exemple un simple inventaire !

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Autre séquence un peu pénible, celle qui consiste àse servir des items permettant de se débarrasser des « gardiens » : il s’agit de réaliser une suite de gestures (balayage haut, bas, droite, etc.) indiquée par des flèches et ce, le plus rapidement possible. Ces phases d’action se révèlent pataudes en diable et pas vraiment dans le ton contemplatif du jeu.

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On regrettera également l’absence de personnages « réels » qui apparaitraient dans le jeu histoire de donner un peu de grain àmoudre en « vrai » àWilson : que nenni, àl’exception des animaux vus plus haut et d’un épouvantail, la vie a totalement déserté le jeu. Heureusement, les voix off sont làpour animer et aiguiller le joueur.

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Le gameplay se base sur deux molettes, une pour se diriger, l’autre pour regarder ce qui se déroule autour de soi. Un système de jeu classique mais pas forcément adapté àun titre qui n’a rien d’un FPS ! Il est de plus impossible de régler la sensibilité des pads, du coup on part plus souvent dans le décor qu’on ne le voudrait.
Bref, question jeu pur et dur, autant dire que dream:scape ne remplit pas vraiment ses objectifs…

… mais fort heureusement, dream:scape va au-delàdu jeu !

Une expérience pas très joueuse

Ce qui importe dans ce titre, c’est l’ambiance. Le joueur est bercée par une douce lumière de fin d’été et des bruitages plus réalistes que nature. À cet égard, il faut impérativement porter un casque durant ses parties, car l’environnement sonore est réellement épatant. Les voix des différents protagonistes qui résonnent au loin hérisseront le poil des plus endurcis ! Le travail sur les dialogues et le jeu en lui-même des acteurs est d’excellente facture, mais malheureusement en anglais seulement : certains indices étant contenus dans ce que chuchotent les fantômes du passé, autant dire qu’il va falloir tendre l’oreille et le dico.

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Et il y a évidemment le moteur Unreal Engine qui apporte son raffinement… du moins, sur iPhone. Car sur iPad (deuxième génération, en l’occurrence), le jeu se révèle bien moins agréable àparcourir : les textures sont pixellisées, la végétation est encore plus carrée que sur l’iPhone, bref, on sent que le studio a dà» dégrader les performances de sa réalisation pour toucher un public plus large que le seul iPhone 4. À ce propos, on gagnera àredémarrer son smartphone ou son baladeur avant de débuter une partie : le jeu est en effet très gourmand en mémoire…

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Une fois le jeu terminé (12 chapitres en tout dont les différents éléments s’imbriqueront les uns dans les autres pour révéler une histoire plus sombre qu’il n’y paraît), on pourra s’offrir des visites libres au sein d’un univers au final assez grand, qu’il faudra connaître par coeur pour en apprécier tous les recoins - vous ferez suffisamment d’allers-retours dans les limbes de Wilson pour vous repérer d’un coup d’un seul, de toutes manières.

Pour conclure

Dream:scape n’est pas vraiment un jeu. C’est une sorte d’Epic Citadel (la première démo du moteur Unreal sous iOS) avec quelques trucs àfaire. Le titre de Speedbump n’est pas aussi beau, loin s’en faut, que cette démo et pour tout dire, le « jeu » en lui-même est assez frustre. Le scénario est de toutes façons suffisamment bien écrit pour qu’on s’accroche jusqu’au dévoilement de la vérité…
En revanche, l’expérience que le titre procure en terme de sensations (en particulier sonore, un comble pour une app qui mise en partie sur son gros moteur graphique) est assez unique pour peu qu’on accepte de rentrer dans cet univers cotonneux. Au final, un jeu pas terrible mais une atmosphère réussie : on tient la moitié de ce qui aurait pu se révéler un excellent titre.

Version de test : 1.2
Machine de test : iPad 2, iPhone 4
Niveau d’anglais requis : y’a plutôt intérêt
Affiliation réseau : peaud’

Téléchargez dream:scape

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