Dragon’s Lair 2 : coincé dans le passé

Par iMike le 17 juin 2011 à 18h05

Dragon's Lair 2 : coincé dans le passé

Pour les beaux yeux de la princesse Daphné, on serait prêt à tout, mais était-il tout de même nécessaire d'adapter Dragon's Lair 2 : Time Warp sur iPhone ?
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On se demande bien quelle mouche a piquée les éditeurs pour nous balancer des adaptations de LaserDisc interactifs des années 80 et 90. C’était déjàpas top àl’époque àcause d’une technologie pas vraiment calibrée pour les écrasements frénétiques de touches sur la télécommande de la téloche, alors pourquoi ce serait mieux aujourd’hui ?

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Il y a pourtant des exceptions àla règle, comme Road Blaster par exemple (lire notre test), plus proche d’un jeu de bagnoles que d’une aventure LaserDisc où tout est réglé comme du papier àmusique via un tapotage en règle et dans l’ordre des touches. Dragon’s Lair fait partie de ces jeux àl’intérêt vidéo-ludique assez faible, mais fort heureusement le LaserDisc a bénéficié du soin apporté par son principal artisan, Don Bluth. L’animateur, ex de Disney, a àson actif plusieurs grosses productions (« Le Secret de Nimh », « Anastasia », « Titan AE »â€¦) et ne rechigne jamais às’impliquer dans des projets plus techno : des LaserDisc donc, mais aussi très récemment dans le remake de Tapper, Tapper World Tour (notre test). Bref, cette franchise est devenue culte depuis le premier épisode sorti en 1983 ! Mais appelait-elle vraiment une adaptation sur nos iPhone ?

Dirk ahane, garde !

À cette question, Electronic Arts a déjàrépondu oui, en proposant le premier épisode des aventures du chevalier Dirk l’an dernier, avec un succès somme toute mitigé. Malgré tout, ça n’empêche pas l’éditeur de récidiver aujourd’hui avec la suite, Dragon’s Lair 2 : Time Warp !

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Dans ce deuxième volet, le joueur retrouve ce bon vieux Dirk, cette fois marié àsa douce Daphné (sauvée dans le premier épisode) et àla tête d’un sacré paquet de chiards. Imaginez lorsque le méchant Mordroc se met en tête de kidnapper une fois de plus Daphné pour la marier de force - mais cette fois, le sorcier a emprunté les failles du temps et il va falloir sauter d’une période àune autre pour sauver sa moitié.
Le jeu comporte ainsi 8 séquences animées se déroulant plutôt dans des dimensions délirantes (Alice au Pays des Merveilles, le jardin d’Eden…) que dans des strates temporelles bien définies.

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Au final, ça ne change pas grand chose au jeu puisqu’autant le dire, on ne risque pas de voir ce qui se déroule àl’écran : le gameplay consiste en effet àtapoter sur les bons boutons au moment où on vous l’indique. Du coup, le joueur restera fixé sur ces boutons (un bouton d’action et un pad directionnel) plutôt que sur l’action en elle-même… C’est une sorte de tap to shoot qu’on nous propose là, dans la droite ligne du LaserDisc de l’époque où il s’agissait d’écraser les touches de la télécommande.

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La déception est donc de mise, puisque le joueur ne profite pas du dessin animé àproprement parler et de son action délirante, àla limite du portnawak parfois ! Cependant, le titre joue subtilement de son aspect répétitif : àforce d’en recommencer encore et encore les chapitres (àchaque « mouru », on redémarre d’un checkpoint), le joueur commence àapprendre les combinaisons de touches ; de là, il devient finalement possible de jouir du spectacle proposé !

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Un autre bonus (également présent dans l’original) consiste àrécupérer des objets habilement cachés dans des coins du décor. Une fois repéré, il faudra se « diriger » vers l’item pour le choper… et il ne faudra pas négliger de s’adonner àce sport car ce n’est qu’une fois en possession de tous les trésors que l’on accèdera àla fin du jeu.

Heureusement, il reste le dessin animé

Le jeu se révèle donc répétitif au possible, mais en cela il respecte le matériau original : les plus nostalgiques apprécieront certainement plus que les joueurs plus jeunes qui se demanderont dans quelle galère ils se sont embarqués. Le titre a pour lui d’être dynamique et surtout, il s’agit quand même d’un dessin animé de première classe.

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Bon OK, avouons qu’en face des derniers dessins animés sortis en salle, Dragon’s Lair peut faire pâle figure. Mais tout de même, sachons reconnaître le talent : Don Bluth et ses équipes ont réalisé un superbe travail d’animation et de design. Si l’action peut paraître franchement frénétique par moment, il n’empêche que nous sommes làen présence d’un vrai film animé àla main et àl’ancienne, avec couleurs qui bavent et jolies trouvailles graphiques, sans compter une bonne dose d’humour bon enfant. Par contre, il aurait été sympa de restaurer quelque peu les dessins car le jeu est clairement dans une résolution encore plus faible que le 480 x 320 d’avant Retina.
Les voix et la bande-son sont àl’avenant de ce travail d’artisan qui rappellent évidemment le Disney de l’époque.

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Le jeu comporte la fin originale ainsi qu’un director’s cut sous la forme d’un final alternatif que nous vous laisserons le plaisir (ou pas) de découvrir. Au chapitre des bonus supplémentaires, pas grand chose malheureusement àse mettre sous la dent : une bande-annonce, la possibilité de jouer avec des vies infinies (ou 3, ou 5), un jeu pour gaucher, et puis pas lourd. Pire encore, le jeu n’a pas l’air optimisé pour iOS 4, l’action ne met pas sur pause en cas d’appel par exemple… et il est impossible de ne jouer qu’àun chapitre en particulier !
Comme toujours chez Electronic Arts, aucun support d’un réseau quelconque, ça aurait été sympa de disposer d’un système de trophées, par exemple…

Pour conclure

C’est certain qu’il est toujours agréable de revoir la trombine de l’ami Dick, aux prises avec sa belle-doche et Mordroc. Le problème, c’est que le jeu a assez mal vieilli et contrairement àRoad Blaster, on tapote bêtement sur les boutons sans trop savoir pourquoi. L’éditeur ne s’est pas non plus trop foulé dans l’adaptation : le jeu n’est pas chapitré, il n’y a eu aucun effort pour améliorer la qualité graphique du dessin animé, les bonus sont très maigres et la durée de vie vraiment limitée. Je suis arrivé àla fin du jeu en àpeine 20 minutes, sans avoir ramassé les trésors je vous rassure… mais tout de même. Et la rejouabilité est particulièrement faible comme toujours avec les LaserDisc. Bref, le bilan est très mitigé, mais heureusement que le génie de Don Bluth reste présent… et que le jeu n’est pas cher.

Version de test : 1.0.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : sous-titré en français
Affiliation réseau : coup d’épée dans l’eau

Téléchargez Dragon’s Lair 2 : Time Warp

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