Julius Styles : ça manque de style

Par iMike le 23 août 2011 à 18h05

Julius Styles : ça manque de style

Voilà un drôle de jeu : mélange de casse-têtes et de point & clic, avec en vedette Wesley Snipes - on demande à voir…
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Ils sont nombreux les acteurs de série B, voire Z, àapparaître dans la liste des losers sympathiques. Si Liam Neeson et Val Kilmer sont dans l’antichambre, Jean-Claude Van Damme et Wesley Snipes en font partie depuis un moment ! Et c’est donc avec plaisir que l’on retrouve l’interprète de Blade dans Julius Styles - The International, un jeu étonnant àbien des égards.

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L’acteur tout en muscles a, c’est le moins qu’on puisse dire, fait de bien mauvais choix depuis quelques années et le succès du diurnambule : films sortis directement en vidéo pour payer les factures, et quelques soucis avec la justice US qui l’ont collé àl’ombre pour quelques temps. C’est de sa cellule que notre homme a imaginé et conçu une partie du concept du personnage de Julius Styles, un mercenaire àla solde d’une officine privée qui pourrait se transformer en film - si toutefois Snipes se décide àarrêter de faire n’importe quoi de sa vie.

Du muscle et de la cervelle

Julius Styles - The International met en scène une sorte de Jim Phelps (ou d’Ethan Hunt pour les plus jeunes) très musculeux, àla tête d’une bande de spécialistes en tout genre, qui travaille non pas pour une émanation gouvernementale comme dans Mission Impossible, mais pour un groupement d’intérêts privés. Le but de ces hommes d’affaires : forcer la main des dirigeants de pays corrompus pour continuer àengranger les bénéfices. Styles et son équipe sont le bras armé chargé des basses oeuvres…

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Le scénario du jeu est donc plutôt malin et son exécution est assez étonnante : làoù on attendait un beat’em all bien bourrin, il s’agit plus d’un décalque de… Puzzle Agent, mêlant séquences de point & clic avec des casse-têtes ! Au vu du profil des rôles habituels incarnés par Snipes, on salue donc l’ingéniosité de cette histoire.

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Le jeu se déroule en 3D isométrique. Le joueur pilote l’ami Styles en tapotant àl’écran làoù il souhaite diriger l’agent très spécial. La majeure partie de l’aventure se déroule au Turkménistan, un coin du monde totalement inconnu qui autorise toutes les ficelles scénaristiques : une réception chez l’ambassadeur, un tour au bordel local, …

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Basiquement, le titre offre deux types de gameplays. On y trouve tout d’abord du point & clic très classique àbase de combinaison d’objets et de glisser/déposer, parfois dans la confusion la plus totale : quelle est donc la logique qui pousserait un joueur sain àmixer une batterie de perceuse avec une lampe-torche, le tout enrubanné dans du gros scotch et relié par des pinces crocodiles ? Pas grand chose. C’est pourtant le genre de choses qu’il faudra réaliser si l’on souhaite avancer dans l’aventure…

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Autant dire que pour franchir une étape, il va falloir tester d’imbriquer des items les uns dans les autres en espérant que cela débouchera sur quelque chose. Toutefois, soyons juste : les descriptifs des objets sont assez complets et donnent parfois quelques pistes, tout comme la liste des missions accessible en tous temps depuis le PDA (un PDA !) de Julius. Malheureusement, le jeu implique de réaliser les actions dans un ordre pré-défini : il faudra par exemple balancer des tuyaux avant de pouvoir lancer un générateur qui permettra d’alimenter un ascenseur… et pas l’inverse !
Le scénario souffre ainsi de nombreuses failles, dont la moindre n’est pas la vitesse cacochyme du héros, toujours cool même lorsqu’il faudrait qu’il s’active ! Étant donné la nature du jeu et l’obligation de traverser 20 fois les mêmes décors, on aurait bien apprécié le voir courir un peu.

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L’aspect point & clic est encore renforcé par des phases de dialogues plutôt amusantes même si elles n’apportent pas grand chose : qu’il réponde de façon sarcastique ou impliquée, le joueur devra réaliser les actions attendues.

Wesley àla rescousse

Julius Styles comporte également un certain nombre de casse-têtes, qui serviront par exemple àouvrir un coffre-fort, activer un ascenseur ou crocheter une porte. Certains reviennent plusieurs fois, comme les réussis crochetages ou puzzles, d’autres sont franchement plus casse-pieds, àl’instar du décryptage de mot de passe àbase de roues tournantes sincèrement incompréhensible. On est loin de l’excellence de Puzzle Agent qui reste la référence dans ce domaine.

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Il n’en reste pas moins que ces casse-têtes pourront être tous résolus en un simple tour de main : il suffit d’attendre une minute ou deux pour que le bouton Exit soit disponible - un tapotage dessus et hop, pas besoin de résoudre l’énigme, le joueur est gagnant àtous les coups ! On aurait largement préféré un système d’indices incrémentiel àla manière de Back to the Future par exemple… En revanche, cette porte de sortie ne révèle pas les solutions des casse-têtes : une consolation pour celui qui voudra y revenir.

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Qui dit Wesley Snipes, dit forcément action. Et sanglante, s’il vous plait… Malheureusement, les phases bourrines sont particulièrement faiblardes : il suffit de dégainer et de tapoter sur les minions qui déboulent. Ces séquences sont très rares (trois ou quatre seulement) et elles sont désespérément creuses. C’est vraiment ballot que le jeu n’ait pas ménagé quelques scènes de baston pure et dure, àbase de gestures par exemple…
Le jeu, qui n’est que l’épisode 1 d’une saga en devenir (du moins, si le succès est au rendez-vous, ce qui n’est pas gagné), se termine assez rapidement et il faut bien dire que la rejouabilité n’a rien d’assurée.

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Au niveau de la réalisation, il faut en revanche accorder àl’équipe du studio Lapland un excellent travail question décors et séquences intermédiaires. Certes, le jeu offre au final assez peu de niveaux, mais ils sont graphiquement joliment réalisés. L’animation de Styles est chaloupée et bien détaillée même si on aurait aimé qu’il se magne parfois le train. Carton jaune par contre sur les ralentissements, voire parfois des freezes de l’action : pour un jeu qui offre très peu d’action, c’est vraiment rageant.

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La bande-son offre un petit canevas audio adapté au jeu, mais le fan de Wesley Snipes sera désolé d’apprendre que ce n’est pas l’acteur qui assure le doublage de son avatar virtuel : le bonhomme étant en prison, il n’est pas vraiment libre de ses mouvements…
OpenFeint apporte enfin une liste de trophées.

Pour conclure

Sur le papier, ce projet avait tout pour faire tiquer : un acteur de série B emprisonné, un studio finlandais àla manoeuvre, un mix point & clic et casse-tête, une communication peu claire de l’éditeur… Au final, le tout ne s’avère pas très emballant mais on est loin de la catastrophe annoncée. Certains casse-têtes sont assez élaborés et la réalisation n’a rien de honteux. Alors certes, ce titre manque de tout : le scénario est décousu, certains éléments sont franchement incongrus, l’implication de la vedette est limitée… L’amateur d’énigmes en restera àl’excellent Puzzle Agent, et le fan de baston préfèrera d’autres titres mieux adaptés àson tempérament. Julius Styles - The International n’est pas terrible, mais on avoue un petit faible pour ce jeu qu’on n’aurait même pas regardé si Wesley Snipes ne s’y était pas impliqué. Ce but-ci au moins est atteint…

Version de test : 1.1
Machine de test : iPhone 4
Poids : 136 Mo
Niveau d’anglais requis : il y a plutôt intérêt
Affiliation réseau : OpenFeint

Téléchargez Julius Styles : The International

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