Emissary of War : barbare ou barbant ?

Par iMike le 28 août 2011 à 18h05

Emissary of War : barbare ou barbant ?

Les barbares ont la cote en ce moment, mais cela ne risque pas de durer s'ils sont tous de la trempe de Ghent, le héros du premier jeu de Cedar Hill Games.
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On peut être barbare sans pour autant être dénué d’intelligence. C’est du moins ce que veut prouver Ghent, un guerrier àgrosse épée qui se pique de diplomatie… Un hobby qu’il va toutefois payer cher.

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Voyez comme les choses tombent bien : àl’heure où la hype autour de Conan va redémarrer àla faveur du film qui sort cet été, le studio Cedar Hill Games, fondé par un ancien de Bioware, lance Emissary of War, un hack’n slash mettant précisément en scène un barbare. Oui mais attention, celui-làa de la jugeote àrevendre et sait ranger àses côtés les tribus réputées les plus difficiles, au service du royaume du Dominion. C’est lors d’une de ces missions de paix qu’il met au jour un complot qui pourrait bien précipiter la perte de sa contrée…

Oiseau de mauvaise augure

Emissary of War est un jeu bien particulier. Si au premier abord on devine le hack’n slash le plus bourrin, dans les faits, le titre s’annonce peut-être pas plus complexe, mais d’une toute autre nature. Notre ami Ghent est en effet suivi comme son ombre par Hassock, un alchimiste réputé faisant office àla fois de sidekick comique et surtout d’aide très précieuse : ses potions, qu’il concocte même en plein coeur du champ de bataille, permettront en effet au barbare et àlui-même de régénérer leurs jauges de vie, mais également d’armes redoutables : poison, bombe, ralentisseur… Tout cela se montrera fort pratique pour remporter la partie.

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Mais avant d’aller plus loin, revenons sur le gameplay très particulier du jeu. Pour envoyer Ghent batailler, il n’y a rien de plus simple : il suffit de tapoter sur un ennemi. Pas de gestures particulières, pas de molette ni de bouton d’action àperforer ! Pour le déplacement, c’est assez semblable : une tape àun endroit du décor et la petite troupe s’y rend. Pour visualiser le paysage, le joueur maintient son doigt tout le déplaçant sur la surface de l’écran.
Mais alors, si on n’a rien de particulier àfaire durant les combats sinon de désigner les futures victimes de Ghent, que reste t-il au joueur ? Les fameuses potions !

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Il est en effet chaudement recommandé de multiplier les potions, qu’elles soient défensives ou d’attaques, en demandant àHassock de les balancer au débotté sur le héros. La file peut contenir une bonne dizaine de potions que l’alchimiste concoctera sans mot dire - attention toutefois : si jamais ce dernier meurt, Ghent sera seul pour finir la bataille, Hassock ne respawnant qu’àla fin du combat. Il s’agit dont surtout de protéger son acolyte plutôt que de partir combattre loin de lui…
Toutefois, Hassock a du répondant et sait de lui-même se défendre ; mais il est faible et sa jauge de vie aura tendance àbaisser rapidement !

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Chaque monstre occis et coffre pillé sont l’occasion de récupérer quelque argent que l’on pourra dépenser en épées et potions au sein de la boutique du jeu. Il y a quatre types d’épées, chacune apportant avec elle un pouvoir spécial que le joueur pourra déclencher une fois la jauge de capacité pleine.
Il existe une autre manière d’améliorer les deux protagonistes du jeu : des runes, àrécupérer dans des coins reculés des différents niveaux. Grâce àces items, on pourra augmenter la puissance, la résistance ou la vitesse de nos deux héros.

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Pas d’XP, pas d’attribution de ressources ni d’items àéquiper : le versant RPG de ce hack’n slash se révèle donc extrêmement ténu, et c’est bien dommage car comme on le verra plus tard, le jeu est très très facile.
Quoi qu’il en soit, la touche stratégique de la gestion des potions est très originale et donne un cachet de type tower défense aussi inattendu que bienvenu.

Une quête trop facile

Et on a envie de dire : heureusement, car pour le reste du gameplay, c’est quand même très limité. Outre la quasi-absence de ce qui fait habituellement la moelle d’un hack’n slash, le jeu se résume àréclamer des potions et àprotéger Hassock. On aurait apprécié d’être limité au niveau des potions, ou encore de devoir récupérer des herbes spéciales pour en développer certaines, voire, soyons fous, d’effectuer des gestures particulières pour les créer, ou encore d’avoir la possibilité de choisir leur emplacement final.

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Rien de tout cela dans Emissary of War, qui se révèle donc particulièrement facile. Les potions infinies d’Hassock ôtent àEmissary of War une grande partie de sa difficulté potentielle - dans un twist très étonnant, la fin du jeu ne met plus en scène que deux barbares, ôtant au titre tout cette couche stratégique pour se transformer en un simple jeu bourrin sans trop d’intérêt (ce d’autant plus qu’on a finalement peu de prise sur l’action en elle-même).

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Par ailleurs, un carton rouge àCedar Hill pour n’avoir pas intégré ni mode sans fin (une hérésie !), ni mode deux joueurs, ne serait-ce qu’en local et Bluetooth ! Franchement, pour un jeu qui dont le gameplay repose sur la bonne coopération de deux équipiers, c’est vraiment dommage de n’y avoir pas songé. Peut-être dans une prochaine mise àjour ?

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Un gameplay au final décevant et c’est malheureux car sans atteindre les sommets du Dungeon Hunter de Gameloft, la réalisation est très correcte. Certes, il faut se faire au design des nombreuses cinématiques (ah, la coupe de cheveux de Ghent…) qui parsèment l’action et approfondissent un scénario pas si idiot, mais l’action en elle-même est bien exécutée même si on aurait aimé disposer d’un zoom pour mieux visualiser qui fait quoi sur qui au sein d’une mêlée.
Les différents décors et personnages, bien que très polygonisés, n’en restent pas moins agréables àvisualiser, certains paysages faisant même montre d’un certain sens de l’esthétique.

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La bande-son mérite quelques mots, en particulier le doublage des différents personnages qui certes, est tout en anglais, mais qui participe de la bonne humeur qui arrive malgré tout àse dégager du jeu.
En revanche, pas de classements mais une liste de succès Game Center : un peu léger pour un titre dont on imagine assez aisément un système de scoring.

Pour conclure

Pour un premier jeu, le résultat est mi-figue mi raisin : il y a d’un côté un concept intéressant (l’alliance d’un alchimiste et d’un guerrier), soutenu par une réalisation qui sans briller, n’est pas honteuse, et de l’autre l’absence presque totale d’une gestion façon RPG des potions et des héros. Au final, un jeu trop facile qui n’offre en plus aucune prise directe dans les combats.
Les développeurs ne sont clairement pas allés au bout de leur idée, on dirait même qu’ils se sont contentés d’en gratter le vernis pour n’offrir qu’un jeu qui aurait pu et dà» se montrer àla hauteur d’un prémisse prometteur. Rajoutez àcela une durée de vie trop maigre, et on obtient un titre qui atteint tout juste la moyenne.

À noter que si le jeu vous intéresse malgré tout, le premier chapitre est jouable gratuitement, il faudra ensuite payer 2,39 euros pour débloquer le deuxième volet.

Version de test : 1.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : pas inutile pour suivre l’aventure
Affiliation réseau : Game Center

Téléchargez Emissary of War

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