Race Illegal : du bruit, manque de fureur

Par iMike le 14 septembre 2011 à 18h05

Race Illegal : du bruit, manque de fureur

Avec Race Illegal, Chillingo nous fait son Asphalt. Ce nouveau jeu de courses a parfois un peu de mou dans le moteur, mais la carrosserie n'est pas si mal.
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Parmi l’incroyable variété de jeux du catalogue de Chillingo, il manquait un genre bien particulier : celui du jeu de courses de bagnoles bien bourrin. Voilàqui est comblé avec Race Illegal : High Speed 3D. Pour le meilleur, mais aussi parfois pour le pire…

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Le dernier épisode d’Asphalt 6 avait laissé des souvenirs amers chez les joueurs férus de courses de caisses fofolles : Gameloft s’était contenté de quelques maigres nouveautés pour ce qui n’était au final qu’une version 0.5 de l’excellent Asphalt 5. Orphelins donc de leur jeu de bagnoles favori, nous nous rendîmes, cébilles en main, quêter du côté de Chillingo pour voir si l’éditeur n’avait pas dans ses cartons un jeu àmême de nous redonner le sourire. L’opération est plus ou moins réussie.

Déboite un coup, t’es tout pâle

On s’est posé un moment très sérieusement la question de savoir si le ou les personnes se cachant derrière le scénario de ce jeu étaient aussi responsables des fascinantes histoires de la saga cinoche Fast & Furious. Renseignements pris, non. Mais enfin, le mode Histoire assène au joueur un tel tissu de clichés que ça aurait pu ! Quoi qu’il en soit, il faudra en passer par làpour débloquer tout le contenu d’un titre qui n’en manque pas, de contenus. Et de clichés, aussi.

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En gros, il s’agit de prendre part àun championnat de courses illégales, le tout enrobé dans une histoire de vengeance entre deux gangs… Les filles y sont faciles et les mecs, sà»rs de la testostérone qu’ils dégagent. Ce genre de scénario ne dérangerait pas outre mesure, s’il ne s’illustrait pas par des imagettes au style semi-réaliste clairement tricard depuis les années 80, et si Chillingo ne nous infligeait pas des animations labiales dignes d’un dessin animé coréen cheap réalisé par des enfants en prison. Cependant, on appréciera de pouvoir afficher sa trogne de gangster durant ces courtes séquences lénifiantes.

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Fort heureusement, le jeu ne se réduit pas àson scénario. Il s’agit surtout de piloter des bolides tout au long de (longs) circuits qui manquent de raccourcis assassins, mais pas de paisibles conducteurs dont on prendra garde d’enfoncer les carrosseries. Le jeu se découpe en trois classes de véhicules àacheter grâce aux sous que l’on récupère au fil des courses. Certaines sont fort rémunératrices, et àce titre on n’hésitera pas àles courir encore et encore histoire d’engranger le maximum de sous.

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Les 9 voitures proposées ne sont pas licenciées, du coup on roulera en Corona, en Latona ou en Phenix, des noms un peu ridicules certes, mais qui ont un avantage : les dégâts subis durant les courses seront bien visibles sur leurs carrosseries ! Il est vrai que les constructeurs apprécient peu de voir leurs véhicules complètement défoncés…

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Puisqu’on est dans le garage, restons-y encore un moment en évoquant les possibilités de tuning, qui permettent d’améliorer la vitesse, le turbo ou encore l’accélération. Un vrai Jacky ne saurait sortir sa caisse sans en avoir modifié la couleur ou appliqué de nouveaux décors : ne vous inquiétez pas, c’est prévu, et c’est gratuit.
Tout cela étant dit et plutôt bien dit ma foi, abordons le cÅ“ur de tout jeu de courses qui se respecte : heu, la course quoi.

Roulez légal

Une fois sur le circuit, Race Illegal ne réinvente pas le fil àcouper l’eau chaude. On pourra utiliser l’accéléromètre, des boutons tactiles ou encore un volant virtuel pour piloter sa voiture, qui je vous rassure, accélérera toute seule. Un turbo est activable en glissant son doigt vers le haut, mais attention àne pas dilapider la jauge de boost ! Celle-ci se remplira toutefois au gré des drifts assez faciles àsortir.
L’impression de vitesse n’est pas mal rendue, en particulier lors des turbos qui provoquent un effet de flou àl’écran bien fichu. Los de passages un peu rock’n roll type tremplins, le jeu offre une animation en temps réel qui ferait passer Rémy Julienne pour un cascadeur de bac àsable.

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Comme on l’a dit plus haut, les circuits sont assez longs et offrent quelques belles occasions de doubler ses adversaires. Il y a cependant un truc qui cloche, c’est l’IA de ces mêmes concurrents : on a en effet l’impression que les développeurs du jeu ont mis au point des chemins prédéfinies pour chacun des véhicules en course qui du coup, ne montrent aucun « libre arbitre » : en recommençant une course, on retrouve donc grosso modo les mêmes adversaires aux mêmes endroits, et si on conduit de la même manière, les autres voitures auront le même comportement. Autant dire que c’est une sensation assez étrange…

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En plus de l’Histoire, le jeu offre deux modes supplémentaires : Street Race qui comporte des challenges fort rémunérateurs, et Quick Race. Ce dernier permet de se lancer sans chichis dans différents défis, comme un minimum de drift, de collisions (très drôle) ou encore de « conduite prudente » (pas drôle).
Cette variété contraste avec les 4 environnements sur lesquels tous les circuits ont été bâtis : certes, le paysage montagnard est sympa avec sa neige qui tombe, mais on aurait apprécié plus de diversité.

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La réalisation alterne entre le bon et le pas terrible. Dans la première catégorie on rangera la modélisation des voitures et les effets de miroir qui sont plutôt bien rendus. Les frictions donnent lieu àd’épaisses gerbes lumineuses très dynamiques et les dégâts sur les carrosseries sont bienvenus.
Si plusieurs vues caméra sont proposées, on n’aura pas droit àune vision cockpit, ce qui est bien dommage. Le jeu comporte en outre tous les gimmicks graphiques àla mode des dév’ qui veulent en mettre plein la vue : motion blur (flou cinétique) qui déborde, bloom (flou lumineux) àoutrance - heureusement, ces deux aspects peuvent être désactivés car trop de flou tue le flou.

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En revanche, pan sur la tête de Chillingo pour les éléments du décor : visiblement, l’éditeur était en panne de polygones au vu des arbres et immeubles cubiques ! Certains passages, en forêt notamment, sont incroyablement pauvres àce niveau : pour tout dire, on a l’impression de rouler àtravers un tuyau dont la paroi a été texturée avec quelques arbres en 2D. C’est vraiment en-dessous de tout, et vraiment étonnant quand on voit les effets de lumière convaincants, presque trop.

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Le menu concernant la bande-son a visiblement fait l’objet d’un grand soin : on pourra modifier non seulement la musique des menus mais aussi du jeu en lui-même en sélectionnant une « atmosphère » (acid beats, hard rock, hyperdrive, voyez le genre), mais également en écoutant tout simplement sa bibliothèque musicale.
À l’instar des différentes bandes-son proposés, les bruitages n’ont rien de très emballants. Du côté du réseautage, Crystal et Game Center sont làpour apporter leur liste de trophées (29 en tout) et des classements.

Pour conclure

Race Illegal a reçu un accueil critique mitigé de la part des confrères, et pourtant le jeu n’est pas si mauvais : certes, certains éléments graphiques auraient mérité plus de considération, le mode multi pointe aux abonnés absents et l’IA (si vraiment il y en a) est complètement foireuse. Mais de l’autre côté du volant, on dispose làd’un titre au contenu foisonnant, et si l’on est de bonne humeur, on s’amusera du scénario de série Z.
Pour un jeu universel et proposé à0,79 euro, difficile d’en réclamer trop même si évidemment, dans le même on ne saurait trop conseiller Fast Five ou Need for Speed : Hot Pursuit.

Version de test : 1.0
Machine de test : iPhone 4, iPad 2
Poids : 185 Mo
Niveau d’anglais requis : Fast ? Furious !
Affiliation réseau : Game Center, Crystal

Téléchargez Race Illegal : High Speed 3D

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