Le studio 5th Cell s’est fait un nom avec un seul titre, développé pour le compte de la Warner, Scribblenauts. Il n’était donc que temps pour les développeurs de se lancer en solo avec un jeu en nom propre, et le coup d’essai n’est autre qu’un coup de maître !
Run Roo Run marche en effet sur les pas des jeux casual qui ont fait non seulement le succès de notre plateforme, mais également la fortune de leurs éditeurs ! On parle là évidemment d’Angry Birds, Spy Mouse ou Tiny Wings, dont les gamelans lumineux sont parfaitement calibrés pour nos écrans tactiles. Cependant, rien ne sert de courir : prenons donc notre temps pour décortiquer ce qu’il en est.
Un saut dans l’inconnu
Soit, une maman kangourou et son rejeton. Gambadant paisiblement dans le bush australien, voilà que le mouflet se fait ignoblement capturé par des chasseurs ! Scandale et putréfaction, le sang de la génitrice ne fait qu’un tour et compte bien aller sauver son gamin des griffes humaines… Oui mais voilà, il va lui falloir traverser tout le continent, de Perth à Sydney ! Et c’est là que son long voyage débute…
Le jeu, au scénario certes prétexte mais malin, est un mélange de run’n jump, de plateformes, et de réflexes. Cela fait déjà beaucoup pour un seul titre, mais 5th Cell rajoute en plus une composante épatante : chaque niveau se déroule dans un seul écran. Roo, la maman kangourou en question, démarre à gauche de l’écran, la ligne d’arrivée étant à droite. Le hic, c’est qu’entre les deux, les obstacles vont se multiplier !
Roo n’a pas grand chose pour elle : mue par la force irrépressible de sauver son rejeton, elle court sans cesse sans s’arrêter (enfin, jusqu’au prochain obstacle qui la fera passer de vie à trépas). Au vu de sa nature de kangourou, elle sait néanmoins sauter, et c’est ce que le joueur prendra en main, au moyen d’un simple tapotement à l’écran.
Ce gameplay est extrêmement efficace comme on l’a déjà vu par le passé avec Tiny Wings ou dans un autre genre, Groove Coaster.
Les obstacles seront donc nombreux sur le chemin : roches meurtrières, pics acérés, arbres à pointes, cours d’eau… Fort heureusement, le jeu comporte aussi son lot de power-up, comme par exemple un double-saut, un canon, des ventilateurs… Chaque chapitre du jeu introduit un nouveau mécanisme de gameplay qu’on apprendra rapidement à maîtriser. En attendant, les mourus seront innombrables, mais c’est aussi comme cela qu’on grandit !
Pour aider le joueur, Run Roo Run affiche par le biais de flèches les emplacements où le kangourou a précédemment sauté - cela permet de mieux se caler par la suite. En outre, on trouvera deux types de bonus : un slow motion et un bus, ce dernier faisant office de joker pour passer au niveau suivant. Attention, ces deux bonus ne sont pas gratuits, pour tout dire… ils sont même payants, au sein de la boutique de micro-paiements. On évitera donc de s’en servir à tout bout de champ car cela risque de coûter cher…
Avec son gameplay incroyablement efficace, Run Roo Run concourt à l’aise dans la catégorie-reine du « jeu qu’on sort pour occuper quelques minutes de son temps libre ». Il parvient aisément à tirer son épingle du jeu : les niveaux sont en effet extrêmement courts (et pour cause, ils tiennent sur un seul écran) et peuvent être réussis en une poignée de secondes chacun. Les performances du joueur sont d’ailleurs sanctionnées par l’habituel tableau de médailles.
Cependant, pour arriver à procurer au joueur de bonnes sensations sans engendrer de frustration, le dosage entre les différents mécanismes du gameplay doit être subtil et efficace : 5th Cell a placé le curseur au bon endroit même si j’ai trouvé qu’à mon goût, Roo manquait peut-être d’un chouille de vélocité. Rien de bien grave, la diversité des situations à appréhender ainsi que la variété toujours renouvelée des mécanismes relancent sans cesse l’intérêt du joueur.
Des réflexes en acier trempé et un peu de jugeote : voilà ce qu’il en coûte pour se glisser dans la peau d’un kangourou.
Le jeu comporte un nombre record de niveaux : 420 (!), répartis entre 20 chapitres de 15 tableaux chaque, auxquels on rajoutera 6 niveaux supplémentaires dits « Extreme ». Ces derniers sont débloqués une fois un chapitre terminé, et ce sont ceux là qui mettront véritablement les nerfs du joueur à rude épreuve ! Certains se montrent réellement sadiques tellement ils nécessitent des réflexes en acier trempé…
Si cette quantité peut épater, rappelons néanmoins qu’il suffit de quelques secondes pour terminer un niveau ; sans compter qu’à part les récompenses étoilées qui n’apportent pas grand chose, le potentiel de rejouabilité est assez faible. De plus, les chapitres sont clos très rapidement, en l’espace d’une ou deux minutes environ (exception faite des tableaux Extreme). Le studio a cependant promis des livraisons hebdomadaires et gratuites de 10 niveaux : parions qu’il tiendra promesse.
C’est certes beaucoup demander, mais pourquoi n’avoir pas inclus un éditeur de niveaux ? Le jeu aurait ainsi permis à sa communauté (gageons qu’elle va grossir rapidement) de proposer de nouveaux challenges… C’est peut-être dans les tuyaux de l’éditeur.
Graphiquement parlant, le jeu est meugnon comme tout avec cet aspect « jeu Flash » qui lui va parfaitement au teint. Les animations, peu nombreuses, sont néanmoins sympathiques et réussies. La bande-son est plus banale et hormis dans les menus de sélection, il faudra se contenter de quelques bruitages, agrémentés ici ou là d’accords de guitare.
Game Center apporte son lot de succès à décrocher (49 en tout), et surtout de tableaux des scores, un par chapitre.
Pour conclure
Run Roo Run est l’exemple type du jeu casual par excellence : gameplay immédiatement accrocheur, aucun investissement pénible de la part du joueur, un intérêt sans cesse renouvelé… On voit mal ce qu’on pourrait reprocher d’un tant soit peu sérieux à ce titre de 5th Cell, qui arrivera sans peine à scotcher n’importe qui durant quelques minutes de temps libre… voire une heure ou deux !
+ Gameplay immédiatement accrocheur
+ Diversité des mécanismes
+ Univers sympa
+ Grand nombre de niveaux…
- … mais rapidement terminés
- Rejouabilité faible
Version de test : 1.0.0
Machine de test : iPhone 4
Niveau d’anglais requis : bump
Poids : 18.4 Mo (iPhone), 18,7 Mo (iPad)
Affiliation réseau : Game Center
Note FunTouch.net : 9/10
